Cette liste ne se retrouve pas
2. Ein effet, Wynand Mourveau devait être d'origine hollandaise. Quant à Lesimple, qui était Français, sa profession de courrier ne le fait pas mentionner ici parmi les émissaires.
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1° Osman-Aga. Au commencement d*aoûk, ce musulman avait passé avec le ministre de la marine un marché secret pour approvisionner Malte par Tunis, où sa famille était très influente. 11 avait déjà reçu, le 24 août, un passeport pour la Tunisie, lorsque, au commencement de septembre, Reinhard eut l'idée de le charger de lettres pour Bonaparte, et lui confia d'abord celle du 20 septembre, puis celle du 10 octobre. On calculait que ces dépêches pourraient arriver en Egypte à la fin de décembre. La nouvelle du retour de Bonaparte parvint à Paris avant le départ d'Osman : celui-ci rendit donc les dépêches et ne s'occupa plus que de son contrat. Arrivé à Toulon à la fin de novembre, il s'embarqua sur le parlementaire rHirondelle dans les premiers jours de février 1800, atteignit Tunis le 12, mais y rencontra des obstacles et même des dangers qui l'empêchèrent de remplir ses engagements.
2° Vittallis. C'était un Grec, réfugié de Corfou, qui promettait de s'embarquer à Gênes sur un bateau grec et de gagner Alexandrie par Chypre. Le 30 septembre, on lui consigna un double de la lettre du 20 : il partit aussitôt; le 10 octobre il rencontra Bonaparte à Aix, remit la lettre et suivit le général à Paris.
3° PouUio. Établi en Allemagne, cet aventurier s'était mis en relations occultes avec les patriotes de la Grèce, et avait fait agréer ses services par Talleyrand. Les événements d'Italie l'ayant retenu loin de la commission d'Ancône, Poullio vint à Paris et se proposa pour. renouer à Leipzig des correspondances avec les Grecs, et par eux avec tout le Levant. Cette mission, qui n'avait point simplement pour objet les communications avec l'Egypte, fut approuvée le 29 septembre par le Directoire et ne prit fin qu'au mois d'août 1800.
4° Enfin un juif polonais, autrefois employé à la Bihliolhèquc nationale, et nommé Zalkind HouiTitz,
s'étaÉçt' également offert comme émissaire, il fut question de lui remettre les lettres du iO octobre; mais les pourjparlers n'avaient pas encore abouti lorsqu'on apprit lé débarquement de Bonaparte*.
En dehors du gouvernement, les frères de Bonaparte ont-ils entretenu des correspondances avec l'Egypte? ont-ilâ cherché à renseigner le général sur des événements, que son ambition était si intéressée à bien . connaître? « Je n'ai reçu de toi qu'une lettre, celle de Lesimple », écrivait le général à Joseph, au mois de septembre 4798 '. Après le courrier Lesimple, Mourveau est le seul éraissair.e qui atteignit l'Egypte, et il n'apporta, parait-il, que des nouvelles de Joséphine*. Plus tard, lorsque la flotte fut rentrée à Brest, lorsque les frontières furent menacées d'invasion, Joseph, Lucien et Louis devinrent de jour en jour plus inquiets, en voyant leur frère absent à l'heure où tout semblait exiger sa présence. Le mois de septembre 1799 arriva.
1. Le ministre de la marine avait préparé des ordres pour faire disposer le Sérapis à Gènes, et un bâtiment léger à Toulon.
2. Cette lettre est publiée dans les Mém. de Joseph (t. I, p. 188). On a omis la date,* qui est postérieure à l'arrivée de Lesimple au Caire; on a omis également une phrase intime. Il paraît que Joseph avait écrit précédemment. « Dpux courriers expédies par le Directoire exécutif ont été arrêtés, » lui mandait Louis le 13 août 1798; « ils avaient des lettres de vous » {Mém. de Joseph, t. X, p. 413).
3. « D'après les questions que je* lui ai faites, [Mourveau] ne vous a point vu, ne vous a point parlé. Il n'a également point vu les frères du général Bonaparte, mais seulement sa femme » (Belle ville à Bruix; Gènes, 21 janvier 1799).
