‹ Le dîner des gens de lettresChapitre 36 sur 39 · LE DINER D] DB LBTT · texte numérisé non relu

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Deil'and. Mlle de Chamrond, qui, au sortir de l'enfance, avait, elle aussi, « conçu des doutes >• sur la foi chrétienne : « Elle es1 charmante, cette petite! — Et que faut-il lui donner a lire? —

l'n catéchisme <le cinq sous. »

On trouve «lans le roman de Mme A. Levinck, Aprèa la ruine, qni, en plus d'un endroit, n'est qu'une autobiographie, bien des détails particuliers sur son éducation et ses premières années. Entre tous les écrivains. Voltaire avait son admiration et sa tendresse. « Voltaire était mon frère.... J'ai parlé souvent à son portrait, et, vous le dirai je ? un jour, j'ai mis mes lèvres sur les lèvres de son buste de plâtre ! » (p. n3).

Bien que féministe. Mme Levinck ne se dissimule pas les inconvénients du système, et elle écrit (p. 148) : « Sont-elles aptes à la maternité. ii ces fonctions délicates, sublimes, qui s'appellent la conception, l'enfantement, l'allaitement, l'instruction première, ces femmes qui se font avocats, docteurs, qui fument et montent à cheval comme des hommes, qui font de la politique

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à bâtons rompus ou qui courent les grands chcuiius t-ii habits masculins ? S'occuperont-elles îles enfants et des détails de l'intérieur ? Non, elles ne le voudront et ne le pourront pas. »

Aussi avouait-elle tout franchement un jour à M. Henry Ferrari, le directeur de la Revuebleue :

« Moi, je ne pourrais pas habiller mon petit garçon : je n'ai jamais su habiller un enfant ! »

Un soir, en sortant de table, nous étions en train de causer tous les quatre, Mme Levinck, ( lharles Leroy, Fernand-Lafargue et moi, dans un coin de salon, (liez Marguery, quand il échappa à notre interlocutrice — qui était en fraîche toilette claire et toute pimpante — de nous dire que « son mari s'était suicidé deux mois auparavant; que, bien qu'elle n'habitât pas avec lui, c'était tout de même triste de penser qu'il était mort, mort volontairement, qu'il s'était brûlé la cervelle.... » Et, ce drame intime, nous lapprîmes depuis, était absolument imaginaire, ce suicide n'avait jamais eu lieu.

Toutes ces singularités et contradictions n'em-

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péchaient pas Mme Levinck 1 être des plus . cienses «-t des plus aimables, sympathique entre toutes. Bile Bouftrait d'une maladie de poitrine, était atteinte d<- phtisie, «'t jamais | • n'a

mieui qu'elle justifié la remarque du grand physiologiste Toussenel, que « la phtisie semble choisir de préférence ses victimes parmi les type- les plus adorables --t Les plus suaTes de la beauté féminine

Elle s'éteignit — cessa de souffrir — eu janvier 1898, dans un couvent ou une maison de santé d'Algérie.

Encore deux douloureuses existences, celles des romancières Adèle Bsquiros et Justine- Louise Mie d'Aghonne.

t Paris, Adèle Battanchon épousa, vers 1S40. le littérateur et politicien Alph< Bsquiros, l'auteur de Charlotte Corrtay. Vierges folles, *ges sages, des Vierges

martyres, de 'Angleterre et la rie anglaise,

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• t'ile du XIX etc., qui fut plusieurs fois

représentant du peuple, <-t lit preuve, en i<s7<>. comme administrateur des Bouches-du-Rhône, d'autant d'indécision et de faiblesse de caractère que d incurie. Si l'histoire des dames galantes, de Leurs caprices el de Leurs trafics préoccupait Monsieur, Madame ne se désintéressait pas non plus de la question, et préparait el élucubrait a tour tout un volume sur les Marchandes d'amour. D'après ces communes dispositions, on aurait pu croire les deux eonjuints créés et mis au monde l'un pour l'autre, mais pas du tout. Bien qu'Esquiros, dan> la préface de ses Vierges folle<. se qualifie d1 « bom me austère,... soutenu par une idée blanche <'t pure ». il semble s'être dépourvu assez \ ite de cette austérité et de eette blancheur : c'est du moins ce que sa moitié n'a, jusqu'à sa tin. cessé de lui reprocher. Peut-être avait-il lui-même contre «die un grief analogue. Tant il y a que nos deux époux rompirent bientôt la chaîne conjugale pour s'en aller ramer séparément sur d'autrçs galères Cependant, en i«56,

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(»n le> trouve encore réunis tous les deui sous la même couverture, lui, avecson roman historique orday, qui passe pour son meilleur livre ; elle, avec le plus étendu et le moins Informe de ses oui iventures «1 f'n

\ ua Bas-Bleu . qui >»»nt bien ce qu'on a écrit de plus étrange, de plus Incroyable et de plus abominable sur les femmes de lettres. Et quand on pense t|ue c'est l'une d'elles qui tient la plume !

Mme Esquiros ne se contente pas de faire «le son héroïne — Mme de Saint-Mégrin, qu'elle semble avoir connue et peindre d'après nature, par vengeance, — une enragée coquette et une fieffée coureuse, vilaine à faire peur et répugnante au possible, mais une ivrognesse aussi, proxénète convaincue, et peut-être bien incendiaire vers la tin du récit : à peu près toute la lyre !

« Mme de Saint-Mégrin, écrit-elle, était vieille

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