CHATS
dont nous sommes sortis. Que cet arbre et le bonnet de la Liberté soient respectés. Si contre toute attente 1l existe quelques malveillants qui eussent la témérité de l’insulter soit par mépris ou en le mutilant, nous promettons que cette atteinte ne restera pas impunie ». Il serait pris des mesures non seulement contre les coupables, mais contre ceux qui, les connaissant, ne les auraient pas dénoncés !.
A Saint-André-de-lEpine, le 20 ventôse an Il, on planta un «arbre chêne dédié en qualité d'arbre de la Liberté dans le haut duquel arbre a été attaché le bonnet de la Liberté et ruban tricolore ». « Cela à été fait avec tout le civisme de bons patriotes et avec toute précaution possible » ?.
Des cérémonies analogues eurent lieu dans les autres communes. À Cerisy, én raison de la lutte des sociétés populaires, l'arbre planté par la « ci-devant Société Populaire » fut abattu pour êlre remplacé par un nduveau. La fête se termina par une ronde (20 ventôse, an IL) ?.
La nouvelle de l’arrestation du roi à Varennes fut célébrée à Saint-Lo par des sonneries de cloches et des salves d’artillerie, le 26 juin 1791 #.
La proclamation du décret de la Convention abolissant la royauté fut célébrée le 1‘ et le 2 octobre 1792 à Saint-Lo par des illuminations, des coups de canon et des sonneries de l’horloge 5. A Torigni, on lut le 27 septembre, au pied de l’Arbre de la Liberté, la lettre annonçant cette nouvelle 6.
En exécution du décret de l’Assemblée du 28 septembre
1. Arch. Municipales Condé-sur-Vire reg. municipal paroisse Condé sur- Vire (1792 an IV) f0 85.
2. Arch. Municipales Saint André-de-l'Epine, reg. municipal Saint-Andréde-l'Epine, fo 56.
3. Arch, Municipales Cerisy-la-Forêt, 2e reg. Conseil général Cerisy fo 83. 4. Ibid. Saint-Lo, reg. délibérations Conseil général Saint-Lo, D 28, fo 104. 9. Arch. Municipales Saint-Lo, D 29, reg. 42, fo 130. 6. Ibid. Torigni-sur-Vire, reg. Conseil général Torigni, f° 95.
1792 et de l'arrêté du Département du 16 octobre relatif à la célébration d'une fête civique à l’occasion de la victoire des Français en Savoie, le Conseil de la commune d’Agneaux fut accompagné de la garde nationale et d’un grand nombre de {jeunes citoyennes vêtues en blanc avec ceinture et cocarde aux trois couleurs, lesquelles ont chanté l’hymme des marseillais, depuis la place du Bourg-Buisson jusqu’à l’arbre de la Liberté ». On fit le tour de l’arbre. On forma le cercle devant. On chanta « tout son content ». Enfin on se retira tambour battant, toujours en chantant »!.
À Saint-Lo, la fête du 28 octobre fut fort brillante. Les autorités judiciaires, civiles et militaires y prirent part ainsi que les membres de la Société des Amis de la Constitution, de la liberté et de l'égalité. Cette société « arborait une bannière ronde. Sur l’une des faces à quatre couleurs, on lisait : « Nous ne différons qu’en couleur; sur l’autre aux trois couleurs avec un point central figurait cette autre devise : « La Nation et la Loi nous rendent égaux ». Dans l’assistance on remarquait un grand nombre de citoyennes de la ville habillées en blanc avec des ceintures ou cocardes tricolores. Quelques-unes étaient coiffées du bonnet de la liberté richement décoré. À leur tête était portée une pique aux trois couleurs, ornée d’une belle cocarde, de rubans flottants, et surmontée du bonnet de la liberté avec les mots Liberté, Egalité ». Cette pique confiée au citoyen Pouchin, professeur de philosophie, avait été donnée par la citoyenne Dubuisson et plusieurs autres femmes « vraies patriotes assistant régulièrement aux séances des Amis de la Constitution, pour faire l’ornement de la Société ». Les airs du Cà ira, çà ira ! étaient répétés par les citoyennes et ensuite par
tout le monde. Les sonneries de l'horloge alternaient avec les
coups de canon.