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JoHPpli (lut rocovoir les conseils sinon les coaficUlfcesde 'rallcvnind «lis^'iAcié, qui cherchait maintenant à raltarh<'r su fortniio k colle du général. Ce fat dans ces rirciinstaiicos ' que, pour la première fois, Joseph résolut de ('h(4*chcrun émissaire particulier, afin d'avertir son Hvnî rt do le presser de revenir en France.
H y avait alors à Paris un Grec réfugié, nommé («oiintantin Dourhaki. Habitant de Céphalonie, il s'était signalé dans cotte lie par son dévouement à la cause frangaiso, et avait protégé le commissaire Pocholle au milieu (1rs troublos provoi^ués par l'apparition des vaisseaux turcs et russes. Lui-même, pillé et blessé dans cotti» ('meute, s'échappa vers Corfou avec Denis et Joseph SCS fils, et concourut à la défense des remparts. Son fils allié, Joseph, âgé devingt ans, se distingua aussi |)undant le siège. Après la capitulation, ils d(';hanpicnMit tous trois h Ancûne, le 12 avril i799, en même temps ([ue le général Chabot, terminèrent la ([uaraniaim^ le 8 mai, et arrivèrent à Paris le 9 juillet. Leur détresse étant cxtn>nio, ils obtinrent les 13 et 20 juillet de faibles secours. Lo 7 octobre, ils signèrent tous ensemltle une nouvelle pétition : pour Denis, enfant di^ treize ans, on demandait une place au prytan(''e; pour Joseph » propre au se mce militaire, un placement (piclconque, qui pût fournir à son existence, sans Téloigner do son père, dont la santé, affectée par ses blessures et ses malheurs, ne peut, du moins de quehpie tem()s, se passer de sou assistance. » Rien dans uno pareille pétition ne laisse môme prévoir un voyaf^e en Kgypte. Il faut donc placer entre le 7 octobre et le 1 i, jour oii ohacun connut à Paris le débarquement du général, les pourparlers qui rapprochèrent
i. Josoph, Mt^m.t t. I, p. 75; — Miot de Melito, Mém.f 1. 1, p. i>40. — (-f. Sy))el, (icsvhichle der lievoiiiUonszeit, t. V, p. 520.
Conallbtin Bourbaki et Joseph Bonaparte. II est certain que Bourbaki accepta la périlleuse mission de se rendre au Caire. Eut-il le temps de s'éloigner, à une distance de quelques jours de route? Fut-il au contraire surpris à Paris par le retour du général? Dans tous les cas, il n'eut pas à remplir un engagement, qui était devenu sans objet.
Tels sont les faits réels, et ils ne mériteraient guère une place dans l'histoire, si la légende ne les y avait introduits. Parmi les historiens, les uns prétendent que Bourbaki a porté au Caire un avis mystérieux qui a décidé le retour de Bonaparte; les autres contestent, mais sans preuves décisives. En i840, M. de Meneyal a discuté les témoignages divers qu'il avait recueillis jusqu'alors, et son impartialité s'est abstenue de conclure. Il faut bien le reconnaître : la lumière ne se trouve même point dans les assertions confuses et variables de Joseph Bonaparte*. Mais si son souvenir
1. Les assertions écrites sont au nombre de quatre ; 1° lettre à Talleyrand, du !<" mai 1802 [Rev. des Quest. hist.y no d'octobre 1880); — 20 Lettre au comte Thibaudeau, du 10 mai 182G [Le Contemporain, no du l®*" août 1882. Cf. Mém. de Joseph, t. X, p. 287); — 30 Lettre à M. Presle, du 30 août 1829 {Rev. des Quest. hisl.y n® d'octobre 1880); — 4° Mémoires écrits en 1830 (Mém. de Joseph^ t. I, p. 75). Même dans le premier de ces documents, qui semble si rapproché des événements, on reconnaît une erreur de souvenir; car Joseph Bonaparte confond Constantin Bourbaki îivcc son fils aîné, pour qui il sollicita et obtint une place de consul.
