‹ Le dîner des gens de lettresChapitre 23 sur 39 · DE · texte numérisé non relu

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de finesse d'esprit et d'élégance de forme le rôle et l'importance de notre banquet mensuel :

« Vous n'avez nullement à me remercier, dit-il. des soins que je donne à ce dîner et du souci que je prends de convier ici toutes les célébrités de la Littérature. Celui qui s'occupe d'une chose avec ardeur en trouve la beauté vraie, qui le paye de efforts. La beauté vraie de celle-ci. je vais vous la dire :

« C'est servir les Lettres que de donner à dîner. Brillât-Savarin prétend que la langue française à table se perfectionne, et que la délicatesse des meta et la joie qui en découle disposent à l'éloquence.... Yolney raconte que, pendant la Révolution, les Français émigrés en Amérique faisaient six cents lieues pour aller causer. La conversation est un besoin français, c'est aussi une richesse nationale et un talisman. Ici, en effet, on cause et on oublie les dégoûts et les amertumes ; la jalousie, cett >se des sots, n'a pas droit

ians l'union de tous qu'est l'intéiiii. Touie entreprise humaine est

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sujette au déclin et exposée à la moquerie, sauf celle * | ni a pour but de renforcer les amitiés et d'exalter les talents. Chacun de nous comprend la religion littéraire à sa façon.... Mais tous, nous sommes artistes, ayant au cœur un même besoin de travail, d'amour et de charité, enfants de cette grande famille qui s'appelle la Société des gens de lettres, et, tous, nous combattons le bon combat, pour la très grande gloire de la Littérature française.

« Eh bien, ce petit diner, auquel on serait tenté de ne pas prendre garde, c'est le lien subtil et charmant qui rapproche nos mains et unit no^ cœurs. C'est par lui et grâce à lui que nous venons ici renouveler chaque mois le pacte des Lettres et de l'amitié. Je bois donc à lui et à sa longue prospérité.... »

Hélas ! moins d'un an plus tard, dix mois après cette si cordiale et joyeuse réunion, vraie fête de famille. Ernest Benjamin était couché dans sa bière, et nous le conduisions au cimetière Montmartre. Absente de Paris, la comtesse Ros-

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toptchine ne put lui rendre L'hommage suprême qu'elle attendait de lui, et que, durant les ravages de la phtisie et sa lente agonie. Benjamin avait eu tout loisir d'espérer d'elle.

:• Bontemps et Chagrinier: Auguste Saulière et Thiaudière ». — Avocat d'office. — Un voyage â Nu Un apôtre. — Double catastrophe.

Un autre de mes meilleurs camarades, tout dévoué, comme Ernest Benjamin, à la Société des gens de lettres, et mort comme lui prématurément, lut Auguste Saulière, l'auteur de nombreux romans : les Guerres de la Paroisse, l'Amour terrible, Déshonorée, Pour une femme, etc., et de trois volumes de contes en vers : Leçon» conjugales, Histoires conjugales, Ce quon /('ose pas dire, très joliment écrits et lestement troussés, que Dentu édita jadis avec luxe, et que les amateurs recherchent encore et payent un

bon prix.

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