Covr, no 3944. Cf. n
Mission du chef de brigade Lucotte. N'ayant pu s'embarquer avec Bonaparte*, il fut destiné par ié Directoire à porter en Egypte Timportante dépêche du 4 novembre. Parti de Paris au milieu de ce mois, il arriva à Barcelone au commencement de décembre. Là, il tenta vainement de fréter un navire pour Tunis ou Tripoli. Après trois mois d'une attente fatigante, il se décida à gagner les ports d'Italie, et arriva à Gênes vers le 25 mars 1799. La suite de sa mission se trouve exposée plus loin.
Le Gharles-Honoré, brick. Jean-Michel Magallon*, frère d'un négociant établi à la Canée, reçut, sur sa proposition, la dépèche du 4 novembre avec une somme de 12,000 francs : il devait gagner Alexandrie par Tunis, où il avait de nombreuses relations. Parti de Paris le 23, il arriva le 12 décembre à Toulon et y trouva un bateau parlementaire, le Charles-Honoréy prêt à transporter à Tunis des ouvriers que le bey avait demandés pour son propre service. Caché dans
1. Corr.f no 2577. — Nous ne mentionnerons point parmi les émissaires du gouvernement les militaires qui obtinrent de rejoindre l'armée d'Orient. Tels furent ; !<> le général Salra, qui partit le 1er novembre et s'arrêta à Ancône; 2» le général Peyron, qui partit en janvier et s'arrêta à Gènes. Plus tard, le général Cordellier, et l'officier Geoufifre demandèrent tout à la fois de reprendre du service en Egypte et d'y porter des dépêches ; mais on ne put s'entendre avec eux.
2. Il ne faut pas confondre ce Magallon : !<> avec Charles Magallon, consul général en Egypte depuis le 20 janvier 1793, qui revint en France en mars 1798 et repartit avec Bonaparte : il était en ce moment au Caire; — 2° avec Jean-André Magallon, neveu du précédent, vice-consul à Alexandrie, qui se trouvait aussi en Egypte; — 3° avec Lazare Magallon, autre neveu, secrétaire de son oncle et titulaire du vice>consulat de Rhodes depuis le 29 août 1798, qui était alors à Paris.
iàJà
ce bateau sous son prénom Michel, il mit à la voile le 28 décembre et aborda le 2 janvier à Tunis. Le consul Devoize s'était mis en quête d'un bâtiment pour l'Egypte, lorsque le 4 janvier la déclaration de guerre du bey empêcha ces préparatifs. Magallon arrêté comme Français, puis relâché le 26 février, trouva peu après l'occasion de retourner en France. Ses dépêches furent cachées par Devoize, qui les avait encore entre les mains en février 1800.
Envois de Tripoli, par terre. Le consul Beaussier
reçut le 24 octobre une lettre de Bonaparte {Corr,, n° 30*3), l'invitant à faire parvenir des nouvelles en Egypte et l'autorisant pour cet objet, à tirer sur le Caire une somme de 6000 francs.
Le o décembre, Beaussier expédia un premier courrier avec des nouvelles, des journaux, et une lettre de lui demandant à Bonaparte de ne point s'opposer au départ du Caire de Sidi-Hassen-Caramanli, neveu du bey. Ce courrier fut retenu à Bengasi *, sous le vain prétexte que Caramanli avait déjà quitté l'Egypte pour Rhodes.
Au commencement de février 1799, après l'arrivée de Fabre 2, un second courrier partit par la voie de Bengasi, et quinze jours plus tard, fut suivi d'un troisième, qui choisit une route moins fréquentée. Outre les paquets du consul, les deux courriers portaient des lettres de Fabre adressées à Ganteaume et à Dumanoir. Il est à peu près certain qu'aucun de ces émissaires ne parvint en Egypte.
Le 3 février, arriva à Tripoli la caravane des pèle-
i. Le bey de Bengasi affectait une certaine indépendance à Tendroit du bey de Tripoli, son suzerain.