‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 117 sur 314 · Arch. Municipales Agneaux, reg. municipal Agneaux, f · texte numérisé non relu

Arch. Municipales Agneaux, reg. municipal Agneaux, f

Sur le Champ-de-Mars, une foule de spectateurs attendaient le cortège autour de l'arbre de la Liberté. Des cris de « Vive la République ! Vivent les représentants de la Nation ! » éclatèrent. « Une joie des plus parfaites était peinte sur les visages. Tout annonçait la plus profonde satisfaction. Mais au moment où l’on se préparait à faire l’ouverture de cette auguste fête civique, le ciel qui était alors serein, est devenu sombre ; un nuage épais a couvert l'horizon et une pluie abondante est tombée. Elle a duré environ une demi-heure. Le temps étant devenu plus calme, des cris d’allégresse ont commencé à retentir dans les airs. A l'instant, les citoyennes ont fait l'ouverture de cette fête civique en chantant l'air des braves Marseillais. Leurs voix mêlées à l'accord des instruments les plus doux, faisaient un effet des plus charmants, ce que tous les citoyens répétaient à chaque strophe. Ensuite les citoyens Courtin, président du directoire du district, Pouchin, membre de la Société des Amis de la Constitution et Oury, maire, ont prononcé chacun un discours plein de civisme et dans lesquels ils ont peint les sentiments que doivent avoir des gens rendus à la liberté ne formant plus qu’une république composée de frères et d’amis. A la fin de chaque discours, la musique jouait d'accord avec les citoyennes une chanson patriotique. Ces discours prononcés, le citoyen Le Monnier, curé de Montmartin, district de Carentan, dont les sentiments sont au-dessus de tout éloge, a chanté une chanson de sa composition qui a été fort applaudie et n’a rien laissé à désirer pour mériter la confiance et l'estime de l'assemblée. Le cortège s’est ensuite mis en marche et en passant devant l'artillerie, trois des citoyennes portant une mèche allumée d’une main ferme et hardie, vinrent remercier le Tôut-Puissant de nous délivrer de la tyrannie et de ce que nous n’habitions plus qu'une terre libre. » Toutes les principales rues de la ville furent traversées

par le cortège qui passa ensuite par le siège de la Société des Amis de la Constitution. La cité entière fut illuminée « avec des emblèmes conformes à la circonstance » A 10 heures du soir eut lieu le feu d’artiñce. ! ù

La fête de l’Unité et de l’Indivisibilité fut célébrée le 10 août 1793 à Saint-Lo avec éclat. La (municipalité eut voulu réunir ce jour-là « au chef-lieu » tous les citoyens du district pour se jurer fraternité, mais le défaut de subsistances empècha l’exécution de ce projet. Le Conseil du district, celui de la commune, les membres des tribunaux du district et de paix, du bureau de conciliation, les officiers supérieurs de la légion du Nord, les membres de la Société populaire se réunirent dans la salle des séances de l'Administration du district puis dans celle plus vaste et plus commode de la société populaire. Ils y trouvèrent un grand nombre de citoyens et de citoyennes de tout âge tenant en main des branches de chêne. Ces citoyens et citoyennes se distribuèrent dans l’ordre suivant qu'ils conservèrent pendant toute la marche : 1° Groupe. — Vétérans armés d’une pique et décorés d’une ceinture tricolore, marchant en tête. Le plus âgé tenait une pique surmontée du bonnet de la liberté avec une inscription ?; deux vieillards, avec un enfant entre eux, suivaient. 2° Groupe. — Jeunes garçons en uniforme armés d’un sabre. L’un d’eux avait une pique surmontée du bonnet de la liberté avec une inscription ?. Deux autres accompagnaient et guidaient un vieillard. 3° Groupe. — Jeunes garçons au-dessous de 12 ans. L’ainé, avait entre les mains une pique légère surmontée du bonnet de la liberté avec une inscription # Deux vieillards précédaient les adolescents. 4° Groupe. — Nombreux musiciens. Ils exécutèrent, durant la

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