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D'autres poètes encore : le vicomte académicien Henri de Bornier, propriétaire de vignobles et partienlièrement d'un cru renommé, à
propos duquel il s'écriait un jour qu'il était « plus fier de sou vin que de ses vers » ; ce qui faisait dire à cette méchante langue d'Henri Becque fi Et il n'a fichtre pas tort! » — Armand Silvestre, l'auteur des Ailes d'or, du Chemin des étoiles, des Tendresses, et aussi des Farces de mon ami Jacques et des Malheurs du commandant Laripète, le joyeux et grassouillet conteur, à la bonne figure épanouie, au large rire rabelaisien. — Armand Renaud, l'air doux, fin, délicat, frêle, ayant une apparence féminine. — Gabriel Marc, le chantre de l'Auvergne, calme et réservé, lui aussi, mais de taille épaisse et râblé.
Puis Tarbé des Sablons, esprit original et curieux, excellent camarade, dont la mort tragique analogue à celle d'Emile Zola, a causé tant upeur.
Le commandant Schambion, si ouvert, si gra-
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ci(Mi\. si sympathique, l'un des sociétaires les plus assidus à nos banquets.
Le brillant journaliste Henry Fouquier, - un de nos plus fidèles, lui aussi, — artiste et «'ru. lit. aimable et sceptique, à qui on a souvent attribué une origine athénienne, dont, au surplus, et selon la remarque de Paul Ilervieu, « il ne dédaignait pas de se ilatter, en riant dans sa barbe soyeuse de bel Alcibiade ».
Félix Frank, l'ardent et vibrant poète, le passionné lettré, le consciencieux et savant biographe et glossateur de la reine de Navarre, de Bonaventure des Periers et de Noël du Fail.
Et le romancier naturaliste Paul Alexis, et le yoltairien et féministe Edouard de Pompéry, et le chroniqueur judiciaire Albert Bataille, et l'écrivain berrichon Pierre Bujon, — morts si jeunes et si vite tous les deux ! — et les romanciers Fernand Hue et Henri Monet, emportés aussi prématurément, et Harry Alis. tué en duel à quarante ans, et Joseph Noulens, Charles
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Groeollette, Bagèae Moret, Marcel Guay, Saint-
Jairs, Eugène Guyon. Charles Valois....
Mais il est un vivant — et un bon vivant — que je n'aurai garde d'oublier, car il tient grande place dans nos agapes et y joue chaque fois un rôle d'importance ; c'est notre chansonnier officiel, notre confrère Henry Buguet, dont la devise parlante : u Ma vie est un but gai » indique bien le genre d'esprit et le caractère.
Pour chaque président de nos dîners, Buguet tient toujours en réserve quelques gentils et joyeux couplets, que, le moment venu, il nous roucoule dune voix un peu aigrelette et chevrotante, un tantinet fausse aussi parfois, il faut bien le reconnaître, d'autant plus que lui-même l'avoue et s'en flatte môme.
« Vous ne savez donc pas, objecte-t-il — gaîmciit toujours — vous ne savez donc pas que tous les chansonniers do Caceau chantaient faux? C'était de règle absolument ! »
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Et Buguel s'appliqu< conformer de son
mieux, à cette règle.
Dans son zèle pour nos réjouissances et son dévouement à nous tous, il a essayé, durant quelque temps, d'adjoindre à sa chansonnette un feu d'artifice «le salon. Au dessert, il allumait des soleils sur un coin de table, faisait partir pétards et l'usées ; mais ces explosions et tout ce vacarme épouvantait les dames, et il a fallu renoncer à cette innovation.
Si les strophes de Buguet pèchent souvent par la diction, elles se rattrapent par la bonhomie et la verve. Dans ces quelques vers, l'auteur trouve moyen chaque fois d'énumérer les divers volumes publics par le président du banquet, de passer en revue toute son œuvre La chanson composée en l'honneur de Paul Adam donnera une idée de ce genre et nous servira d'exemple :
Air de Froufrou
Ce soir à fauteur dont le nom Tient de notre tuut premier homme,
LE DINER Dl - GENS DE I B1 I "i;l -
m : qoe -"ii renom Lui vaille une seconde pomn Esprit subtil, profond pens Doué d'un prestigieux style, Au paradis, son œuvre utile Lui rendra sa place d'honneur.
