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moins consultez vos amis, gens de bien, que vous connaissez pour sincères : demandez-leur ce ({ui leur en coule pour servir Dieu; sachez d'eux s'ils se repentent de s'y être engagés, et s'ils ont élé ou ti'op crédules ou trop hardis dans leur conversion. Ils ont été dans le monde comme vous : demandez-leur s'ils regrettent de l'avoir quitté, et si l'ivresse de Babylone est plus douce que la i)aix de Sion. Non , quel- (|uc croix qu'on soutire dans la vie chrétienne, on ne perd jamais cette bienheureuse paix du cœur, dans la(pielle on veut tout ce que l'on souffre et on ne voudrait aucune des joies dont on est privé.
Le monde en donne-t-il autant ? vous le savez. V est-on toujours content d'avoir tout ce qu'on a. et de n'avoir aucune des choses qui mancpient? Y faiton toutes choses par amour et du fond du co'ur? Que craignez-vous donc ? De quitter ce qui vous «piittera bientôt, ce qui vous échappe déjà à toute heure, ce (pii ne remplit jamais votre co'ur ? Ce qui tourne en langueur mortelle , ce (|ui porte avec soi un vide triste, et même un reproche secret du Ton*! (le la conscience; enfin ce qui n'est rien dans le moment même où il éblouit? Et que craignez-vous ? De trouver une vertu Irop pure à suivre, un Dieu trop
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aimable à aimer, un alliait d'amour qui ne vous laisscia plus à vous-même ni auv vanités cl'ici-bas? Que craignez-vous? De venir trop humble, trop détaclië, trop pur, trop juste, trop raisonnable , trop reconnaissant pour votre Père qui est au ciel ? Ne craignez donc rien tant (jue cette injuste crainte et celte folle sagesse du monde qui délibère entre Dieu et soi , entre le vice et la vertu, entre la reconnaissance et l'ingralilude , enlre la vie et la mort.
Vous savez par une expérience sensible , ce que c'est que de languir faute d'avoir au-dedans de soi une vie et une nourriture d'amour. On est inanimé et comme sans àme , dès qu'on n a plus ce je ne sais quoi au-dedans, qui soutient, qui porte, qui renouvelle à toute heure. Mais qu'aimerez-vous?Ce qui ne vous aime point sincèrement, ce qui n'est point aimable , ce qui nous échappe comme une ombre qu'on voudrait saisir? Qu'aimerez-vous dans le monde? Des hommes qui seraient jaloux et rongés d'une infâme envie si vous étiez content ? Qu'aimerez-vous? Des cœurs qui sont aussi hypocrites en probité qu'on accuse les dévots d être hypocrites en dévotion? Qu'ai- j merez-vous? IJn nom de dignité qui vous fuira peutt^lre et qui ne guérirait de rien voire cœur si vous
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l'obleniez? Qu'aimerez-vous ? L'estime des liommes aveugles , que vous mé|»»'isez presque tous en détail ? Qu'aimerez-vous? Cette bouc qui salit notre raison et qui assujettit l'àuie aux douleurs des maladies et de la mort proehaine? Que ferez-vous donc? N'aimerez-vous rien ? Vivrez-vous sans vie i>iutùt que d'aimer Dieu qui vous aime, (jui veut que vous l'aimiez et qui ne veut vous avoir tout à lui, que pour se donner tout entier à vous ? Craignez-vous qu'avec ce trésor il puisse vous manquer (juehiue chose ? Croyez-vous que le Dieu inliiii ne pourra pas remplir et rassasier votre cœur? Déliez-vous de vous-même et (le toutes les créatures ensemble : ce u'e.t qu'un néant , qui ne saurait sullire au cœur de l'homme fidt pour Dieu; mais ne vous déliez jamais de Celui qui est lui seul loul bien, cl (|ni vous dégoûte miscricordicusement de tout le reste pour vous forcer de venir à lui.
.Misèir l'I IVa^îliito <lii monde.