Au mois d'octobre 1830, dans un certificat délivre en faveur de Joseph Bourbaki, Pocholle écrivait : « M. Bourbaki père trouva l'occasion de rendre service à la France, devenue «a patrie, en acceptant une mission secrète qui lui fut confiée vers lo général en chef de l'expédition d'Egypte. » Cette phrase nous semble très exacte ; elle ne dit nullement que Bourbaki ait accompli ou même commencé sa mission; elle
n'a pas irardé toute la précision que désire Phisloliv. il ost resté assez présent pour protéger efficacement pendant IHlmiâre les deux fds de Constantin Rourhaki. Tun dans la carrière des consulats et l'autre dans colle des armes ^
se ]»orne à dire qu'il y a eu racceptatioa courageuse d'um' tâche plein»' de périls.
1. Joseph Bourbaki, lieutenant de dragons en mai 1800, lui nommé vice-consul à Céphalonie le 20 juin 1802, prit en 18ÛG le litre de chargé d'affaires à Corfou, dans des circonsiances sinjrulières où il se servit du nom du roi Joseph, et mourut après 1830.J — Son frère cadet, Denis, entra à l'école militaire de Fi)ntainebleau, passa en 1806 au service du roi Jt>seph a Naples, puis en Espagne, fut nommé lieutenanicolon*'! après la bataille de Toulouse, prit part au soulèvement des Grecs et mourut en 1827; il avait un fils qui est devenu le «réuéral Bourbaki. — Quant à Constantin Bourbaki, il se retira à Céphalonie pendant le Consulat, et mourut. |);irait-il, avant la Restauration.
COimESPONDANCES DE BONAPARTE AVEC L'EUHOPE ET f/OIUENT
\° Avant Tarrivée do Bonaparte à Malte (19 mai à 10 juin 1798).
Le Chasseur, capit. Laurens. Cet aviso, sorti de Toulon le 20 mai, rejoignit la flotte à la hauteur du cap Corse. Il repartit avec des dépêches du 23 mai (Con\ n»- 2606 à 2609), et rentra à Toulon le soir du 26. Nous le retrouverons en Egypte.
Le 28 mai, au soir, la flotte détacha un aviso, qui toucha à Bonifacio et arriva à Toulon lo 6 juin. Les dépêches (Corr. n»" 2641, 2614 et 2615 ^), annonçant la
1. Deux de ces dépêches sont restées inédites ; L A Najac. « A bord de VOrient^\e 8 prairial an VL — Le convoi d'Ajaccio nous rejoint à Tinstant même. Nous attendons à tout moment celui de Civita-Vecchia. L'escadre et le convoi n'ont eu aucune espèce d'accident. Un brick anglais a été poursuivi par l'aviso le Corcyre, obhgé de se jeter sur les côtes de Sar-
244 APPENDICE. JîH
jonclion des convois de Corse et de Civita-VeccUia, étaient connues à Paris le 11 juin *.
2** Depuis la capitulation de Malte jusqu'au débarquement à Alexandrie (12 juin à 1" juillet 1798).
Sper»»nare maltaise, expédiée à Naples le 14 juin, avec un courrier portant ia relation des événements de Malte {Corr. n*>« 2640, 2()41, 2655 et 2636). Ce courrier, débarque à Naples le 21 juin, traversa Milan le 25 au soir, et arriva à Paris le 4 juillet. Depuis le 1^', on y connaissait, par une voie indirecte, le succès de notre armée d'Orient.
La Santa Marina, capit. Grasset. Partie le 15 juin de Malte pour Corfou, avec des dépêches (Corr. n"2662, 2663), elle y aborda le 27 juin. Le général Chabot, commandant à Corfou, avait mission de communiquer la nouvelle de ia prise de Malte à Ruffin, chargé d'affaires de la République à Constantinople. Ruffin reçut cet avis le 2 août.
