Dans le Roman de vies romans, pp. 308 et suiv
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(le la Revue D Mondes. Malot avait enfin
réussi a mettre au jour son livre de début, quand il apprit qu'un roman, qu'il venait de terminer et de remettre à Michel Lévy, avait été communiqué à Buloz. et que celui-ci désirait l'en entretenir. On prit rendez-vous, et, à la date fixée, à l'heure convenue. Malot gravissait le petit escalier conduisant aux bureaux de la Revue, alors rue Saint-Benoit. Buloz ne passait pas, tant s'en faut, pour un aimable et gracieux personnage, et ses brusqueries et ses coups de boutoir sont demeurés célèbres. Mais il avait af l'aire ici a forte partie, à un interlocuteur un peu dans son genre; comme lui, net, catégorique, carré par la base, et, non moins que lui, tenace, entêté et rétif.
« Pourquoi, demanda-t-il dès l'abord, ne m'avez vous pas apporté votre premier roman ?
— Parce que je n'ai pas cru que vous le publieriez, répliqua Malot.
— Je ne l'aurais pas publié, en effet, mais je vous aurais donné des conseils, des conseils
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Ères utiles pour La mise au point »!•• votre second livre
B1 voilà Buloz qui lui explique commenl il entend le roman: quelles sont, selon lui. les qualités indispensables pour donner au récit la plus grande somme d'intérêt possible : et, dan- le particulier, quelles modifications doivent être apportées à sa nouvelle ouvre.
« Ce que vous m'indiquez là. riposte Malot, ce sont les procédés de fabrication du roman de la e des Dem Mondes.
— C'est le bon.
— Je ne dis pas qu'il n'ait pas été le bon, mais il n'est peut-être pas le seul bon.
— Il l'est pour moi. interrompt liuloz. Des écrivains qui vous valent bien ont compris qu'ils avaient intérêt à suivre mes indications, et elles leur ont profité. »
Et il lui cite Octave Feuillet, George Sand. . . Malot se rebiffe derechef.
« Ce n'est pas votre roman que je veux faire, c'est le mien, tel que je le comprends. . .
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— Mais le mien est le meilleur, est le seul bon, encore une lois ! hurle Buloz avec une féroce conviction.
— Écrivez-le alors ! Écrivez-le vous-même . . . G est votre alïaire et non la mienne ! Moi, je ne veux être l'interprète ni le scribe de personne. Je fais des romans, conclut Malot, pour dire ce qui me plaît, tout ce qui me plaît, et rien que ce qui me plaît. »
liuloz n'en revenait pas.
Me tenir tète de la sorte î Un simple débutant ! Qu'est-ce que ce sera plus tard ? Ne pas mieux reconnaître ma compétence, mieux apprécier mon expérience et mes lumières, et la générosité de mon accueil, et l'importance de la Revue! Ah! jeune homme, vous verrez où cela vous conduira ! n