QiKr.LE doit être notre vie et notre conversation ici-bas, dit un Hpôtrc. puisque les cieux que nous voyons et «ctte (erre (|ui nous porte vont être embrasés par le feu? La lin de tout arrive; la \oila cpii
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Nii'iit , elle est presciue déjà venue. Tout ce qui parait le plus solide n'est qu'une image creuse , qu'une ligure (|ui passe et qui échappe quand on en veut jouir, ({u'une ombic fugitive qui disparaît. C'est donc une pitoyable erreur (jue de s'imaginer qu'on sacrifie beaucoup à Dieu quand on quitte le monde pour lui; c'est renoncer à une illusion pernicieuse; c'est renoncer à de vrais maux déguisés sous une vaine apparence de bien. Perd-on un appui quand on jette un roseau fêlé, qui, loin de nous soutenir, nous percerait la main si nous voulions nous y appuyer ? l'aut-ii bien du courage pour s'enfuir d'une maison qui tombe en l'uine et qui nous écraserait dans sa chute? Que quitle-t-on donc en quittant le monde ? Ce que quitte celui qui , à son réveil , sort d'un songe ])lein d'inquiétude. Tout ce qui se voit, qui se louche, qui se compte, qui se mesure par le tenq)s, n'est (ju'une ombre de l'être véritable. A peine commencel-il à être qu'il n'est déjà plus. Ce n'est rien sacrilier à Dieu rpie de lui sacrilier toute la nature entière ; c'est lui donner le néant, la vanité, le mensonge môme.
D'ailleurs, ce monde si vain et si fragile, est trompeur, ingrat et plein de trahison. 0 combien dure
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est sa servitude ! Enfants des lionimcs , que ne vous coùte-t-il pas i)our le ilatlcr, [>oui' tàeher de lui plaire , pour mendier ses moindres gràees ! Quelles traverses, quelles alarmes, quelles bassesses [nnir parvenir à ee (ju'on n'a point honte d'appeler les honneurs ! Quel état violent , et pour ceux qui s'clloreent de parvenir et pour ecux mêmes qui sont l)arvenus ! Quelle pauvreté effective dans une abondanc3 apparente ! tout y traliit le cœur, jusqu'à l'espérance même dont il parait nourri. Oh ! si je pouvais traîner le monde entier dans les cloîtres et dans les solitudes, j'arracherais de sa bouche un aveu de sa misère et de son désespoir. Hélas ! va-t-oii dans le monde l'étudier de près dans son état le plus naturel, on n'entend dans loutes les familles (|ue 1,'emissemcnts des cœurs oppressés. L'un est dans une disgrâce qui lui enlève le fruit de ses travaux de|)uis tant d'années, et (jui met sa patience à bout ; l'autre soulfre dans sa chari;e des dégoûts et des désagréments ; celui-ci perd , lauti-e craint de perdre ; cet autre n'a pas assez, il est dans un état violent. L'ennemi les [)oursuil tous jub(iue dans les spectacles , et, au milieu des plaisirs, ils avouent ({u'ils sont misérables.
SK FLNKI.O.X.
J.c monde n'est pas seulement Tragile et misérable, i! est encore incompatible avec les viais biens. Ces peines, (pie nous lui voyons soulIVir, sont pour lui le commencement des riouleurs éternelles. Comme la joie céleste se l'orme [>eu à peu, dès cette vie, dans le cœur des justes , où est le royaume de Dieu, les horreurs et le désespoir de l'enfer se forment aussi peu à peu dans le cœur des hommes profanes (psi vivent loin de Dieu. Le monde est un enfer déjà commencé ; tout y est envie, fureur, haine de la vérité et de la vertu , impuissance et désespoir d'apaiser son propre cœur et de rassasier ses désirs. Jésus- Christ est venu du ciel sur la terre foudroyer de ses malédictions ce monde impie , après en avoir enlevé ses élus. Dieu nous a arrachés, dit saint Paul, à la puissance des ténèbres , pour nous transférer au loyaume de son Fils bien-aimé. Le monde est le royaume de Satan , et les ténèbres du péclié couvrent celte région de mort. Malheur au monde à cause de ses scandales ! Hélas ! les justes mêmes sont ébranlés ! 0 ({u'elle est redoutable cette puissance de ténèbres (pii aveugle les i)lus clairvoyants 1 Enfants de Dieu , fuyez cette puissance; elle entrante tout, elle tyrannise, elle enlève les cœurs. Ecoutez Jésus-Christ
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qui ciie : « Ou ne peut servir deux maîtres, Dieu et le monde. » On a oublié qu'être ehrctien et n'être plus de ce monde, e'est essentiellement la même chose. Hélas ! quand vous reverrons-nous, 6 beau.\ jours , ù jours bienheureux où toutes les familles chrétiennes, sans quitter leurs maisons et leurs travaux , vivaient comme nos communautés les plus régulières? C'est sur ce modèle (pie nos connnunantés se sont foimées. Ou se taisait, on priait, on travaillait sans cesse des mains, on se cachait; en sorte que les chrétiens étaient appelés un genre d'hommes qui fuyaient la lumière. On obéissait au pasteur, au père de famille. Point d'autre joie (jue celle de notre bienheureuse espérance pour lavènement du grand Dieu de gloire : |)oinl d'autres assemblées (|ue celles où l'on écoutait les paroles de la foi ; point d'autre festin (|ue celui de lAgneau, suivi d'un repas de ciiarité; point d'autre pompe (jue celle des fêtes et des cérémonies; [)oint daiitre plaisir (pie ct'lui de chanter des psaumes et les sacres canti(pies; point d'autres veilles (jue celles où l'on ne cessait de prier. 0 beaux jours! (piand NOUS reverrons-nous? Qui me donnera des yeux pour voir la gloire de Jérusalem renouvelée? Heureuse la postérité sur la(|uelle reviendront les anciens jours!
