SITUATION HYGIÉNIQUE DU LOGEMENT
De combien de pièces se compose le logement du ménage ? Nombre de pièces habitées.
Le malade occupe-t-il un lit seul ?
Quelles dimmensions a la chambre du malade ?
Combien de personnes couchent dans la chambre du malade ? Lesquelles ?
Combien y a-t-il de lits pour toute la famille ?
Etat de la literie.
Combien de ménages habitent la même maison ?
La maison possède-t-elle une cour, un jardin ?
La chambre du malade donne-t-elle sur la rue, sur la cour ou sur le jardin ?
Combien de fenêtres a-t-elle ? Peut-on les ouvrir facilement ?
D'où provient l’eau d’alimentation : puits ou eau de la ville ?
S'il y a un puits, à quelle distance est-il des cabinets d’aisance ?
Où et comment se fait la lessive ?
Où et comment sèche-t-on le linge ?
Propreté de la chambre du malade et du ménage ?
Y a-t-il lieu de faire nettoyer et blanchir la chambre du malade ?
Le malade accepte-t-il que l’on nettoie et blanchisse sa chambre et son logement ?
Est-il nécessaire de le faire changer de logement ?
Donc, le malade retourne au dispensaire ; on com-
plète son dossier clinique qui comprend :
1° La mesure de périmètre thoracique ;
2" Le poids ;
3 L'expectoration : nature et abondance des crachats, présence ou absence des bacilles, associations microbiennes ;
4 Le graphique des poumons;
5° L'examen des fonctions de la circulation, celui des fonctions digestives, rénales où cutanées ;
6° S'il y a lieu, l'examen du larynx.
Ce dossier clinique est dressé d'après un modèle uniforme pour chaque malade. Il sera complété chaque mois par un nouvel examen et par l'addition d'un nouveau feuillet relatant l’état des organes, les améliorations ou aggravations survenues. Sur - ce feuillet, les médecins consultants noteront les indications qu'ils jugeront utiles pour l'assistant, en vue des secours à accorder. Chaque mois aussi le malade devra rapporter des crachats qui seront soumis à l'analyse bactériologique.
Si le malade ne revient pas au dispensaire le jour qui lui a été fixé, l'assistant se rend à domicile, s'informe des motifs de son absence, l'amène, s’il y a lieu, à la consultation ou bien fait les démarches nécessaires pour son admission à l'hôpital. »
En dehors des antiseptiques et de l’huile de foie de morue onne distribue pas de médicaments. Si le malade a besoin d'une ordonnance médicale, on le renvoie à son médecin où au médecin du bureau debienfaisance de son quartier. Ainsi le reproche d'enlever aux médecins leurs clients est absolument injustifié.
On s'efforce surtout de faire l'éducation antituberculeuse du malade aussi complète et aussi explicite qu'il est
possible. Les détails'de son instruction sont poussés à l'ex-
DT
trème ; on multiplie les conseils et on a soin de les répéter continuellement.
Avec l'éducation antituberculeuse, l'assistance des indigents est le but essentiel de M. Calmetteet de ses collaborateurs. Si le ménage a des dettes, on les lui paie; sil est menacé d'expulsion, on solde son loyer ; s’il a des vêtements, des meubles au moat-de-piélé, on les retire; silest mal logé, on le case dans un quartier sain, en fournissant les frais de déménagement et le loyer des premiers mois. On distribue la literie, des vêtements, des bons d'alimentation, un crachoir de poche, un crachoirde table, une solution antiseptique, etc … Enfin, frappé de ce fait que les linges souillés de crachats, conservés secs pendant longtemps dans un coin de la chambre, avant le lavage, sont une cause très grave et très fréquente de contamination, M. Calmette a installé dans son dispensaire une
buanderie à désinfeclion :
Chacun de nos malades assistés recevra une boîte métallique avec couvercle, dans laquelle tout le linge sale de la fa. mille sera accumulé. Cette boîte portera le numéro d'ordre d'admission au dispensaire. Le linge sera marqué au tampon au même numéro.
Chaque semaine ou tous les quinze jours, la boîte sera remise au service de blanchisserie.
Le linge, trempé dans un bac contenant une solution antiseptique, sera blanchi à la vapeur dans une lessiveuse désinfectueuse rotative, puis essoré et séché également à la vapeur.
On le remettra enfin plié, mais non repassé, au domicile de son propriétaire, dans la boîle métallique qui le renfermait et qui aura subi elle-même un lavage antiseptique.
MPOTASS
Pour qu'une organisation aussi complexe en tout genre puisse fonctionner convenablement, une installation spéciale s'imposait. En effet, M. Calmette voulut créer un dispensaire-type qui pâtservir de modèle et d'exemple :
« Ce dispensaire construit aussi simplement et économiquement que possible est aujourd’hui presque achevé. Il se compose :
4 D'un petit bâtiment au rez-de-chaussée, de 10 mètres 50 de longueur sur 8 mètres 50 de largeur, divisé en six pièces :
Une salle d’attente pour les malades ;
Deux salles de consultations ;
Une chambre noire pour les examens laryngoscopiques ;
Un laboratoire pouvant servir de troisième salle de consultation.
