‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 118 sur 314 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

marche, des airs patriotiques. 5° Groupe. — Jeunes citoyennes couronnées et portant des branches de chêne, vêtues de blanc et ceintes d’une ceinture tricolore. L'une d’elles portait une bannière aveë cette inscription :

« L'amour en ce moment, nous conduit et nous lie,

« Mais c’est, nous le jurons, l’amour de la Patrie ».

6° Groupe. — Mères de famille tenant d’une main une petite fille, de l’autre un bouquet d’épis. Vétements blancs, ceintures tricolores.

Le président de l'administration s’avançait à la suite des musiciens. C'était à lui qu'avait été remise la table sur laquelle étaient gravés les Droits de l'Homme et du Citoyen et l’Acte Constitutionnel. Les autorités constituées, les membres de la société populaire, formaient avec la garde nationale et l’escadron de dragons, une double haie des deux côtés de ces différents groupes. |

Le cortège arrivant sur le Champ de Mars, passa sous le niveau de l’Egalité placé à l'entrée. Il fut bientôt annoncé par les cris mille fois répétés : de Vive la République! Vive la Constitution ! Vive la Convention Nationale !.…. Les trois bataillons de la garde nationale'du canton, l’escadron de dragons et la gendarmerie formaient un carré sur la place. Au milieu, l'autel de la Patrie supportait l’arche destinée à renfermer le livre sacré de la Constitution. Les différents groupes étaient rangés chacun sous un arc de triomphe. Sur les degrés de l'autel, le président prononça un discours enflammé. Il célébra la Souveraineté du Peuple et les lois terrassant l'anarchie. De toutes parts s’élevèrent les acclamations du peuple jurant de vivre libre ou de mourir et de maintenir l’unité de la République.

Ce fut ensuite toute une succession de haltes accompagnées de discours :

Au haut de la rue du Neufbourg, balte et discours du

maire. Halte rue Saint-Thomas et discours du président du bureau de conciliation. Halte et discours du président du tribunal, au haut de Torteron. Halte et discours du juge de paix à l’hospice national. Halte et discours du président du comité de surveillance au haut de Saint-Georges. Halte et discours du président de la société populaire au centre de la ville et avant la rentrée dans les bâtiments du district pour y déposer l'arche qui doit y être conservée. À chaque station, il y avait des arcs de triomphe avec des emblêmes et inscriptions.

Au cours de ce défilé qui dura environ 4 heures, les citoyens chantaient des hymnes, les cloches sonnaient, le canon tonnait. Les titres de la féodalité, entassés sur un chariot. furent jetés sur un bûcher dressé sur le Champ de Marr Autour de cet autodafé, on exécuta danses et farandoles. a Société populaire termina la journée par une séance d’hymnes !.

La fête du 10 août 1793 fut supprimée à Agneaux en raison de la situation économique. Le Conseil de la commune «se voyant entouré d’un grand nombre de peuple que la disette et le malheur inquiète et afllige » avait cru préférable de ne pas détourner les citoyens de leurs travaux essentiels à la récolte et de distribuer aux nombreux indigents de la commune l'argent des frais de la fête ?.

A Tessy, par contre, non seulement on célébra la fête du 10 août où une cinquantaine de citoyens mangèrent ensemble «le morceau de l'unité et de la fraternité», mais quelque temps après, à la suite d’une pétition, on la renouvela ÿ.

La reprise de Toulon fut célébrée avec enthousiasme à Remilly. On profita de cette fête pour planter lArbre de la Liberté. On chanta « l'hymne des Enfants de Marseille »,

1. Arch. Manche, L II 1006, Reg. Conseil district, fos 39, 42, 43, 44. 2. Aréh. Municipales Agneaux, reg. municipal Agneaux, fo 34.

3. Arch. Municipales Tessy Reg. municipal bourg et paroisse Tessy (1790-an IT), fo 335,

d’autres chants civiques. Des discours furent prononcés. Les salves d'artillerie éclatèrent de toutes parts !.

A Percy, après lecture des détails relatifs à cette victoire «on s’est rendu, le cœur plein d’allégresse, au pied de lArbre de la Liberté où on a dressé un bücher auquel le feu a été mis avec des titres féodaux. Tant qu’il a duré, divers citoyens ont chanté des hymnes à la Liberté dont le refrain a été répété par tous les assistants » ?.

A Condé-sur-Vire la fête fut moins brillante. « L'heure pressant pour se retirer, on n’a pu chanter » ?.

À Agneaux, les chants patriotiques se succédèrent .

La fête de l'anniversaire de la mort de Louis XVI fut célébrée conformément à l'arrêté du représentant du peuple Bouret. Le 20 pluviôse, les autorités se réunirent dans la salle de la société populaire. On se rendit à 10 heures sur le Champ de Mars où la troupe soldée et non soldée était rangée en bataille, puis on alla au temple de la Raison et le maire A pr'ononça un discours. La fille cadette du citoyen Burnel, membre de la société populaire, fit une quête 5. A Percy, il y eut à cette occasion un nouvel autodafé de parchemins féodaux. On dansa « la carmagnole à tour de rôle au pied de l'Arbre de la Liberté. La fête s’est terminèe, dit le compte-rendu, ‘par boire quelques verres à l'ombre de l'arbre vainqueur. Il à été porté différents toasts, les premiers à la déesse de la Liberté, à la Nation, à la Convention Nationale, ce qui a duré jusqu’à la nuit 6. À Agneaux, des chansons patriotiques furent chantées À nt Arch. Municipales Remilly Reg. délibér. municip. Remilly (1791-an IV),

2. Arch. Municipales Percy Reg. délibér. conseil générai Percy, non folioté.

3. Arch. Municipales Condé-sur-Vire Reg. Municip. paroisse Condé- sur- Vire (1792-an IV), fo 81,

:. Arch. Municipales Agneaux Reg. Municip. Agneaux, fo 47.

9. Arch. Municip. Saint-Lo Reg. délibér. consl général Saint-Lo D 31, fo 77. 6. Arch. Municipales Percy Reg. délibér. conseil général Percy, non folioté.

par « d’aimables citoyennes !. A Remilly, l’instituteur, dont les harangues ne se comptaient plus, prononça un discours sur la haine des rois et la manière de célébrer les jours de repos par des fêtes ?

L'anniversaire de la journée du 10 août, commémoré le 23 thermidor an Il, surpassa encore en éclat la fête du 10 août 1793 à Saint-Lo.

Dès 6 henres du matin, la générale était battue par tous les corps militaires. La gendarmerie à pied et à cheval était sous les armes. Le commandant de la force armée avait rassemblé toutes les troupes sur le Champ-de-Mars pour 8 heures. Les étendards tricolores flottaient sur toutes les maisons des citoyens. Le rassembleraent général se fit à la Société Populaire pour les corps constitués, les citoyennes qui marchaient parmi eux et pour les membres de la Société. Les autres citoyens et citoyennes se rassemblèrent sous leurs bannières respectives, en face la Société dans la rue. Là, les commissaires nommés par la municipalité et la Société Populaire, organisèrent le cortège. L'ordre de la cérémonie était le suivant : La gendarmerie à cheval ouvrait la marche. Suivaient les détachements de la garde nationale et des troupes soldées en ordre de bataille précédés de leurs tambours. Venait ensuite la Société Populaire avec une bannière décorée de ces deux inscriptions, d’un côté « Société Populaire », de l’autre « Les rois et les grands passeront, le peuple seul ne passera jamais ! ». La Société marchait sur quatre personnes de front. Au milieu de ses membres auprès du président, était

portée une bannière couronnée de cyprès et de fleurs sur

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