Ibid. L II 1014, Reg. cit. fos
naître; qu'il tend à opérer un soulèvement contre une constitution qui rétablit l’homme dans ses droits, qui la délivré du despotisme, qui a supprimé les abus et dont il éprouve chaque jour les salutaires effets ; qu’il tend à égarer ceux qui ont obéi ou qui seraient dans l'intention d’obéir à la loi du serment et former un parti pour s’armer contre les lois sages et bienfaisantes établies par les représentants de la nation, sanctionnées par le meilleur des rois, reçues avec enthousiasme, acclamation et reconnaissance et exécutées dans toutes Îles parties de l’Empire; qu’il tend à détruire et à éloigner le peuple de la confiance qu’il n’a pas cessé de témoigner à ceux de nos ecclésiastiques qui, sincérement attachés à notre sainte religion, ont manifesté leur fidélité et leur patriotisme ».
L’adhésion était ainsi formulée : « Les signataires se déclarent d'esprit et de cœur avec Sa Grandeur l’évêque de Bayeux dans sa déclaration aux Administrateurs du district de Bayeux. [ls n’attesteront pas par serment qu'ils sont prêts à soutenir de tout leur pouvoir une constitution qu'ils croient, avec la plus saine partie des Evêques et du Clergé, contraire à la foi et à l'autorité de l'Eglise, quoique ceux qui réclament ce serment protestent eux-mêmes qu'ils ne prétendent attaquer ni l’une ni l’autre. La Constitution ecclésiastique est nettement opposée à la croyance de nos pères dans laquelle noùûs voulons vivre et mourir ».
« S'il n’était question que d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi, ils ne protesteraient pas. Personne n’est plus dévoué qu'eux au roi et à la France. Quoiqu’en dise la calomnie, ils ont fait sans murmurer le sacrifice d’une partie de leur fortune. Que les détracteurs du clergé français interrogent nos paroïssiens ; ils leur répondront que nous les avons toujours exhortés à la paix, l'union, la concorde et à attendre avec confiance l’heureux eflet des travaux de la nation assemblée.
« Ils respectent infiniment la loi sans laquelle il n’y a ni propriété, n1 paix des familles, ni vie des citoyens, ni bonheur des Etats.
« Ils donneront toujours l'exemple de la soumission en tout ce qui n’est point dans cette Constitution de nature à inquiéter et à alarmer les consciences les plus éclairées. Ils ne peuvent accepter cette législation en tant qu’elle porte atteinte à la foi et à la discipline de l'Eglise dont le pape est le chef sur la terre.
€ En rendant publique leur profession de foi, ils ne veulent nullement exciter le feu de la discorde. Ils réclament chaque jour au Ciel la paix dans leurs prières. Mais ils tiennent à prémunir le peuple contre la scandalense désertion de quelques-uns qui, subjugués par de frivoles erreurs et esclaves de l'intérêt du moment, ont rougi de Jésus-Christ. Ils désirent que les fidèles ne reconnaissent que lui seul comme évêque. Quiconque prétendrait s'asseoir sur son siège ne peut être l’envoyé de Jésus-Christ, ni posséder aucune juridiction spirituelle. Les actes du ministère que les intrus exerceraient ne seront qu'une suite de profanations et d’attentats dont tout l’effet, par rapport aux fidèles, serait de tromper leur imprudente :onfiance ». Suivent les signatures f.
Le 30 mars, le Directoire du département intervenait par un arrêté. Il enjoignait aux ecclésiastiques assermentés du département dont la signature se trouvait au bas du hbelle de donner un désaveu formel de ces signatures ?.
Le 19 avril, le District envoyait au Département une lettre du curé de Saint-Jean-des-Baisants relative à son refus de lire la lettre pastorale de M. Bécherel ?.
4, Au total 64 signatures. Arch. Municipales Torigni-sur-Vire, Reg. du Conseil général de Torigni, D I, no 1, fo 168 à 172.
Nora. — Il n'existe aucune trace d’une adhésion du doyenné de Couvains qui relevait également de l'évêché de’ Bayeux (Abbé Sevestre).