JANVIER
ro.ns de Brest, 6,000 soldats afin de former les garnisons de ses navires.
Mais dès qu'il eût communiqué cette dernière décision au général Schérer, alors ministre de la guerre, il se heurta contre la répugnance la plus marquée. Ce n'était point l'effet de cette rivalité de compétence qui divise souvent les grandes administrations de l'Etat : Schérer alléguait, avec quelque apparence, qu'il n'avait pas un seul homme disponible. Pour renforcer l'armée d'Italie, il avait été obligé de faire aux armées du Nord les emprunts les plus imprudents. D'autre part, il avait fallu distraire plusieurs colonnes pour comprimer une rébellion en Belgique. A l'intérieur, partout, les départements réclamaient des troupes, les uns pour disperser les brigands qui pillaient sur les grands chemins, les autres pour forcer les conscrits à rejoindre, ou les malveillants à payer Timpôt. Quant à l'armée d'Angleterre, cantonnée depuis longtemps dans ses positions*, loin de pouvoir détacher aucun de ses bataillons, elle aurait eu besoin de se compléter. Autour d'elle les Chouans
1. Cette armée comprenait alors 4 divisions militaires (16 départements) .
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étaient inquiets; leur correspondance continuelle avec les Anglais semblait annoncer des mouvements pour le printemps. Averti par sa police, Schérer venait, quelques jours auparavant, de transférer 4 Rennes le quartier général de cette armée, d'en resserrer la circonscription, et d'ordonner, pour la même heure, dans tous lesdépartements de l'Ouest, une perquisition générale qui pourrait lui livrer la personne et les projets des chefs royalistes. Ce fut sous ces traits alarmants que le ministre représenta la situation de la Bretagne et de la Vendée; et, gagnant sa cause auprès du Directoire, il annonça le 20 janvier à son collègue que la réunion des 6,000 hommes à Brest demeurait suspendue.
Ce contretemps ne ralentit point les préparatifs de la marine, qui entreprit d'armer à la fois vingt-quatre vaisseaux de ligne. Le port de Brest fut couvert d'ateliers, où l'on fit venir à grands frais des matières navales. Comme on avait à peine les deux tiers deshommes d'équipage, on commença par prendre 1,800 marins sur des frégates bloquées au Havre,, et par obliger les corsaires normands et bretonsà envoyer à Brest une partie de leurs matelots.-
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