Refrain
Ad. un, Adam, Grand premier nom du monde,
Adam, Adam.
A ses fils, à la ronde,
A'i.nji. Adam,
I)unt hérita L'écrivain Paul Adam !
ESn son bagage triomphal, Que de lecteurs, avec délice, Àppréci1 la Force ci" mal, iten! VA H/ir de Clo Imliii, de de soleil,
Parlant de nos terrestres houles Il décrit le Mystèr* des foules, Et de lu. Glèbe le réveil !
I;i:i RAIN
Adam, Adam, Etc.
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Robe* rouges, dans nos cerveaux, Évoqui t>,,ta!es;
Sa plume émeut les ' Chair molle a des raisons normales;
Hij:aiit(n< ' '
Tous, il vous anime el lait . i Qu'il pari' h 'les fleurs.
Refrain
Adam, Adam,
Etc.
Mais il en est des chansons de Buçuet comme de toutes les autres : elles sont faites pour être chantées, et ne peuvent que paraître incolores et froides à la lecture. Dans la chanson.
Les vers sont enfants de la lyre, Il faut les chanter, non les dire.
\j s femmes à la Société des gens de lettres. — George Sand :
.on des sexi ndition »lu
bonheur, daprès Érnile Richebourg. — « Les bas-bleus sont peu conjugaux. » — L'ornement de nota elle
roquait de femme-. — Mme Louise Gagneur : « Aimable déesse ! » — Mme Blanchecotte : « Cutte » et « Rotte n ; Lamartine et ses erreurs de calcul : Victor H polygame. — Mines Anne Levinck, Adèle Esquiros et Mie (TAghonne. — La sibylle Nelly Lieutier. — « Mon enfant ! » — M - Ségalas et Riom. — Adieu et souhaits.
Gomme on garde les vins de choix pour la fin du repas, ou comme on plante une gerbe de fleurs au sommet de l'édifice — palais ou chaumière — qu'on termine, j'ai réservé pour ce dernier chapitre les plus aimables de nos convives, la plus belle et la meilleure moitié du genre humain.
Au début, les femmes étaient très rares dans la Société des geni de lettres. Seule à peu pi»-.
DINER DES '.in- Dl LETTRES
George Sand y apparaît. En [83q, elle fat même élue membre du Comité; mais elle s'abstint toujours d'assister aux séances. « Pendant les quatre années où les Assemblées générales firent à l'illustre écrivain l'honneur de l'appeler au Comité, il ne daigna jamais s'y rendre, même une seule fois, malgré l'éclat des noms qui rayonnaient autour du sien. » constate Edouard Montagne, dans son Histoire de la Société des gens de lettres.
George Sand ne semble pas, d'ailleurs, s'être jamais bien entendue avec les membres des Comités d'alors, et ses démêlés avec eux sont demeurés célèbres.
En is4«.»- l'agent central. — que nous appelons aujourd'hui « le délégué ». — M. Pommier, ayant laissé reproduire prématurément la Mare au diable, Mme Sand lui intenta un procès qui faillit amener la ruine et la disparition de la Société des - de lettres. Trois mille francs de dommagesintérêts étaient demandés, impitoyablement réclamés par la bonne dame de Nohant, et la
Société ne possédait pas cette somme, le Comité se trouvait « en face d'une caisse absolument vide 1 ». Un membre proposa « que le Comité, soucieux de sa dignité et de celle de ses mandants, satisfit Mme George Sand jusque dans les prétentions les plus minutieuses, et qu'on insérât dans le Bulletin que, si les secours ont été supprimés aux sociétaires en détresse, c'est par la nécessité où Ton s'est trouvé de payer trois mille francs à l'auteur de la Mare au diable ». Cette draconienne motion fut acceptée, mais resta sanseffet. La situation, telle qu'elle ressort des procès-verbaux d'alors, était des plus critiques. George Sand. comme on le lui a souvent reproché, se montra inflexible, impitoyable : elle tenait dans ses mains le sort de la Société des gens de lettres, et elle abusa de ses droits, elle manqua la tuer.
Ce fut le dévoué et excellent baron Taylor qui détourna le péril. Il apporta et déposa sur le bureau, à titre de prêt, en réalité à titre de don,