Arch. Haute-Garonne, C
4. Voy. Annales du Midi, loc. oit., Le sol, l’industrie, etc., pp. 437, 438, 466 n.
5. 11 faut entendre «pie les habitants vont habiter ailleurs pour éviter la surcharge dont ils sont victimes. Ceci indiquerait que les causes de cette surcharge sont surtout locales. Le nombre de feux avait remonté à 56 vers 1778. (L. Dulil, loc. cit., p. 75.)
6. Il y a deux ou trois cardeurs de laine et autant de fileuses travaillant en môme temps. On lève à peine 1<«) setiers de blé sur 750 setiers de grains et 80 barriques île vin « fort vert ». (Arch. Haute-Garonne, G 1925. Cf. L. Dulil, loc. cit.)
7. L’augmentation de la population, quand elle est signalée, n’est pas
Original from
HARVARD UNIVERSITY
•T. ADIIKR.
Sur quelques points on signale l’influence, en matière fiscale, de l’absentéisme des classes moyennes et supérieures : à Lafitte, « l’absence de la seigneuresse et des bientenants marquants diminue la capitation 1 », qui a néanmoins passé, en quinze ans, de 200 à 500 livres. Personne ne s’intéresse sérieusement aux affaires de la communauté; l’exploitation y prend les formes les plus dures. La rivière de Longe y serait « à élargir et recreuser ». Ses inondations compromettent presque toujours la récolte des foins. Elles sont causées par les fossés des moulins, qui ne sont pas en contre-bas, malgré les règlements 2 . La communauté est trop pauvre pour
un signe certain de prospérité et ne s'explique pas toujours. Un pauvre village des Pyrénées, voisin de la vallée d’Aran. Melles, a augmenté de 200 habitants, sur fli)0, depuis 1700. 11 n’y a aucun revenu. Le tiers des habitants est « obligé de quitter la paroisse, même dans les meilleures années, pour trouver du travail ou la charité du public ». (Arch. Haute- Garonne, C 1925.— V. Annalesdu Midi, loc. rit.. Le sol, l’industrie, etc., pp. 433, 435, 457. Cf. L. Dutil, p. 74. Le tableau pourrait être continué. Caujac paie 2.200 livres de taille environ : la proportion est plus forte d’un tiers ; 476 livres de capitation : l’augmentation est des 3 4. La communauté paie 20 livres de dixiémes pour les biens nobles. Il n’y a point de revenu, mais, en retour, 310 livres de charges fixes et les affaires imprévues. La paroisse s’étend dans Cintegabelle, nouvel exemple de l’enchevètremcnt des juridictions. (Arch. Haute-Garonne, C 1025, v° Caujac. Cf. Patrimoniaux , loc. cit.. pp. 402, 5uo, 50], 510. — Le sol, l’industrie, etc., pp. 435, 454. 457). Castagnac n’a pas constaté d’augmentations de contributions depuis dix ans. Au Oasterns, la taille a passé — on ne dit pas dans quel délai — de 150 livres à 230; la capitation (depuis 1694), de 35 livres à 101 livres. L’augmentation est « trop considérable»; la « province est abîmée par le dixième ». — A Lier, diocèse de Comminges, il n’y a qu’un douzième d’habitants de plus depuis 1684-1700; la taille (2.258 liv. y compris le dixième) et la capitation (413 liv.) y ont doublé. En outre, depuis 1676, bien qu’elle ait 120 livres de revenu, la communauté s’impose de 75 livres 10 sols pour ses affaires municipales, etc. — (Arch. Haute-Garonne, C 1925, pas sim.) Pour la situation économique de ces localités au début du dernier quart du siècle, voy. L. Dutil, loc. cit., passim. A Cier, notamment, « les charges des fonds en absorbent souvent le produit ».
1. Voici quelques noms : M. Bastnrd, conseiller au Parlement de Toulouse; M. Mavnard, trésorier de France. Seigneuresse : M m * de Maniban, veuve de M. d’Atnbès. La capitation était payée au lieu de la résidence effective.
2. Les consuls veulent faire entendre que les berges dominent le sol arable et que le lit des dérivations s’est exhaussé. Voyez aux Archives de la Haute-Garonne, série C, les nombreux « recreusements » de rivières mentionnés. Nous y voyons que les travaux sur la Louge sont faits, plus
Original from
HARVARD UNIVERSITY
LE DIOCÈSE DE MIEI'X .VU XVIII e SIÈCLE.
faire des procès aux propriétaires de ces moulins. Le bétail meurt ou s'affaiblit, faute de nourriture, et les fonds sont mal cultivés.
