Voir le tableau IL
2. Mciiio pendant la captivité de nos consuls en Barbarie, (les correspondances diplomatiques se sont échangées entre ce pays et la France, par les ports espagnols et sous le couvert des consulats d'Espagne et de Batavie. Mais entre Tunis, Tripoli et i'l']fr}pte, les communications, déjà si difficiles pendant les proniioi's mois de l'expédition de Bonaparte, se sont coniplct(MncMit fennûes à dater de férrier 1799. Elles n'ont paru KO rouvrir qu'tMi 1801.
depuis deux mois et n'avaient point la liberté d'essayer des envois en Egypte. Quant aux caravanes de commerce habituées à suivre le chemin de Bengasi, elles avaient cessé de se former depuis la prise d'Alexandrie, et ne reprirent leur trafic que dans l'automne
L'Osiris, capit. Gascogne. Un émissaire, nommé Wynand Mourveau, partit de Paris le 30 décembre, avec ordre de se rendre en Egypte par Gênes ou par Ancône. Arrivé le 21 janvier à Gênes, il y trouva VOsiris qui était prêt depuis un mois, et s'y embarqua le 26, après avoir reçu de Belleville ses instructions et plusieurs caisses de journaux. Retenu au port par des vents contraires, il ne mit à la voile que le 9 février. Sa traversée fut très prompte. Il fit une courte relâche à Lingueglia, et le 26 février au soir, il aborda à Damiette. Le bruit de son arrivée se répandit aussitôt et remua tous les cœurs. Il se rendit d'abord sous escorte à Rosette, et monta sur le canot la Saône, qui le débarqua à Bouiac le 4 mars. On publia dans « le Courrier d'Egypte » (n°* des V6 et 20 mars) les nouvelles générales d'Europe qu'il apportait. Par les soins du général Dugua, commandant au Caire, Mourveau repartit pour la Syrie, et le 23 mars remit ses dépêches à Bonaparte devant Saint-Jean-d'Acre. Mourveau fut nommé contrôleur des services de l'armée ; il obtint le 9 septembre un passeport pour la France, mais n'y rentra que longtemps après. — Dès le 24 mars, Bellevifie était instruit* de l'arrivée de Mourveau en Egypte, et transmit cette assurance au gouvernement qui en fut informé le 6 avril.
1. Par un bateau ligurien, patron Nicolo Michelino, sorti le 6 mars d'Alexandrie.
Le Directoire avait remis à Mourveau une lettre do 29 décembre et le double de la dépêche du 4 noYembro. Ces intimes pièces furent également confiées :
i° A Lefranc, dont il sera bientôt question.
2" A la maison Racri et Abucaya, de Marseille. Ces juifs algériens devaient transmettre les plis à leurs parents et correspondants, qui occupaient à Alger une position considérable dans le commerce. La nouvelle de la déclaration de guerre du dey fit renoncer à ce mode d'envoi. Le W février, ordre fut donné de faire passer les dépêches de Marseille à Gênes, et, le 23 février, de les diriger sur Ancc^ne. Belleville, qui les avait locjues, les r.Muit à Lucotte le 30 mars.
3° A Azialy, Marocain, qui reçut le 13 janvier une somme de oOl) fr. pou'r se rendre à Cadix et Tanger *. On i^more (piclle a été la suite de cette mission.
4" A Fciriéres-Sauvebœuf, auteur de voyages en Perse, Tur(piie et Arabie '. Il partit de Paris avec uu ordre, sif^né du ministre de la marine le 14 janvier, pour s'embarquer à Ancône. Sur la route, sa nature remuante et besogneuse se donna librement carrière dans cett(^ Italie, qui semblait alors la proie de tous les intrigants. Ferrières-Sauvebœuf, oubliant sa mission, resta tout W. mois d'avril à Milan, et fit si bien qu'au conmitMicement de mai il y fut mis en prison par le général Schéror^. Il s échappa, et revint en France continuer son existence aventureuse.
1. « Lo Maroc peut fournir un moyen de correspondance avec r Egypte... Les i)aquets seraient expédiés à Cadix d'où ils passeraient facilement à Tanger » (Note sur le Maroc, annexée au Bulletin du 3 mars 1799 qui a été envoyé à Bonaparte : — Corresp. im'dite^ t. VI, p, 246).