Ibid. L II 1015, Reg. directoire district, fo
à la plainte des officiers municipaux qui réclamaient qu'elle fut chassée de la paroisse f.
Au Chefresne, certains habitants se portaient à des Vi0lences sur les dissidents. Le Directoire du département prescrivit à la municipalité de contenir ces perturbateurs et de les traduire devant le juge de paix en cas de irouble ?.
Le 9 avril, le Corps municipal de Saint-Lo était informé que par suite de « l’effervescence qui depuis longtemps agite et trouble la cité, nombre de citoyens ont formé le projet de se porter ce matin aux églises des divers établissements religieux avec des intentions moins que fraternelles et paisibles ». Il ordonnait donc immédiatement la fermeture des églises des trois couvents de la ville. Le Département statuerait ensuite ?.
Loin de se calmer, l'agitation augmentait, et cependant, le district de Saint-Lo, en 1792 comme en 1791, restait beaucoup plus calme que le district d’Avranches situé aux confins de la Bretagne. Le 4 mai, le Directoire du département, dans une lettre au ministre de l'Intérieur, ne dissimulait pas son inquiétude au sujet des troubles religieux. Il ne s'agissait plus seulement d'empêcher les réfractaires de répandre l'hostilité contre la Constitution, il fallait réprimer les citoyens trop zélés, « égarés » qui poursuivent les prêtres réfractaires et leurs sectateurs qui sont l’objet de violences et de mauvais traitements ». « Ces troubles augmentent et se multiplient chaque jour, déclarait le Directoire du département. Nous épuisons tous les moyens de la persuasion pour contenir dans les bornes du devoir et dans le respect dû à la loi, une multitude égarée qui
souvent croit servir la Constitution au moment même où elle
1. Arch, Manche. L II 1042, reg. administration gle no 304. N. B. — Ce registre n'est numéroté par fo que jusqu'au fo 37. 2. Ibid. L 53, reg. cit fo 174-175.
3. Ibid. municipales, Saint-Lo, D 29, reg. 42, reg. délibérats cons! générl Saint-Lo du 4 novembre 1791 au 3 novembre 1792, fo 44.
Ds
en viole les principes les plus sacrés. Nous ne négligerons point d'employer le secours de la force publiqne que nous aurons à notre disposition ! ».
Le procureur de la commune de Condé-sur-Vire, peignait la situation du pays de la manière la plus alarmante, le 27 mai. Le nombre des prêtres réfractaires augmentait chaque jour à Condé, et au lieu d'assister aux offices constitutionnels, les habitants allaient à la messe des insermentés. « On s'aperçoit déjà, déclarait le procureur, de l'effet que produit la présence de ces prêtres. