‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 34 sur 98 · Nelson, Dispatches, t. III, p · texte numérisé non relu

Nelson, Dispatches, t. III, p

BRUIX ET MAZARREDO.

avec toute la hâte permise par des vents contraires, il dut faire un détour vers la côte de Barbarie pour renouveler ses vivres de campagne. Trente vaisseaux étaient maintenant placés sous son commandement. Lorsqu'il parut le 30 juillet dans les eaux de Cadix, les alliés en étaient sortis depuis huit jours.

L'amiral Bruix avait, en effet, trouvé à Cadix cette réponse de la cour espagnole qu'il avait consenti à venir y chercher. C'était une protestation étudiée de la fidélité de l'Espagne au milieu de nos désastres, et du désir de voir la flotte royale se couvrir de gloire auprès de la nôtre. Comme conclusion de cet étalage d'amitié, le ministère s'en remettait complètement à la prudence de Mazarredo. 11 l'autorisait à entrepreùdre, sans en référer à Madrid, toute espèce d'opération sur laquelle s'établirait un accord avec son allié. Pour mieux dire, il lui confiait la faculté de paralyser successivement, par un refus, tous les plans de l'amiral français. Bruix ne pouvait s'y tromper, et commençait à croire que Mazarredo, secrètement d'intelligence avec son gouvernement, n'avait tant insisté sur une station à Cadix, que pour s'y renfermer désor-

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JUILLET 1799. 153r

mais dans une invincible inertie. Il fit un nouvel appel à Guillemardet pour qu'il obtînt cette fois un ordre positif, précis, que Mazarredo ne pût éluder. « Si d'ici à huit jours », écrivait-il le 12àParis,«rordre de sortir nous arrive ,je crois pouvoir vous assurer qu'avant la fin du mois prochain je serai rentré dans la Méditerranée. » Mais Guillemardet, amusé par M. de Urquijo qui protestait d'avoir tout accordé, ne sut ni réclamer ni obtenir. Pendant ces délais, le pavillon anglais se montra dans les parages de Malaga. C'était la fin des pourparlers ; car devant un blocus imminent, il fallait au plus vite conclure et repartir. Le point principal était maintenant d'arracher les Espagnols à la captivité volontaire de Cadix. Bruix prit donc son parti : le 16 juillet, il demanda nettement à Mazarredo s'il voulait se joiadre à lui pour aller à Brest. Comme celuici réclamait une semaine, afin, disait-il, de remettre ses provisions au complet, Bruix revint à bord cl le lendemain fit résolument signal à tous ses vaisseaux de se préparer. Il recevait au même moment, de Paris, des lettres^ quijustifiaientpar

1. Lettres du ministre de la marine à Bruix; Paris, !«' et 4juillet.

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avance cette décision devenue nécessaire. Les nouveaux Directeurs ne parlaient plus de Malte ni de TÉgypte. Sans imposer du reste un plan, que les circonstances pouvaient rendre impraticable, ils indiquaient leur préférence pour une campagne dans le golfe de Gascogne, qui devait débloquer la division espagnole de Ro.chefort, enlever les croisières ennemies et ramener les. deux flottes à Brest. De Taveu du Directoire, on s'inquiétait en France d'un embarquement considérable de troupes à Southampton, qui semblait destiné à envahir la Batavie; et Ton espérait retenir cette expédition au port, en rassemblant les vaisseaux français et espagnols sur les côtes de Bretagne ou d'Irlande. Ainsi le vœu du gouvernement, aussi bien que la.

nécessité, rappelaient à la même heure notre marine loin de cette Méditerranée, où elle s'était promenée en vain, où l'intérêt contraire des Espagnols l'avait empêchée d'agir. Bruix put même croire à une défection ouverte de son allié, lorsque nos premiers vaisseaux traversèrent, malgré le vent, les passes de la rade : Mazarredo semblait immobile. Enfin un retour tardif de fierté castillane fit ce que n'avaient pu

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