Un bureau pour l'assistant-enquêteur.
2° D'un sous-sol renfermant un calorifère à vapeur à basse pression.
3’ D'un bâtiment annexe, attenant au dispensaire, et composé de trois salles, également en rez-de-chaussée, où nous aménageons une buanderie.
Cette buanderie comprend :
Une salle de réception et de trempage du linge;
Une salle de stérilisation et de blanchiment avec une lessi” veuse-désinfecteuse et une essoreuse ; |
Un séchoir à vapeur s'ouvrant sur une salle réservée au pliage et à la remise du linge propre. »
Enfin, il nous paraît instructif et nécessaire de reproduire ici l'organisation financière du dispensaire Emile- Roux :
« Les frais de construction etde première installation de notre dispensaire sont entièrement couverts par la somme de 30.000 francs votée à cet effet par le Conseil municipal de Lille.
» Seuls les frais de fonctionnement incombent à l'œuvre, qui devra se procurer par voie de subvention ou de souscriptions publiques ou privées les ressources nécessaires...
» Pendant les quatre premiers mois de fonctionnement, du 4°* février au 1: juin 1901, nous avons admis aux consultations du dispensaire 236 malades. Le nombre des malades reconnus tuberculeux a été de 157. Tous ont reçu des crachoirs de poche, des crachoirs de table et des antiseptiques. Ils reviennent périodiquement se faire examiner et on leur donne pour eux-mêmes et pour leur famille les conseils que nécessite leur état.
67 d'entre eux avaient un besoin urgent d'assistance matérielle. On leur a fourni Lout ce qui leur était nécessaire pour leur permettre de s’alimenter, de se loger et de se vêtir. Les autres ont été recommandés au Bureau de bienfaisance ou à leurs patrons.
Le nombre et le coût des malades assistés chaque mois, du A Février au 1‘ Juin, ont été:
En Février, 31 malades assistés qui ont coûté ensemble 1.253 fr.52 soit en moyenne 40 fr. 43 par malade.
En Mars, 53 assistés qui ont coûté ensemble 957 fr. 99 soit en moyenne 18 fr. 43 par malade.
En Avril, 59 assistés qui ont coûté ensemble 1.359 francs, soit en moyenne 23 fr. 20 par malade.
En Mai, 52 assistés qui ont coûtéensemble 1.240 fr. 53, soit en moyenne 23 fr. 05 par malade,
Nous avons dépensé au’total. 4.811 fr. 0% Et par mois en moyenne . .. 1.202 » 76
Il faut ajouter à cette somme 600 francs (150 francs par mois pour le traitement de l’enquêteur) et 30 francs pour les crachoirs antiseptiques, imprimés, etc., ce qui porte à 5.711 fr. 04 les dépenses faites pour le fonctionnement de l'Œuvre pendant quatre mois, et à 1.427 fr. 76 la moyenne mensuelle de ces dé: penses ; autotal, environ 18.000 francs par an, non compris les frais du service médical actuellement non rétribué.
Pendant cette période de début, nous avons dû ménager rigoureusement nos resources ; mais, pour réaliser pleinement le but que doit poursuivre le dispensaire, il faudrait que nous puissions fournir à tous les tuberculeux pauvres les secours matériels quileur sont nécessaires, à eux el à leurs familles.
Ces secours devraient comprendre:
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Le loyer payé directement au propriétaire, soit en moyenne 12 francs par mois ;
Des bons d'aliments représentant pour le malade seul 2 francs par jour, et 0 fr. 50 de supplément pour chaque membre de la famille condamnée au chômage par la maladie de son chef ;
Le blanchissage gratuit du linge, évalué à 1 franc par mois ;
La fourniture da charbon pour le chauffage et la cuisine, % francs par mois.
L'entretien de la literie et des vêtements, 3 francs par mois; soit au total 80 francs au minimum par malade assisté, et par mois
Le but que nous nous proposons ne sera atteint que lorsque nous serons en mesure d'assister complètement fous les tuberculeux que le chômage forcé condamnerait à la misère:
Pour la seule ville de Lille, on peut estimer à 600 environ par anle nombre des malades auxquels cette assistance devrait être assurée.
Ou peut admettre qu2 chaque malade a besoin de secours complets ou partiels pendant une moyenne de quatre mois, de sorte qu'il y aurait à assister 40 malades par mois à 80 francs parmalade, y compris l'assistance familiale.
C’est une dépense mensuelle de 3.200 franes, soit 40.000 francs par an, que lebudget de la charité publique ou privée doit prendre le plus tôt possible à sa charge, dans l'intérêt des tuberculi sables plus encore que dans celui des tuberculeux eux-mêmes ».