‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 143 sur 314 · Arch. Manche, L II · texte numérisé non relu

Arch. Manche, L II

4. Arch. municipales Saint-Amand, Reg. actes et délibérations de Saint- Amand (1790-1792), f» 93,

a réellement produitle renversement de la religion et, par suite, celui des mœurs, qui ne pourraient jamais se soutenir, dans un grand Etat que par elle » !.

Cette longue justification parfois singulièrement subtile, peignait ainsi la situation : « L'église paroissiale est devenue déserte ; les offices paroissiaux ont été scandaleusement abandonnés et par les prêtres apostats, et par les personnes qu’ils sont venus à bout de séduire... Comme citoyen, fidèle à mes serments, je dois sans doute tolérer, protéger la liberté de conscience et l'exercice de tout culte quelconque... Comme pasteur, je dois précautionner mes brebis contre des pâturages empoisonnés, surtout ne pas les confier à des bergers infidèles… Mais en vous défendant du genre de séduction employé par les mécontents de la Révolution, tenez-vous également en garde contre celui bien plus dangereux pour la multitude, mis en usage par les amis exagérés de cette même Révolution qui sont les ennemis les plus perfides de la Constitution et du bonheur public ? ». Il apparaît que la conduite de Moriet était critiquée, comme il le dit dans son Adresse, par les deux partis extrêmes.

Le 12 décembre, le Directoire du district décida d'envoyer un fort détachement de la garde nationale pour protéger le curé constitutionnel de Montrabot et demanda au Directoire du département de statuer à ce sujet. La commune de Montrabot était invitée à ouvrir sans délai le registre destiné à l’inscription des citoyens qui devaient remplir les fonctions de garde national ?.

Le 31 décembre, le Directoire du district ordonnait à la

municipalité de remplacer la maîtresse d'école de Cavigny qui

4. Arch. Municipales Saint-Lo, Reg. délibérations Conseil général Saint-Lo, du 4 novembre 1791 au 3 novembre 1792, fos 22 el 23

2, Arch. Nationales, D XL-3.

3, Ibid. Manche, L II 1015, Reg. directoire district, f0 76 à fo 78, inclus.

avait refusé de prêter serment conformément à l'arrêté du Département du 29 juin précédent !.

Au début de 1792, les troubles religieux persistèrent. Le 3 février, deux officiers municipaux de Guilberville vinrent prévenir le Directoire du district de l’accroissement du désordre dans leur commune. Le ci-devant vicaire de Condé-sur-Vire se permettait d'y tenir une école publique. Après la classe, les enfants qu’il instruisait, assaillaient les enfants fréquentant les lecons du maître d’école de la paroisse. Il est permis € sans doute, aux parents de confier Péducation de leurs enfants à qui bon leur semble, conclut le Directoire, mais si un citoyen ouvre des écoles publiques, le bon ordre publie exige qu’il les tienne sous l'autorité de Ia Loi, que les principes qu'il y professe soient connus, et surtout que la tranquillité publique n’en soit point altérée ». Il recommanda en conséquence à la municipalité de Guilberville « de veiller à une cessation immédiate de cetenseignement dont elle lui rendrait compte? ».

Il fallut envoyer au Perron un oflicier de la gendarmerie nationale pour réprimer leffervescence au moment du service divin à.

Le curé constitutionnel de Montrabot avait toujours des difficultés avec les prêtres non conformistes. Le Directoire du district le 24 février, autorisa ces derniers, sauf avis ultérieur du Département, à continuer leurs dévotions en se conformant aux règlements non abrogés et à l'arrêté du Département de la Manche. Ils diraient leur messe aux heures fixées par le curé qui ne pourrait, jusqu'à Pâques prochain, les fixer avant la cinquième heure du matin. Le Directoire loua le zèle du capitaine de la garde nationale tout en le rappelant « dans le

1. Ibid. Reg. directoire district, fo 76 à fo 78, inclus. 2 Arch. Manche, L II 4023, Reg. pour la transeription des arrêtés 4

février 1792.

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