‹ Le diocèse de Rieux au XVIIIe siècleChapitre 8 sur 41 · Voy. Annales du Midi , loc. cit. f Patrimoniaux , p · texte numérisé non relu

Voy. Annales du Midi , loc. cit. f Patrimoniaux , p

2. Ainsi l’usage, passe en règle, de laisser les pailles sur le sol.

3. Voy. Annales du Midi, loc. cit., Patrimoniaux , p. 492; Le sol l'industrie, etc., p. 458 et n.

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LE DIOCÈSE DK KIKI'X AI* XVIII e SIÈCLE.

quadruple uniformément — et sans doute très arbitrairement — le revenu déclaré. Le village a quelque industrie : meunier, « semelier 1 2 », tisserand de razès, « hôte », cordonnier, forgeron, scieur de bois, tonnelier, charron, tailleur d’habits. Le fonds consiste en prés, champs, vigne, terre inculte. Les fruits décimaux sont affermés 040 livres, ce qui donnerait, au laux moyen du lf> ei , un revenu probable, pour les produitsdu sol soumis à la dîme. deO'tOx2xl6 —20.400 livres 3 . Sur cette somme, disent les consuls, les bientenants ne perçoivent que 6.400 livres, dont le trentième pour la « pré¬

misse » est. 210 liv. 8 s. 4 d.

Le quart pour les semences. 1.550 liv.

La moitié du restant pour la colonie (colonat) et travaux. 2.250 liv.

Il resterait donc, à l’usage personnel des bientenants, un revenu net et définitif de 2.250 livres, représentant à peu près le dixième du revenu total, ce qui n’est pas excessif*.

Mais l’essentiel, la cause évidente des plus lourdes charges de la population, c’est la progression, très facilement vérifia-

1. Ou semalier, fabricant île semais on comportes; c’était un art moins compliqué que celui de la grosse tonnellerie.

2. Évaluation plutôt faible. A Arlix, les chanoines du chapitre de Couserans sont déeimatours à la onzième gerbe. (Arch. de la Haute- Garonne, (.1 11187.) (’f. Ph. Sagnnc, Lu législation cioile . etc... p. fit).

3. On suppose le prélèvement du fermier égal A celui des décimateurs. Bien qu’ici. pas plus qu'aillenrs, l'uniformité ne se préjuge, on peut prendre comme type de bail à ferme de la dlme le texte cité par MM. Pli. Sagnac et I*. (Juron : Les Comités, etc. {Documents), p. 349. Il faudrait d’ailleurs pouvoir rapprocher de ces résultats partiels les indications fournies par des documents d’ensemble tels que ceux que M. I,. Outil analyse pour une période postérieure. (I,. Outil, loe. cit., p. (V.) et suiv.) Nous n’avons que de rares indications sur lu façon dont les décimateurs forains s’acquittaient de leurs charges. Voy. Barrière-Klavy. Les objets d'art du diocèse de Iiieux d'après les inern/aires du XVII* siècle. (liulletin de la Société archéologique, du niidi de la France, année 1*108-1900, pp. 3',Ki-4< 11.)

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J. ADIIKR.

ble, des impôts d’État 1 : le mal est là plus qu’ailleurs. Dans les autres branches de la vie économique, l'amélioration se serait faite d’elle-même. Elle s’esl produite dans une certaine mesure, malgré l’inintelligence, l'égoïsme, l’infatuation des individus et des corps dirigeants. L’impôt, lui, augmente par l’effort du gouvernement ; il ne cesse pas d'être inique par l’effort des privilégiés. M. Marion a, là-dessus, les paroles les plus sévères : clergé, cours judiciaires, noblesse, administrations provinciales, chacun ne songe qu’à soi, au privilège acquis ou usurpé, au moment présent. Sous couleur de bien public et avec de belles phrases, pompeuses et vides, on défend ce privilège, on décore du beau nom de justice les abus les plus criants, et quand un vrai homme d’État, un réformateur comme Machault se présente, on le discrédite et on l’éloigne 2 .

A ce point culminant du xviii® siècle monarchique, à la veille de la tentative la plus sérieuse qui devait être faite par l’ancien régime pour établir la proportionnalité des charges, le fardeau qui pèse sur les populations rurales est véritablement devenu accablant. « Ne pouvant payer les charges qui son^très hautement chargées sur ladite communauté, écrivent les consuls et principaux habitants de Madière, nous prions Monseigneur l’Intendant d’avoir égard à cette misérable communauté : qu’ils prieront Dieu pour la santé et la prospérité de Sa Grandeur, et ferez une œuvre de charité et de justice. » En vingt et un ans, en elfet, la taille de Madière avait monté de 222 livres à 817, et la capitation de 92 livres

1. Cette histoire de l’impôt au xvm* siècle est contenue dans les ouvrages de M. Marion, déjà cités, et dans llouques-Fourcade, Histoire du dixième et du cinquantièine, Paris, Bordeaux. 1889.

Z. Voyez M.. Marion, L’Impôt sur le revenu, etc., passim, surtout chap.vi. — Cf. Annales du Midi, loc. cit.. Dettes, p. 54, note 1. Sur quelques-unes des causes de cette augmentation, il faut consulter Boisguillebert. Voici ce qu’il dit à propos de la « collecte » : « S’il arrive que des paroisses, à l’aide de quelques personnes qui peuvent leur prêter de l’argent, payent à jour nommé sans souffrir de courses, elles sont assurées d’avoir de la hausse l’année suivante, parce qu’aux départements (répartition de la taille) les receveurs sont assez les maîtres, sous prétexte qu’ils sont garants du recouvrement. » ( Détail de la France, édit, des Économistes, p. 186.)

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à 258 1 . On s’explique que les contribuables aient quelque difficulté à se libérer et qu’aux États de l’assiette de 1743, 356 livres 7 sols 3 deniers soient imposés « à cause de l’impuissance de la plus grande partie des contribuables à payer leur taille au premier terme ». <lotte somme doit être comprise dans le département des frais d’assiette 2 . Les consuls de Lanoux expriment les mêmes difficultés: « Point de revenus, disent-ils de leur misérable village (de 60 habitants), mais chargé par les impositions à ne pouvoir point y résister 3 . »

A Mazères, village de 200 habitants et de 50 feux dépendant au point de vue religieux du diocèse de Comminges 4 5 , la population « a diminué à cause de la taille, capitation et autres impôts, moins lourds en Guyenne ou dans d’autres localités du Languedoc". » Ajoutez à cela que les « forains jouissent du meilleur fonds, emportent tout ». que «le manque de fourrage, de fumier, le défaut de commerce » aggravent la situation économique déjà fort précaire 6 , et vous aurez, en la répétant et la variant, selon les circonstances, — les conditions physiques du sol, la prédominance ou l’infériorité de l’élément forain — la notion précise des difficultés que présentait la vie matérielle pour les populations des campagnes 7 .

1. Madière est un village île lu grande banlieue de Pmniers, qui a 527 habitants et en avait 212 en 1714.

2. Arch. Haute-Garonne, G 1919. C’est une dépense régulière destinée à indemniser le receveur do ses avances et qui fut longtemps de 550 livres. 11 faut bien lire impuissance et non pas habitude, ce qui s’expliquerait par les usages locaux.

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