‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 7 sur 98 · AVRIL ET MAI · texte numérisé non relu

AVRIL ET MAI

voyant que son imagination, son bon sens lui découvrait alors l'abîme où le gouvernement directorial devait fatalement disparaître. Il attendait de nouvelles fautes, avec ce sentiment hautain d'un homme qui, ne pouvant les empêcher, ne veut en être ni le complice ni la victime, et qui se croit la destinée d'en profiter. D'un autre côté, il ne déplaisait pas aux Directeurs d'être délivrés pour quelque temps d'une rivalité dont ils commençaient à s'importuner *. Sans rien faire pour pousser Bonaparte vers l'Orient, ils se montraient facilement convaincus des avantages de l'entreprise et ne marchandaient aucun des moyens demandés pour la préparer. Ils trouvèrent de l'argent, laissèrent Bonaparte tout organiser sans entraves, et l'investirent des pouvoirs les plus étendus qu'il leur fût possible de déléguer.

La durée de l'expédition ne pouvait être déterminée, puisqu'on pensait à créer une colonie.

i. Ces arrière-pensées, ces sentiments cachés furent vivement remués à la fin d'avril, lorsque, sur la nouvelle de l'affaire de Bernadotte, il fut question d'ajourner l'entreprise de Toulon et d'envoyer Bonaparte négocier à Rastadt. Les détails do cet incident ne sont pas encore complètement connus. (Hûffer, Der Rastatter CongresSj t. I, p. 377. — F. Masson, les Diplomates de la Révolution^ p. 2H.)

2i CAUSES DE L'EXPEDITION.

Il n'en était pas de même de Tabsence du général en chef. Les Directeurs avaient cru devoir témoigner le désir que Bonaparte hâtât son retour, et celui-ci l'avait presque annoncé pour le mois d'octobre. Trois ou quatre mois lui semblaient suffisants pour asseoir en Egypte des fondements sur lesquels tout autre général pourrait ensuite édilierMl paraissait promettre de revenir diriger le débarquement en Irlande, et était résolu à part soi de ne prendre conseil que des circonstances.

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