"JU lÉMiLO.N.
HoiilH'iir (le crliii (|iii est (Jétaclié du inonde.
Il n'y aura jamais de paix pour ceux qui résilient à Dieu : s'il y a quel(pje joie au monde, elle est réservée à la conscience pure. Toute la terre est un lieu de tribulalion et d'angoisse pour une mauvaise conscience. 0 que la paix qui vient de Dieu est ditterenle de celle qui vient du siècle I elle calme les passions; elle entretient la pureté de conscience; elle est inséparable de la justice; elle unit à Dieu; elle nous fortifie contre les tentations. Cette pureté de conscience s'entretient j)ar la fiéquentation des sacrements; la tentation, si elle ne nous surmonte point, |)orte toujours son fruit avec elle ; la paix de l'àme consiste dans une enlièie résignation à la volonté de Dieu. Marthe^ Marthe , vuus cous inquiétez ci vous vous troublez pour hien des choses; il n'ij en a ([u'une de nécessaire.
Une vraie simplicité, un certain calme d'es[)rit <|ui est le fruit d'un entier abandon à tout ce (pie Dieu veut , une patience et un su[)port pour les défauts du prochain, (pie la présence de Dieu ins[)ire, une certaine candeur et une certaine docilité d'enfant pour avouer ses fautes , pour vouloir en être re-
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[n'ia , et pour se soumettre au conseil des personnes expérimentées, seront des vertus solides, utiles et propres pour vous sanctifier. La peine que vous a\cz sur un grand nombie de choses, vient de ce que vous n'acceptez pas avec assez d'abandon à Dieu tout ce qui peut vous arriver. Mettez donc toutes choses entre ses mains, et faites-en par avance le sacrifice entier dans votre cœur.
De tous les biens que vous devez chercher, le principal est la pai\ dans une conduite simple où on ne regarde jamais l'avenir avec tro]) d'inquiétude. L'avenir est à Dieu, et point à vous : Dieu l'assaisonnera comme il le faut, selon vos besoins; mais si vous voulez pénétrer cet avenir par votie propre sagesse NOUS n'en tirerez aucun liuit que rincpiiétude et la prévoyance de certains maux inevital)lcs. Songez seulement à profiter de chaque jour; chaque jour a son bien et son mal, en sorte même (jne le mal de\icnt souvent un bien, pourvu (|u'on laisse taire Dieu et qu'on ne le prévienne jamais par impatience. Ne craignez rien, cl laissez-le l'aire : évitez seulement, par une occupation douce haufiuille et réglée, la tristesse et l'ennui , (pii sont la plus dangereuse tentation (le votre naturel. Vous serez toujours libre en
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Dieu , pourvu (lUC vous ne vous imaginiez point d'avoir [)erdu votre liberté.
// caut mieux mettre sa co)! fiance dans le Seigneur que de la mettre il(i)is l'homme. Vous vous confiez tous les jours à des amis faibles . à des hommes inconnus, à des domestiques infidèles, et vous craignez de vous fier à Dieu ! La signature d'un iiomme public vous met en repos sur votre bien . et IT.vangile éternel ne vous rassure pas ! Le monde vous promet et vous le croyez : Dieu vous jure, et vous avez de la peine à le croire. Quel malheur pour vous! Rétablissons tout dans l'ordre; faisons avec modération ce (|ui dépend de nous ; attendons sans bornes ce qui dépend de Dieu ; réprimons tout empressement de passion . toute inquiétude déguisée sous le nom de raison ou de zèle. Celui qui en use ainsi s'établit en Dieu et devient immobile comme la montagne de Sion : la confiance pour le salut doit être encore plus élevée et plus ferme. Je puis tout en Celui qui me fortifie. Quand je croyais tout pouvoir je ne pouvais rien ; et maintenant qu'il me semble que je ne puis rien , je commence à pouvoir tout. Heureuse impuissance qui me fait trouver en vous, ô mon Dieu, tout ce qui me manquait en moi-même !
