‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 39 sur 98 · Moniteur du 15 juillet · texte numérisé non relu

Moniteur du 15 juillet

2. Réponses de L.-M. Récellière - Lépaaux aux dénonciations, etc. (15 therm. au VII). — Merlia fit également distirbuer aux Conseils son apologie.

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le Corps législatif a depuis sanctionné et glorifîé/en votant que l'armée d'Orient a bien mérité de la patrie. Il a fallu le désastre d'Aboukir pour compromettre la conquête et faire déclarer la Porte ottomane. « Disons-le franchement, l'expédition d'Egypte peut être regardée comme une entreprise hardie, et sous ce point de vue, il ne serait pas étonnant que quelques bons esprits l'eussent envisagée avec une sorte d'effroi. Qu'est-il arrivé cependant? que les plus timides, se confiant à la fortune de Bonaparte, attendaient en silence, et même avec un espoir que rien encore ne dément, l'issue de cette grande tentative. » Révellière se raillait ensuite de Ruelle, qui prêchait la paix avec les Turcs. « Il faudra sans doute évacuer l'Egypte et la Syrie, et faire rétrograder l'armée de Bonaparte qui s'approche uu peu trop de Constantinople !... Ce n'est pas tout; pour être conséquent avec ce système de désaveu, il faut de suite évacuer Malte!... » Cette ironie, contredite parles nouvelles malheureuses de Syrie, n'était point la partie la plus sensée du plaidoyer; car il pouvait être opportun de traiter avec la Turquie. Révellière frappait plus juste,

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quand il rappelait les applaudissements unanimes qui accueillirent le début de Tentreprise et que chacun affectait d'oublier. Mais les assemblées ne souffrent point d'être convaincues d'inconstance, et par là les propos de l'ancien Directeur auraient pu lui nuire, s'ils n'avaient été emportés au milieu du flot de passions qui débordait sur ce procès. Les clubs avaient redoublé d'agitation. Incapables d'ameuter la foule, qui redoutait par-dessus tout les fureurs de 93, ils visaient à s'imposer par la violence elles menaces. Les nouveaux Jacobins réclamaient maintenant le supplice des Directeurs, comme pour réveiller le souvenir de la mort de Louis XVI : on eût dit que leur imagination

désordonnée leur représentait tout le mal qu'ils étaient impuissants à commettre. La discussion*, échauffée à ce degré par la compétition des partis, se prolongea plusieurs jours au conseil des Cinq-Cents. Enfin l'opinion modérée l'emporta, et, le 12 août, la dénonciation contre les Directeurs fut définitivement rejetée.

Pendant ce débat, où le nom de Bonaparte

f 1. Il y a apparence qu'on n'a point conservé de procèsverbal des comités secrets, tenus pour cette affaire.

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avait été si souvent prononcé, les ffeânfi^^j^ général avaient continué à faire jc&u;se com-^ mune avec les Modérés. Lucien, indiscret par nature, et excité par le contact des assemblées; Joseph, plus réservé et plus considéré, suivaient chacun selon son caractère Timpulsion de Sieyès et y soumettaient leur jeune frère Louis. Tous trois se résignaient à attendre. S'ils ne pouvaient s'empêcher de penser souvent au général, ils n'en parlaient qu'avec précaution et lorsqu'ils y étaient provoqués. Que pouvaientils sans la présence de leur frère? Essayer sans lui de préparer les voies à son ambition et à la leur, c'était embarrasser leurs amis commims, étonner, peut-être indisposer le gros de la nation, et attirer inutilement la haine des exaltés, qui ne s'apitoyaient sur Bonaparte qu'à condition de ne point le trouver en travers de leur chemin. Les nouvelles d'Orient commençaient à les tenir dans une cruelle perplexité. Ils n'en étaient pas mieux instruits que le Directoire ; et faute de canaux particuliers pour faire passer des avis à leur frère ou pour en recevoir, ils demeuraient spectateurs attristés d'événements, dont ils étaient impuissants à l'informer.

•. i: Ije^décoliràgeinent qu'ils ressentaient, se glissait d'ailleurs dans toutes les veines du pays. On n'avait pas été longtemps à s'apercevoir que la crise de prairial ne produisait aucun bien sérieux* . Sieyès était aux affaires, mais sa nature méditative et acrimonieuse n'était pas appropriée à des circonstances où il fallait agir sans hésitation et concilier sans faiblesse. Quel spectacle alors que celui de la France! La lèpre de la guerre civile étendue sur tous les départements de l'ouest; les Jacobins dans l'attente d'une mauvaise nouvelle pour recommencer leurs tentatives ; plus de conscrits pour renforcer les armées ; le trésor descendu au plus bas fond de l'épuisement ; au nord comme au midi les frontières en danger. Le brave Joubert était tombé sur le champ de bataille de Novi, emportant les dernières espérances de l'armée d'Italie et peutêtre le secret de Sieyès. Pendant que la Suisse, découverte par cette défaite, était livrée à l'invasion russe,le corps expéditionnaire du duc d'York avait pris la mer et venait d'aborder en Hollande. C'était en vain que le Directoire avait espéré

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