‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 145 sur 314 · Arch. Manche, L II · texte numérisé non relu

Arch. Manche, L II

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pays administratif et parlementaire. Jusqu’alors les insermentés pouvaient dire leur messe à l’église constitutionnelle. Cette faculté ne leur était plus laissée. Le 24 mars trois prêtres de Saint-Louet non assermentés réclamèrent par pétition l’autorisation de célébrer leur messe à l’église. Le Directoire du district estima que l’église devait leur être fermée, adoptant l'avis du curé de la paroisse : « Les opinions religieuses sont libres, mais la concorde doit habiter dans le temple de lEternel; nos autels ne sont point offerts à des sectes différentes f.

Alors en présence de cette opposition, des particuliers installèrent des chapelles ou bien ouvrirent aux catholiques fidèles au clergé insermenté leurs chapelles privées déjà existantes ; c'est à ces chapelles que le Département faisait allusion dans une lettre du 28 mars.

Ce dernier refuge du culte proscrit rencontra à son tour des obstacles. Le « ci-devant seigneur » de Saint-Jean-des- Baisants, Le Provost, ouvrait sa chapelle aux fidèles et son chapelain y célébrait les offices. Le Directoire, le 22 août, lui défendit de la livrer « à ces assemblées dont le monde met la tranquillité publique en péril » *. Le 26 avril, le Directoire du département ajoutait que les délinquants seraient poursuivis ?.

Aux yeux de l'Administration, il y avait cependant à conjurer un plus redoutable danger que celui de la chapelle du sieur Le Provost. Au milieu des prairies du Dézert s'élevait une chapelle d’un autre genre. Elle était le sanctuaire vénéré et populaire d’un saint, de Saint-Ortaire, auquel les mères apportaient leurs petits enfants malades, dont elles lui demandaient la guérison. Une maison située non loin était habitée par

le chapelain et par un garde qui recevait les pélerins. Le tout

1. Arch. Manche, L II 1023, Reg. pour la transcription des arrêtés 24 mars 1792.

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