Les réclamations fort précises de quelques communautés paraissent n’avoir obtenu < 111*1111 médiocre succès. L’administration diocésaine*, qui devrait s'en émouvoir, semble dominée par les préjugés et l'égoïsme de caste qui caractérisent les Etats provinciaux, dont elle est une représentation au premier degré. Le pauvre village de la juridiction paroissiale de Lézat, dont nous avons exposé plus haut les singulières conditions économiques, Piis. « est compris, en 1744, dans les impositions pour un demi-leu. au lieu qu’il 11 e devait l’être, dit la réponse à Fenquète, que pour un quart de feu tout au plus. Il supporte une taxe de capitation de 37 livres à reporter sur six chefs de famille*, qui sont dans l’impossibilité de payer et qui subissent de ce fait de nouvelles contraintes. Des réclamations ont été portées devant l’assemblée de l'Assiette. Il a été répondu qu’on ne pouvait réduire lu taille que s’il < tait fait un nouveau compoix général de la province 3 , et, pour ce qui est de la capitation, on ne fait supporter à la communauté que sa juste part. »
Quelques-unes de ces communautés ont le sentiment
de trente ans après, a frais communs par le diocèse de Rioux et la Guyenne (/>/ vent. Arch. llauteAiaronnc, t. 11, C 1028, p. 286).
1. Nousdonnons plus loin quelques détails sur l'assemblée de l’Assiette. Voy. Annales du Midi . lor. cil.. Le sol, Vindustrie, etc., p. 441, n. 2.
2. Pii* avait alors 28 habitants. Si l’on rapproche ce s renseignements de ceux quf sont fournis plus haut, p. P, on voit que la désertion du village avait été assez rapide.
8. Qui remanierait l'évaluation des revenus du sol, en tenant compte des transformations du fonds. (l’est le principe meme des opérations cadastrales. Sur les projets de réformes préconisés au xviir siècle, avant la Révolution, on peut lire la Délibération des Liais généraux de la province de Languedoc, sur le dernier article des instructions du roi à MM. les commissaires, au sujet des mênwires à dresser , suivant les intentions de Sa Majesté , sur les moyens de soulager les peuples (5 mars 1761). 11 y est notamment question de la « forme et perfection des cadastres ». pour laquelle uno commission est nommée (Arcli. Haute- Garonne, C 81. Cf. Ibid., (5 48, au 10 février 1776, et (î f> 0 , janvier, août et octobre 1784. Voy. A?inales du Midi , loc. cil., Le sol , Vindustrie, etc., p. 451).
Original from
J. ADHER.
d’intérêts à demi généraux, dépassant leur territoire et le
moment présent. Il semble bien qu’il y ait eu là les éléments
épars d’une administration locale capable de s’intéresser à
une œuvre collective, et on se prend à regretter que ces
compétences, ou du moins ces aspirations, n’aient pas
trouvé place dans une organisation administrative, telle que
Turgot la concevra plus tard, ou qu’on essaiera de la réali-
ser. à la veille de la réunion des Etats généraux, dans les assemblées provinciales 1 . Pointis se plaint de n’avoir pas de pacages. La partie du fonds bordée au couchant et au sud par la rivière — la Garonne — serait irrigable, si cette partie * pouvait profiter de l’eau, ce qui deviendrait facile si elle était en état de faire un canal pour prendre l’eau qui d’ellemême rentre dans son lit, dépense qui ne coûterait pas quatre cents écus ». Montesquieu, lieu de passage, a sans doute souffert du vagabondage des mendiants; il a gardé le souvenir cuisant des « foules » des gens de guerre 2 , traînant après eux un cortège d’aventuriers des deux sexes, qui ont durant un demi-siècle traité la région pyrénéenne en pays conquis. Il a ses maraudeurs à demeure, pauvres hères dont l’industrie naissante a déjà fait une plèbe ouvrière 3 . « Il n’y a point de maréchaussée dans cette ville ni dans le diocèse, disent les consuls et le curé: mais il serait très nécessaire qu’il y en eût. » Rieux, où la vie collective est plus intense, fait la même constatation. Il demande une brigade pour « contenir les malfaiteurs ». ce qui serait d'au-
1. On connaît quelques-uns des travaux déjà publiés sur ces assemblées : Auch (Galard Magnas. 1787); Rerri (L. Lacliaze, 1009). Le plus récent, sur l’assemblée de la généralité de Lyon, par M. L. I,évêque (Revue de l’Histoire de Lyon , septembre-octobre 1900), indique bien quel parti les études d’histoire économique peuvent tirer de ces publications. Parmi les procès-verbaux, citons : Haute-Guvenne (Villefranchc, 1783).