daigne où il s*est brûlé. Nous attendons avec impatience des nouvelles de France ; nous n'en avons pas depuis .notre départ. — P. S. du 9 prairial. — Le convoi de Civita-Vecchia nous rejoint à Tinstant même. »
II. Au consul de Gènes, Belleville. « A bord de VOrient, le 9 prairial an YI. — Les convois de Gènes, de Corse et de Civita-Vecchia sont réunis, et nous voguons à pleines voiles ponr notre destination. Dès que nous aurons mis le pied quelque part, je vous ferai part dts besoins que nous pourrons avoir, et je ne doute pas que vous y pourvoirez, avec ce zèle ardent qui vous caractérise et dont vous venez de nous donner des preuves dans l'embarquement qui a eu lieu à Gènes, f -
1. Le 10' juin, l'expédition perdit le brick le Corcyre, pris par la frégate anglaise la Flore^ près de Maritime à louest 4® la Sicile. L'équipage fut débarqué à Cran.
Le ia jiiin, Bonaparte écrivit une lettre circulaire {Corr. n^ 1005} aux trois consuls de France près les régences barbaresques. La lettre adressée au consul de Tripoli, Guys, lui fut portée par la frégate suédoise la Thctyft. Celle destinée au consul de Tunis, Devoize, lui parvint le 10 juin sur une speronare. Enfin le consul d'Alger, Moltedo, reçut également son exemplaire*.
La Sensible, frégate ; capit. Bourde. Elle fut chargée de transporter en France les trophées de Malte, qui devaient être présentés au Directoire par le général Baraguey-d'Hilliers. Collot et V. Arnauit, déjà dégoûtés de Tentreprise, eurent permission d'y pi'endre passage. En se privant ainsi d'une frégate, Bonaparte croyait qu'elle servirait à conduire Talleyrand à Constantinople. La Sensible se mit en route le 18 juin. Armée simplement en flûte, n'ayant pour équipage que des hommes levés à la hâte et en partie maltais, elle ne put résister à l'attaque du Sea-Horse, frégate anglaise qui la rencontra le 27. Après une courte canonnade. Bourde essaya vainement un abordage, ne put enlever ses matelots et dut amener pavillon. Les dépêches furent jetées à la mer avec partie des trophées ; mais Arnauit, débarqué en même temps que l'équipage à Cagliari, puis à Gênes, connaissait le contenu des lettres, et put en instruire le gouvernement *. Les Anglais ne retinrent comme prisonniers que Baragueyd'Hilliers et ses deux aides de camp. Quant à Bourde, il fut destitué par arrêté du 31 juillet, et renvoyé de-
1. A. Devoulx, les Arch. du consulat général de France à Alger j p. 130.
2. V. ArnsLult y Souvenirs d'un sexagénaire,t. lY yipA69 et s.; Mélanges, p. 206.
vant le ^ry militaire, qui racquitta^jll^ • mai de l'année suivante.
L'Arthémise, frégate. BJUa reçut un ordre de départ le 17 juin, en même temps que la Sensible. L*aide de catnp Lavallette s'y embarqua, avec ordre de porter une lettre [Corr. n° 2684) à Alï, pacha de Janina, d'escorter le grand maître de Malte allant à Triesle, de toucher à Corfou et de rejoindre Tarmée en Egypte. Cette mission fut exactement remplie *.Lavalette était à Corfou le 5 juillet, et le 20 à Alexandrie. VArlhémise fut brûlée dans la bataille d'Aboukir.
3^ Pendant le séjour de Bonaparte à Alexandrie (2 à 7 juillet 1798).
L'Assaillante, aviso; capit. J.-B. Fournier. Chargée de porter à Malte la nouvelle du débarquement de Tannée, elle partit aussitôt et arriva un peu avant le 10 juillet.
L'Assaillante devant retourner à Alexandrie, le général Vaubois envoya en France les nouvelles d'Egypte, par les avisos VÉperoier et l'Encourageante, Ces bateaux relâchèrent à Bastia; et là, comme ils étaient très mauvais marcheurs, les dépêches furent transférées sur la felouque le Requin, qui arrivait également de Malte, toucha Livourne le 30 août et n'atteignit Toulon que le 6 septembre. Les nouvelles parvinrent à Paris, un ou deux jours après que le Directoire eut été informé du débarquement de Bonaparte par une lettre de Ruffin du 10 août.