M. OE BOULIGNY A M. DE AZAAA
Constantlnople, 24 août 1799.
J'ai fait dire à cette cour que, par une combinaison naturelle, au même temps où elle offrait sa médiation
1. Nous rétablissons cet alinéa et le suivant d'après la minute (Aff. étr.), parce qu'ils semblent avoir été omis sur l'original par inadvertance.
2. Cette lettre a été approuvée par le Directoire, le 20 septembre.
320 PPENDICE.
pour notre paix avec rAngleterre, Sa Majesté offrait la sienne à la Porte ottomane pour faire sa paix avec la France. J'ai ajouté les conséquences fâcheuses auxquelles la coalition va l'exposer, et toutes les raisons qui [y] peuvent la déterminer. On a voulu que je fisse ma proposition par écrit; et j'ai promis que, si on doit l'accepter, je la ferai en conférence avec la même formalité qu'on a eue avec moi.
Le ministre d'État s'expliqua après plus clairement, demandant l'évacuation de l'Egypte pour le préliminaire d'une paix, dont il pouvait presque assurer la vérification, quoique la Porte se trouve engagée à ne pas se séparer de ses alliés; que les troupes françaises devant périr nécessairement, il me conjure pour le bien de la France, de la Porte, de l'humanité, de conseiller à Bonaparte l'évacuation, moyennant la garantie de la Porte ottomane pour son armée jusqu'à son arrivée en France. Il a beaucoup insisté sur cela. Je l'ai entendu patiemment ; mais j'ai décliné sa proposition, parce que je n'ai aucun pouvoir du gouvernement français, pour [ne pas] donner des assurances de paix; et parce que la Porte pourrait le proposer elle-même par l'entremise de ses généraux, en attendant que je reçoive des instructions.
Hier, après une conférence avec le ministre russe et une assemblée du ministère, il s'est réduit à me dire que la Porte ottomane accepte avec plaisir et reconnaissance la médiation du Roi notre maître, pour une paix juste et honorable. Que Sa Majesté considère l'injustice, les dommages et les torts de l'invasion; et que Sa Majesté daigne interposer sa médiation et ses bons offices auprès du gouvernement français, pour que le motif de la guerre cesse tout à fait par le susdit préliminaire, sans lequel on ne peut songer à aucun traité de paix définitive, telle qu'on la désire. Il m'a recommandé le secret, et il m'a offert ses courriers pour la
reté et la célérité de la correspondance à Paris, que Lcepterai avec précaution. 11 ajoute qull diffère îchange, pour ne pas éveiller Tattention des alliés, et Dur pouvoir y comprendre tous les français sans ex- ^ption, aussitôt qu'aura lieu ledit préliminaire, qu'il loncera ainsi en leur cachant la véritable intention une paix définitive. — Je me suis contenté de lui jpondre que j'informerai de tout. Tout cela a été 3rbal.
J'imagine qu'il aura concerté une bonne partie de son lan avec les alliés; qu'on aura celui de laisser la Porte urement passive ; et que ceci, comme la modification du réliminaire, dépend de la situation intérieure et extéeure de la France. On ne croit pas que, dans la camagne de cette année, il y ait un résultat décisif contre onaparte.
Si l'on juge à propos de me donner des instructions, > demande qu'elles soient claires et formelles ; telles ue la gravité de l'affaire et la distance ou l'éloignement exigent*.
(Aff. étr., Espagne, vol. 656.)