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La pi'éscnce de Dieu conduit à la perfeclion.
I^E véritable ressort de notre perfeetion est renfermé iS® dans cette parole que Dieu dit autrefois à Abraliani : Marchez en ma préspnce et vous serez parfait. La présence de Dieu cabne Lesprit , donne un sommeil trancjuille et du repos , même pendant le jour, au milieu de tous les travaux; mais il faut être à Dieu sans réserve. Quand on a trouvé Dieu d n'y a plus rien à cherciier dans les hommes: il faut faire le sacrifice de ses meilleurs amis : le bon ami est auiledans du cœur; c'est l'époux (jui est jaloux et qui écarte tout le reste.
Il ne faut pas beaucoup de temps pour aimer Dieu, se renouveler en sa présence, pour élever son coMir vers lui ou l'adorer au fond de son cœiii-. pour lui otfrir ce (jue l'on fait et ce que l'on souffre; voilà le vrai roijaituie de Dieu aa-tletlaiis: dr nous . que rien ne peut troubler.
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Quand la dissipation des sens et la vivacité de 1 imagination empochent l'àme de se recneillir d'une manière douce et sensible, il faut du moins se calmer par la droiture de la volonté ; alors le désir du recueillement est une espèce de recueillement qui suffit : il faut se retourner vers Dieu et faire avec une droite intention tout ce qu'il veut que Ton fasse.
11 faut tâcher de réveiller en soi de temps en temps le désir d'être uni à Dieu de toute retendue des puissances de notre âme, c'est-à-dire de notre esprit, pour le connaître et pour penser à lui, et de notre volonté pour l'aimer. Désirons aussi que nos sens extérieurs lui soient consacrés dans toutes leurs opérations; prenons garde de n'être point trop longtemps occupés volontairement, soit au-dehors, soit audedans, à des choses qui causent une si grande distraction au cœur et à l'esprit, et qui tirent tellement l'un et l'autre hors d'eux-mêmes qu'ils aient peine à Y entrer pour trouver Dieu.
Dès que nous sentons ((we quehpie objet étranger nous donne trop de plaisir ou de joie , séparons-en notre cœur; et, pour l'empêcher de prendre son repos dans la créature, présentons-lui aussitôt son véritable objet, son souverain bien , qui est Dieu même. Pour
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peu que nous soyons fidèles à rompre inlcrieurement avec les créatures, c'est-à-dire à empêcher (in'elles n'entrent jusque dans le fond de l'âme, que notre Scij]jneur s'est réservée pour y habiter et pour y être respecté, adoré et aimé, nous goûterons bientôt la joie pure ([ue Dieu ne manquera pas de donner à une âme libre et dégagée de toute alfection humaine.
Quand nous apercevons en nous (juchiues désirs empressés pour quchpie chose (jue ce puisse être , et que nous voyons ([uc notre humeur nous porte avec trop d'activité à tout ce (ju'ii yak faire, ne fût-ce (jua dire une parole, voir un objet, faire une démarche, arrêtons-nous tout court et réprimons la précipitation de nos pensées et Tagilation de nos actions, puis»jue Dieu a ilit lui-même cpie son esprit n'habite point dans le trouble.
Ayons soin de ne pas preuilie trop de part à tout ce qui se dit et se fait , et de ne pas trop nous en remplir, car c'est une grande source de distractions. Dès que nous avons vu cp qiir Dieu dowande do voiis tiauf! rha<nt(> chosp qu'y se présente, bornons-nous là , et séparons-nous de tout le reste. F^ar là nous conserverons toujours le fond de notre àme libre et égal, el nous retrancherons bien des choses inutiles qui
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embarrassent notre cœur et qui l'cmpcchcnt de se tourner aisément vers Dieu.
In excellent moyen de se conserver dans la solitude intérieure et dans la liberté de l'esprit, c'est à la fin de chaque action de terminer là toutes les réflexions , en laissant tomber les letours de l'amourpropre, tantôt de vraie joie, tantôt de tristesse. Heureux à qui il ne demeure rien dans l'esprit que le nécessaire, et (|ui ne pense à chaque chose que quand il est temps d y penser ! de sorte (jue <;'est plutôt Dieu qui en réveille 1 impression pai- la vue de sa volonté qu'il faut accomplir, rpie non pas l'esprit lui-même qui se met en peine de les prévenir et de les chercher. Enfin accoutumons-nous à nous rappeler à nourîmèmes , durant la journée et dans le cours de nos «emplois, par une simple vue de Dieu; tranquillisons par là tous les mouvements de notre cœur , dès que nous le voyons agité ; séparons-nous de tout ce qui ne vient pas de Dieu ; retranchons 1er pensées et les rêveries inutiles; ne disons point de paroles vaines ; cherchons Dieu au-dedans de nous, et nous le trouverons infiiilliblement , et avec lui la joie et la paix.
