Corr. de Napoléon, n
mée d'Orient, que pour coopérer avec elle, en obligeant les Anglais à entretenir une escadre considérable près des bouches du Nil, au lieu de trois ou quatre bâtiments qu'ils y promenaient sans danger. Le moment était venu de mettre en mouvement la flotte inerte de TEspagne, et, par un traité opportun avec la cour de Lisbonne, de détacher de Nelson les vaisseaux portugais: dont le pavillon venait de se montrer eu eD-| nemi devant Alexandrie. « Je ne crois pas qui soit politique de rester sur la Mé(iiterrané«| avec si peu de vaisseaux, » continuait Bo parte; et, persuadé qu'en son absence on m tenterait rien do sérieux contre la côte anglaise, il faisait un pas de plus, et insinuait l'avis faire partir la flotte de Brest pour l'Orient. « vous ne pouvez rien faire en Irlande, peul être serait-il convenable de porter dans la Médî terranée toute la guerre maritime. Cette gue serait plus difficile et plus coûteuse pour TA gleterre ; il faudrait qu'elle nourrît trente \é seaux au fond de l'Archipel, tandis que l'Ég)!»!»!! Corfou, Malte, l'Italie, nous donnent milli moyens. » Dans ce système, Alexandrie poui rait au besoin servir de refuge, un sond
ayant rectifié Terreur funeste de Tamiral Brueys et prouvé que les passes du port étaient accessibles aux plus gros navires. Mais le point d'appui le plus ordinaire de nos flottes devait être à Corfou; c'est de là qu'elles pourraient avec sûreté tenir en échec tous nos ennemis sur la Méditerranée. En outre, un rassemblement de vaisseaux autour des îles Ioniennes serait nécessaire à d'autres égards. Bonaparte se montrait inquiet de l'attitude de la Porte ottomane. Sans connaître encore la rupture, il en avait le pressentiment. Il continuait à presser Talleyrand de se rendre à Constantinople; mais en même temps, prévoyant la guerre avec les Turcs, il conseillait d'envoyer Bernadotte à Corfou pour envahir la Morée et l'Albanie, sous la protection de la flotte, et retenir sur le vieux sol de la Grèce une partie des hordes ottomanes. Le détail de ces combinaisons diverses se résumait dans une idée très simple : celle de refaire la force navale détruite à Aboukir*, et, dans cette
1. A Corfou, la même idée était venue au commissaire Dubois : « Je ne vois qu'un moyen de sauver ce boulevard de l'Adriatique [Corfou], c'est d'y faire passer... une escadre de 10 à 12 vaisseaux de ligne, pour chasser l'ennemi... L'expédition d'une pareille escadre, si elle est possible, pourra
vue, de renoncer à des entreprises sur TOcéan, que Bonaparte supposait maintenant impraticables et qui l'étaient réellement.
Si l'exécution de ce plan, devait être commencée pendant l'hiver, elle ne pouvait s^acbever qu'au moment de la belle saison. Bonaparte annonçait qu'alors sans doute il serait revenu en Europe. « Je ne pourrai pas être de retour à Paris, comme je vous l'avais promis, au mois d'octobre, » écrivait-il sous la date du 8 septembre, « mais cela ne tardera que de quelques mois. » — « Lorsque je saurai, disait-il le 7 octobre, le parti définitif que prendra la Porte, et que le pays sera plus assis et nos fortifications plus avancées, ce qui ne tardera pas, je me résoudrai à passer en Europe; surtout si les premières nouvelles me font penser que le continent n'est point encore pacifié, je me résoudrai à passer *. »
Les Directeurs ne laissèrent point ces dépê-
remplir un secoad objet, celui, après avoir touché Corfou, de porter des secours en Egypte, but qui sûrement doit exciter toute la sollicitude du gouvernement. » Cet avis, daté du 7 décembre, ne fut connu à Paris que le 10 mars 1799, et n*a pu influer sur les décisions du Directoire.