‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 23 sur 98 · FEVRIER · texte numérisé non relu

FEVRIER

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toire ordonna aussitôt de préparer dans ces parages des expéditions de vivres pour Corfou, Malte et TÉgypte. Il engagea l'amiral Plévillele-Pelley à se rendre de Gênes* à Naples, pour y surveiller ces envois et tirer parti des débris de marine et de magasins militaires. On lui adjoi- . gnit Tamiral Renaudin et un agent spécial.

Nul ne pouvait encore prévoir que, par la jalousie des républicains du pays, les efforts des deux amiraux deviendraient complètement stériles*.

Avec ces avantages maritimes, notre domination dans le midi de Tltalie devait compenser, aux yeux de Bruix, un inconvénient également

« Naples, sous ses rapports directs avec Malte et le Caire, est un port précieux : je vous invite, citoyens Directeurs, à prendre des mesures telles que la République française soit ici capable de dicter des lois sur la Méditerranée. » (Au Directoire; Naples, 28 janvier 1799).

1. L'amiral Pléville s'était, de son propre mouvement, rendu d'Ancône à Gènes.

2. Renaudin jugea inutile de passer par le port de Livourne^ qui fut occupé par nos troupes le 24 mars, mais qui n'offrit aucune ressource maritime à utiliser. Il arriva le 13 avril à Naples. n y trouva Tamiral Pléville découragé par la perte de plusieurs felouques et par le mauvais vouloir du gouvernement de Naples, qui entendait se réserver le reste des bâtiments propres à transporter des provisions à Malte. Le blocus des Anglais commença bientôt. Pléville se retira le^ 14 avril; Renaudin et l'agent (Haran) évacuèrent la ville avec l'aimée de Macdonald, peu de temps après.'

récent, celui de ne pouvoir plus ravitailler ni sa flotte ni la garnison de Malte, le long de la côte africaine. On venait d'apprendre que les régences barbaresques avaient été sollicitées par la Porte de nous déclarer la guerre. Un envoyé turc, débarqué à Alger, y parla avec tant de hauteur que, le 22 déj:îembre, au sortir de l'audience, le dev mit à la chaîne notre consul et les autres Français. Il ne s'était relâché de sa rigueur que sur les instances de quelques juifs, parents des Bacri de Marseille. Le Turc continua sa route vers Tunis, où le dey, moins disposée l'écouter, fit cependant, le 4 janvier, arrêter pour la forme notre agent consulaire et séquestrer quelques bateaux. A son tour, le dey de Tripoli, eut, le 29, à subir la même contrainte, et mettait encore plus de mollesse à s'exécuter. Le Maroc seul, d'humeur plus indépendante, refusait de rompre avec la France. Quoique les régences, sans excepter celle d'Alger, eussent manifesté qu'elles n'agissaient point librementi mais par obéissance pour le Sultan et par crainte des Anglais, néanmoins elles nous fermaient leurs ports; et leurs corsaires, toujours en quête de pillage, commençaient à infester les côtes de

la république Romaine el celles de la Provence. Par représailles, le Directoire venait d'empri- |, sonner quelques négociants africains, de saisir ¥ leurs bâtiments, et d'autoriser la course contre K les régences *.

f^ L'ensemble de ces événements et de ces pré-

I, paratifs de guerre devenait assez important pour

;^ qu'il fût à propos d'en informer Bonaparte. Un

^; bulletin*, rédigé le 3 mars par le Directoire,

^ résumait la situation des affaires extérieures :

^: l'attitude hostile de l'Empereur au congrès de

• Rastadt, les progrès d'une armée russe en Gal-

licie, l'occupation par nos troupes de positions

- défensives en Allemagne. On y parlait de la

^j. conquête de Naples et de la rupture avec les

Bàrbaresques. On annonçait l'armement de

vingt-quatre vaisseaux à Brest, sans rien dire de

leur destination. Cette forme d'un bulletin

semblait avoir été préférée, afin do dispenser le

gouvernement de faire connaître ses vues ou de

donner des conseils. La prise de Mahon et le

blocus de Corfou étaient les seules nouvelles où

Ton pût découvrir une allusion aux projets ma-

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