Rapport de Bruix au Directoire, 1«' février
née, méritait assurément plus d'attention. Nul doute qu'il ne fallût diriger dans le sens le plus utile à nos intérêts, les pourparlers entretenus avec cette puissance depuis la bataille d'Aboukir. Mais s'il avait toujours semblé politique de s'abstenir de confidences avec le cabinet de Madrid, de lui adresser des demandes à double entente sans en éclaircir la portée, il devenait aujourd'hui nécessaire de lui dissimuler plus complètement le but auquel nous prétendions le conduire. Depuis longtemps TEspagne se défendait de nous aider sur la Méditerranée. Ne venait-elle pas de fermer Toreille, quand nous avions parlé de faire venir à Toulon plusieurs de ses vaisseaux et de ses frégates, avec la pensée de les envoyer croiser pour npus sur la rive italienne? Révéler aux Espagnols notre nouveau projet de reporter au midi toute notre flotte, c'était les enfoncer dans leur inertie ' et provoquer un redoublement d'objections. Il s'agissait maintenant de leur faire supposer que nous avions toujours l'Irlande en vue, afin de voiler toutes nos exigences sous ce commode simulacre. Comme la négociation pouvait aller parfois jusqu'aux dernières limites de la subti-