MAI A OCTOBRE
Nouvelle do la' prise de Malte.
Départ de Texpéditioa. — Secoad convoi préparé à Toulon par ordre de Bonaparte. — Une escadre anglaise, sous Nelson, rentre dans la Méditerranée. — Inquiétude qu'elle répand à Toulon, et envoi d'avisos pour renseigner notre Hotte. — La prise de Malte annoncée par le Directoire le lo' juillet. — Félicitations portées en Egypte par Lesimple,
Révolte prématurée en Irlande.
Les Irlandais-Unis. — Leur insurrection dérange le plan de descente concerté avec Bonaparte. — Le Directoire prépare au plus vite plusieurs expéditions partielles pour l'Irlande. — En même temps, bruits contradictoires répandus sur l'armée d'Orient. — Le second convoi de Toulon n'ose s'aventurer en mer : il est dissous. — Difficulté de ravitailler Malte.
Attitude menaçante de la Turquie ; désastre d'Aboukir.
Le Directoire prétend persuader aux Turcs qu'il fait leurs affaires en Egypte. — Conférence inutile à ce sujet, entre notre agent Ruffin et le Reis Effendi. — Talleyrand re-
nonce à l'ambassade de Oonstantinople et la fait donner à Descorches. — Arrivée d'une dépêche de Ruffin expliquant les dispositions hostiles de la Porte. — Mission de Dubois- Thain ville en Egypte pour en avertir Bonaparte. — Le débarquement à Alexandrie est connu par cette même dépêche de Ruffin : — message du 14 septembre. — Dans la soirée, la nouvelle de la bataille navale d'Aboukir arrive par Malte.
— Contre-coup immédiat de ce désastre, en Europe. — Instructions rédigées pour Descorches; mais la déclaration de guerre de la Porte fait suspendre son départ. — Premières dépêches d'Egypte, apportées par le courier Mothey.
— Retards qu'elles avaient éprouvés. — Impression légendaire répandue par les victoires de Bonaparte.
Impuissance de la République sur la Méditerranée; échecs sur l'Océan.
Bonaparte conseille de reformer une flotte avec nos vaisseaux épars sur la Méditerranée. — Raisons qui s'opposent à ce projet. — Le Directoire essaie d'avoir une escadre sur cette mer, en l'empruntant à la marine espagnole. — Méfiance réciproque entre la France et l'Espagne, et propositions artificieuses du gouvernement français. — L'Espagne ne veut faire campagne commune que sur l'Océan. — Ce concours devient inutile par l'échec de nos expéditions en Irlande : — capitulation du général Humbert ; prise de la division navale de Bompart. — Le Directoire renonce à attaquer les îles Britanniques et dispose ses forces contre une nouvelle coalition.
Bonaparte sortit le 19 mai de la rade de Toulon, emmenant avec lui toutes les forces maritimes qui restaient à la France sur la Méditerranée. Il ne laissait en arrière que quelques bâtiments légers, et dans chacun des ports de Toulon et d'Ancône trois vaisseaux vénitiens, usés et désemparés. Au moment de s'éloigner, il avait
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fait un dernier usage de Tautorité presque illimitée qui lui avait permis d'organiser en si peu de temps des moyens aussi considérables : c'était Tordre * d'apprêter un second convoi, destiné à porter avec des munitions, de l'artillerie et des vivres, les soldats qui arriveraient en retard dans les dépôts de l'armée d'Orient. Ce convoi devait être partagé en deux sections, dont Tune, composée de navires de transport, prendrait la mer à la fin de mai avec un renfort de mille hommes, et Tautre, formée de deux des vaisseaux vénitiens qu'on armerait de son mieux, devrait aussi embarquer un millier de soldats et partir vers le 10 juin.
La rentrée d'une flotte anglaise dans la Méditerranée mit promptement le trouble au milieu de ces nouveaux préparatifs. Les Anglais, après avoir longtemps douté de l'armement de Toulon, en avaient pris alarme. Dès les premiers jours de mai, Nelson était détaché avec trois des vaisseaux qui bloquaient Cadix, pour aller observer les côtes de Provence. Surpris par une tempête qui faillit briser un de ses