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( > mes I n m. -s. tomba '■ Coalei ' ooalei 1 jurer l'heure.
La douleur es! moins vive alors qrae L'âme pleure :
< ) m. - l n mes, tombez '
Il est vrai qui' la pauvre dame avait tant de motifs de tristesse ! Elle s'en créait même encore, prétend-on, se forgeait des ennuis, des tourments.
A peu près a l'époque où Mme Blanchecotte publiait son premier livre, une autre poétesse, Mlle Mélanie Bourotte, prenait, elle aussi, son r. Le succès encouragea les chants de Tune et île l'autre, de Cotte et de Rotte. comme on s'amusait à dire en ce temps-là. Née dans un bourg de la Meuse, à Yigneulles, en iv Mlle Bourotte. qui était fille d'un inspecteur des forêts, célébra de préférence la vie champêtre et les plaisirs sylvestres. Bien que le lieutenantcolonel suédois StaafT, ou plutôt son collaboratour ou teinturier, le barde et critique Thaïes Bernard, se soit avisé, dans l'anthologie publiée par lui, de la proclamer « la femme la mieux douée de notre temps sous le rapport de la poésie
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lyrique », — rien que cela, — Mlle Bourotte renonça bientôt et à peu près à enfourcher jase pour s'en tenir à la vile prose. On ne lira pas cependant sans agrément, je le crois, le sonnet suivant, qu'elle publia il y a une trentaine dannées. et qui a pour titre :
Lu
Est-il bran ? •! Ou châtain ? Que m'importe !
un œil noir on bien qu'il tient sur moi Je ii'' sais ; mais mon cœur bat d'une étrange - Quand son pas vif nés frappant le pavé.
S il passe inattentif ^ans heurter â ma porte,
Je souflre. . . En mon sommeil, à lui j'avais rêvé !
-i rencontre un élan me transporte:
I imaifl il ne me semble assez vite arrivé !
II verse la lumière et l'ombre -ui ma voie ;
Il dis] nés jours la tristesse ou la joie,
Au drame de ma rie infatigable acteur.
Ah ' lorsqu'il tient mon suspendue,
Qu'il main trembler vers la sienne tendue.
Eh ' non... C'est le FaCTEUF !
Mais quittons Hotte et sou poétique postier pour revenir à Cotte.
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Prônée par Sainte-Beuve, patronnée par Etranger el par Lamartine, l'auteur de ïtcs continua à chanter et à pleurer auss I académie française récompensa plusieurs fois vers; l'empereur Napoléon III lui vint de même en aide ; elle «Mit ^Mii public, restreint, il est vrai. mais d'élite et fidèle.
Lamartine était son poète de prédilection, on pourrait même dire l'objet de -<>n culte. Elle avait eu cependant à se plaindre de Lui jadis, eu une circonstance délicate, où elle tint le beau rôle, d'ailleurs, et (jui avait valu au chantre de \yn une vigoureuse algarade du poète-Charles Coligny. Voici la chose, telle à peu près que Jules Troubat la conte dans yenirs. Tou-
jours prévenante, empressée à rendre service, Mme Blanchecotte s'était mise en quête de souscriptions [mur le ( 'ours familier de littérature, que publiait Lamartine à cette époque. Elle lui apportait le montant .1 uned< oltes, quand
Lamartine, qui n'était pas fort en calcul et embrouillait tou< les comptes, - a\ isa de déclarer
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qu'il lui manquait de L'argent. A ces mots. Mme lJl.inrlic.Mtt-' «''prouva un tel saisissement, qu'au lieu de Be défendre «-t de lui prouver qu'il se trompait, « -lit* tira son portemonnaie et paya de sa poche la différence. Charles Goligny, témoin de la scène, ne pnl retenir son indignation, et cingla l'amant d'Elvire d'apostrophes de ce genre :
a Vous vous conduisez comme un misérable ! Vous n'êtes qu'une canaille ! » Etc.
Littérairement et poétiquement, Mme Blanchecotte procède de Lamartine, et aussi de Mme Deslx)rdes-Valmore, une autre « Sapho de la douleur » et la vraie Mater dolorosa de la poésie1, qui avait pour devise: Toujours souffrir, chanter toujour
Quant à Victor Hugo, qui pourtant ne lui avait jamais réclamé aucun reliquat de compte, j'ai idée qu'il lui était plutôt antipathique.
« Qu'attendre d'un homme qui ne craint pas
1. L'expression est de Sainte- Béate : Portraits contemporains, i. Il, p. 151.
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d'installer une maîtresse à son foyer, qui vivait publiquement à Guernesey oui, publique-
ment ! — entre deux femmes, la sienne et ! actrice Juliette Drouet, sans compter les autres, hélas ! celles avec lesquelles il ne cohabitait pas? non- «lisait-elle un soir, d'un air scandalisé et navré. Quelles pensées vraiment nobles, vraiment éleyées, réconfortantes et bienfaisantes, peuvent germer, je vous le demande, dans le cerveau d'un poète aussi irrespectueux de la dignité féminine. d'un poète polygame ! »
Pour cette àme sainte, immaculée et ombrageuse, le talent, et. à plus forte raison, le génie n'allaient pas sans vertu bourgeoise — ni mono garnie.
Mme Anne Levinck, — de son véritable nom Suzanne Lambert. — auteur d'une demi-douzaine de romans et de du erses études ethnogra
phiques, était entrée dans la Société des gens de lettres en 1884, avec ^e parrainage d'Eugène
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d'Anriac et de Charles Diguet. Elle aussi — quand du moins elle se trouvait à Paris — venait olièrement à nos dîners mensuels. Mais, bien qu'elle fût de santé délicate et. selon son propre aveu, très mauvaise marcheuse, elle avait parcouru, à dos de bête ou par voie ferrée, une bonne partie de l'Afrique et les trois quarts de l'Europe, et était très fréquemment en route.
Il y avait bien du mystère en elle et dans sa vie. Klle contait que. élevée par ses grands-parents, elle avait eu licence, dès sa primejeunesse, de lire tout ce que bon lui semblait. A treize ans. elle connaissait en entier Voltaire. Jean-Jacques et Diderot, et rédigeait une Etude comparative des religions, qu'elle communiquait à un révérend jésuite, son confesseur. « pour le scandaliser ». Mais le brave père, qui en avait vu bien d'autres, ne manifesta à sa jeune pénitente aucun blâme, aucun étonnement même : il se contenta de lui insinuer gentiment qu'elle ferait mieux d'habiller sa poupée. Tel Massillon répondant aux parents de la future marquise du