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Mais ce trouble, cette poignante émotion u parable des premiers débuts ouleurs bien
connues de tous ceux qui discourent en public, se calmèrent.
Zola s'en tira par la franchise et la vérité, ce qui est toujours le meilleur moyen et la prem des habiletés. Au lieu de s'évertuer à dissimuler sa gène et ses transes, il en fit tout bonnement l'aveu, comme nous venons de le constater. Puis, peu ou prou délivré de ces instinctives appréhensions, il en arriva à improviser très convenablement, à dire librement et aisément, en fort bons termes et fort bien, tout ce qu'il avait adiré. Nous l'avons même vu, en diverses occurrences, vraiment pathétique et entraînant, superbe d'ardeur de conviction et d élévation d'esprit, de vigueur de raisonnement et de dialectique, voire de généreuse colère.
Les avocats, ceux du moins qui étaient membres du Comité, il s'en déliait, redoutait leur faconde :
« Du moment que ces messieurs n'ont plus le Palais pour déverser le trop-plein de leur élo-
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quel si chez dous qu'ils l'apportent. Grand
Il avait en horreur tous ceux qui jacassent pour ne rien dire el vous ibut perdre du temps. Aussi, avec lui. Les affaires ne traînaient pas; il coupait court ;i toute stérile discussion et vaine ehi< ane. si par hasard, les adversaires s'obstinaient, > ii ne pouvait étoull'er dans l'œuf, comme il l'aurait désiré, ces insipides débats, impatience se décelait sur-le-champ; son Iront se plissait et se léplissait coup sur coup ; ses ju un rien agite et qui sont comme
Lants, frémissaient, se tordaient, se crispaient; il avait des fourmis dans les épaules et les bras, se secouait, se retournait...
Mais voyons, voyons, Messieurs, tout cela est inutile, encore une fois! Nous perdons du temps! » dre do temps, pour lui, travailleur opiniâtre el infatigable, c'était le plus affreux cauche- )«• pire des crin* Naturellement, ceux qui avaient des palabres B l'1 qu'il contraignait ainsi à rengainer
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les fleurs de leur rhétorique, n'étaient pas contents.
D'autres, qu'il avait plus ou moins malmenés jadis dans ses articles, lui gardaient rancune. Parmi ceux-ci, je citerai Edouard Cadol, l'auteur des Inutiles, « pièce charmante et médiocre », d'un écrivain « à peu près enterré », avait dit un jour Zola *. Cadol n'avait jamais pu digérer cette injure, jamais pu acquiescer à cette trop hâtive semi-inhumation, et volontiers il s'en allait glapissant de sa voix malade, simultanément rauque, étoufïee et grasseyante, sourde et sifflante :
« Si ce n'était qu'un pornographe, ce Zola, ça me serait égal ! Mais c'est un pornographe sans esprit, sans talent ! Voilà le malheur ! »
Au lieu de « pornographe », il employait un terme plus concis et plus brutal, que vous devinez.
Un autre membre du Comité, Aurélien Scholl, avait eu également naguère maille à partir avec
i. Emile Zola, Une Campagne, p. 197.
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l, mais il n'y paraissait plus. De part et d'autre, on s'était décoché cependant de dures
illesses. Zola avait traité Scholl de « bourgeois d< jui peut avoir l'esprit du mot, niais n'a certainement pas la haute et libre allure de l'intelligence... Je ne connais pas, dans le domaine de la pensée, d'homme plus ordinaire. de cerveau plus épais, que ce cavalier élégant et spirituel de l'anecdote1. » Avec sa plus mordante ironie, Scholl avait répliqué que si jamais Zola — qui se remuait alors beaucoup pour forcer les portes de l'Académie : « Du moment qu'il y aune
demie en France, je dois en être ! » — si jamais Zola réussissait à pénétrer sous la coupole, ce n'est pas un fauteuil qu'il faudrait lui offrir, mais une chaise percée 2...
A présent, la paix était faite et ces dithyrambes oubli
avait encore contre lui, à la Société des
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