Arch. Manche L I
. Arch. Nationales F 19 1012 (Manche).
. Arch. Manche L 56 Reg. directoire départ. f° 116.
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nut le catholicisme, elle lui emprunta l'éclat de son culte ; lorsqu'elle cessa de le reconnaître, elle eut encore des fêtes, puisque même elle en créa, telle celle des (€ Animanx amis de l’homme ». Si sur cette dernière on ne trouve pas de documents dans le district de Saint-Lo, on a, par contre, nombre de compte-rendus des cérémonies qui accompagnèrent la plantation des Arbres de la Liberté, la commémoration des grandes journées, la célébration des victoires.
Le 7 mai 1792, le Conseil de la commune de Saint-Lo, cédant aux instances de la société des Amis de la Constitution, avait autorisé la plantation d’un arbre de la Liberté sur le Champ de Mars !. Cette plantation eut lieu le 20 mai. Toutes les autorités civiles et militaires y assistaient : le maire et les officiers municipaux, les membres du Directoire, les membres du tribunal du district, du tribunal de paix et de conciliation, les Amis de la Constitution. Les compagnies de la garde nationale et les compagnies de grenadiers du bataillon de l'Eure avec leur musique, entourant les autorités, les accompagnèrent sur le Champ de Mars. Plusieurs salves de coups de canons furent tirées à leur arrivée. On forma le carré autour de l’Arbre et les autorités prirent place au milieu. Il y avait une quantité prodigieuse de spectateurs. Les membres des différents corps civils et militaires « s’empressèrent à l’envi les uns des autres, d’aider de toutes leurs forces à l'élévation de l’Arbre de la Liberté orné des trois couleurs nationales, et portant pour devises : d’un côté: Mort aux Tyrans; de l’autre : « Soumission à la Loi, Union fraternelle ». On prit des pelles et des pioches pour accélérer la plantation € au milieu des cris de joie et de l’air si joyeux : Ça ira, ça ira ! ». « On n’a entendu que des cris de joie qui était peinte sur le visage de tous les
1. Arch. municipales Saint-Lo. D 29, Reg. 42, Reg. délibér. Conseil général Saint-Lo du 4 nov 1791 au 3 nov. 1792, fo 52,
spectateurs et assistants, témoignage de leur satisfaction et soumission aux lois ». Le maire et le président de la Société des Amis de la Constitution, prononcèrent des discours, après lesquels le cortège retourna à la maison commune !.
Le 7 octobre suivant, un Arbre de la Liberté fut planté à Cerisy avec le concours du clergé. Accompagné de la garde nationale, le Conseil de la commune se rendit sur la place au son du tambour. L’aumônier de la garde célébra une messe basse sur l'autel de la Patrie. Le maire harangua le peuple et les serments furent à nouveau prêtés par le clergé et la garde nationale. On planta l'arbre. Après les versets et répons liturgiques, le cortège se rendit processionnellement dans la cour de la ci-devant Abbaye où le maire alluma un feu de joie. Le Te Deum fut chanté. Ii y eut des décharges de la
garde nationale. Enfin plus de 200 citoyens réunis à la halle
aux grains prirent part à un repas qui clôtura la fête
À Condé-sur-Vire, la plantation de l’Arbre de la Liberté eut lieu le 30 pluviôse an II. Pour se le procurer, on s’adressa à un vieillard de 72 ans qui répondit qu'à son âge «il était heureux de participer à une si belle fête et qu'il se félicitait d’avoir assez vécu pour voir renaître le genre humain dans ses droits ». La municipalité fit la proclamation suivante: « Cet arbre est la représentation de la Liberté, de l’Egalité, qui anéantit tous les despotes, la féodalité, la gabelle et les aides. Rallions-nous donc en frères autour de cet arbre et ne faisons plus qu'une même famille. Que toute discussion cesse dès cet instant. Unissons-nous pour vaincre les rois coalisés et étouffer toute guerre intestine qui cherche à anéantir et à ébranler
notre Constitution pour nous faire rentrer dans l'esclavage
1. Arch. municipales Saint-Lo, D 29, Reg. 42, (cit.) f° 55-56. 2. Arch. municipales Cerisy-la-Forêt, 2e Reg. Conseil général Cerisy, fo 134.