Dans nos occupations extérieures soyons encore plus occupés de Dieu que de tout le reste. Pour les
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bien faire ^ iHaut les faire en sa présence et les faire loiilcs pour lui. A l'aspect de la niajesîé de Dieu, notre intérieur doit se calmer et demeurer tranquille, liie parole du Sauveur calma autrefois tout d'un coui» une mer furieusement agitée ; un legard de lui \ers nous et de nous vers lui devrait faire encore tous les jours la même cliose. Il faut élever souvent, son cœur vers Dieu : il le purifiera, il le dirigera, ('/était la pratique journalière du saint propliète David : J' tirais loujour-s ^ dit-il , le Seiyneur devant mes yeujc. Disons encore souvent ces belles paroles du même pro|>liète : Qui est-ce que je dois chercher dans le ciel et sur la terre, sinon vous . à mon Dieu ? vous êtes le Dieu de nnni rivur et mon unique parttujc pour jamais.
rdiiliaiKt' en bii'ii . |tro|(tii(lciii de sa inisérii'ordo.
Qu'elle est yrande , la miséricorde du Sci(jneur ! C'est un asile certain pour tons ccu.v qui se tournent vers elle. Oue tardons-nous à nous jeter dans la profondeur de cet abimc ? l'bis nous nous y perdrons avec une confiance pleine damour . plus nous serons en étal de nous sauver; donnons- nous à Dieu sans rcser\c «•( ne craignons rien ; il nous aimcia et nous laimerons ; son amour, croissant cbacpie jour, nous
lieritlia lieu de tout le resle ; il remplira lui seul tout noire, cœur (juc le nioride avait enivré, ajjMlé, troublé, sans le pouvoir jamais remplir ; il ne nous ôtera (pie ce qui nous rend malheureux; il ne nous fera mépriser que le monde, que nous méprisons peut-être déjà ; il ne nous fera faire que la plupart des choses que nous faisons, mais que nous faisons mal, au lieu que nous les ferions bien en les rapportant à lui; tout, jusqu'aux moindres actions d'une vie simple et commune, se tournera en consolation , en mérite et en récompense. Nous verrons en pai\ venir la mort, elle sera changée pour nous en un commencement de vie immortelle; bien loin de nous dépouiller , elle nous revêtira de tout, comme dit saint Paul, et alors nous verrons la profondeur des miséricordes que Dieu a exercées sur notre àme.
Pensez devant Dieu aux effets de cette miséricorde infinie, à ceux dont vous avez déjà connaissance, aux lumières (juc Jésus-Christ vous a données, aux bons sentiments qu'il vous a inspirés , aux péchés (pril vous a pardonnes , aux pièges du siècle dont il vous a garantis, aux secours extraordinaires (|u'il \ous a ménagés. Tâchez de vous attendrir par le souvenir de toutes ces marques précieuses de sa bonté. Ajou-
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kz-y la pensée des croix dont il vous a cliargé pour vous sanctilicr; car ce sont encore des richesses (juil a tirées de la profondeur de ses trésors, et vous les devez regarder comme des témoignages signalés de son amour.
Que la reconnaissance du passé vous inspire de la conliance pour l'avenir. Soyez persuadée , àme timide , (pi'il vous a iro|) aimée pour ne vous pas aimer encore. Ne vous défiez pas de lui. mais seulement de vous-même. Souvenez-vous ((u'il est, connue dit l'apùlre. le Pcrc <h'.s //j/.vé/ /co/v/rv . et le Dieu de t'jule consolai in n. Il sépare (luelquefois ces deux clioses; la consolation se rctiie . mais la miséricorde demeure toujours : il vous a ùté ce qu'il y avait de doux et de sensible dans sa grâce, parce que vous aviez Itesoin d'être humiliée, et d'être punie d'avoir cherché ailleurs de vaines consolations. Ce châtiment est encore une nouvelle profondeur de sa divine miséricorde.
Maniôro iraiinfi hini,
T(»is les hommes doivent savoir cpiils sont indispeusahlemenl obligés «l'aimer Dieu; il faut (pi ils s'instruisent encore quelle e^t la manière dont ils