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d'espionnage lancées contre cette femme, et qui :ii sur le général de Cissey, ancien ministre do la guerre. L'affaire mena grand l>ruit en son temps, on ne Ta pas oublié.

Les femmes avaient toujours, .Tailleurs, joué un rôle capital dans la vie de ce brillant e! très intelligent oilicier, et. lorsque la conversation roulait sur ce passionnant sujet, il ne tarissait pas.

Il y avait, entre autres, une série de désopilantes aventures du général, ou plutôt du capitaine lung, en 1869.au lendemain de la guerre d'Italie, à Milan, avec la fameuse Louise Colet. l'incandescente poétesse. Le maréchal Vaillant, qui portait de l'intérêt à cette Muse, avait chargé le capitaine lung de la piloter dans la ville, de lui servir de cavalier, spécialement lorsqu'elle allait au théâtre. La corvée déplaisait au jeune officier, qui était alors dans les bonnes grâces d'une des plus jolies femmes de Milan, et ne souhaitait rien d'autre. Un soir qu'il devait accompagner à la Scala la protégée du maréchal, et qu'il se sentait

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mal en train, souffrant d'une violente migraine, il envoya son ordonnance présenter ses excuses lime Golet, puis monta >e coucher. Mais Mme Golet n'admettait pas d'excuses: elle refusa de s'en rapporter à la parole du messager, et courut chef Le capitaine. L'obscurité régnait dans la chambre, la migraine s'accommodant mal de la lumière, et la plantureuse dame, qui n'avait. on le sait, absolument rien de vaporeux, rien d'éthéré, s'avama sans broncher vers le lit, la main tendue, pour s'assurer que son sigisbée y sait bien.

« Je vous demande pardon, murmura celui-ci. Je ne puis bouger. . . »

L'autre ne voulait rien entendre, et, la main toujours investigatrice, les doigts déplus en plus frôleurs et impatients :

« Vous n'êtes donc pas un homme ! Mais vous nY-tes donc pas un homme! » s'exclamait-elle avec désespoir.

Il y avait aussi — toujours d'après l'intarissable et caustique général — une certaine rencon-

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tre «Mitre la belle madame Louise Golel et la non moins adorable madame de Solms, plus tard Uattaz/.i. et plus tard encore de Rate, née prin- Bonaparte, remontre singulière et des plus gestives, car elle s'était terminée par un crêpage de chignons qui avait prouvé que Mme de Solms portail perruque.

i Et, pour comble, ajoutait le général, ledit crêpage avait lieu à propos du maréchal Vaillant, que Louise Colet avait irrévérencieusement qualifié de fils de coitïeur. et qui passait, en effet, à tort ou à raison, [tour avoir vu le jour dans le salone d'un barbier ! »

Ouant à Tony Re vil Ion, à mesure que la politique l'accaparait, il venait de moins en moins à nos réunions de la Société des uens de lettres, dont il avait été jadis à trois reprises vice-président. Mes relation- avec lui remontaient au temps où il rédigeait la chronique de la P Presse et était le Timothée Trimm de ce journal

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J'avai< eu l'occasion de tracer sa silhouette dans une feuille d'alors; pour cela j'étais allé le voir, et je l'entends encore me lancer cette suprême recommandation :

« Surtout, mon petit, n'oubliez pas de dire que je suis très amoureux ! »

C'était un bel homme, de puissante carrure, de superbe prestance, à la tète ronde et joviale, encadrée d'une épaisse et truculente chevelure châtain : à ht moustache épaisse et conquérante, aux joues pleines, rebondies et rubicondes, aux yeux vifs, pétillants et caressants. De cette large figure en boule se dégageait une suprême bonté, un air de cordialité, d'affabilité, de générosité, d'intelligence aussi, qui vous frappait de prime abord. Tony, « le bon Tony », comme on l'appelait couramment, était né orateur, et il avait toutes les qualités physiques du tribun. Il a été longtemps rédacteur au Radical, où j'étais chargé • le la « Hevue des livres », et que de fois il nous a tenu< bous le charme de sa parole! Je me rappelle notamment un discours de remerciment

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qu'il adressa à un orphéon, dans une R&te donnée par Le journal, discours absolument unproTi ingénieuse et magnifique apologie de la musique, qui émerveilla tout L'auditoûn

Il était né à Saint-Laurent-lez-Màcon, était venu à Paris vers i856, et avait débuté sous les auspices de son illustre compatriote Lamartine et de François Ponsard. Ses premiers articles parurent dans la Gazette de Paris, que dirigeait Philibert Audebrand, et où l'argent n'abondait pas. Par bonheur, Tony fit la connaissance de Balathier de Bragelonne, qui était à la fois propriétaire-directeur du très intéressant journal le Voleur, et rédacteur en chef de la Petite Presse, appartenant à M. Paul Dalloz, et dont la vogue balançait à ce moment, en 1869, celle du Petit Journal. Léo Lespès, sous son pseudonyme de Timothée Trimm. était le ténor de cette dernière feuille, comme Tony Révillon devint celui de l'autre. Il gagnait là Q4.000 francs par an, ce qui ne l'empêchait pas d'être non seulement très républicain, mais aussi radical et aussi socialiste

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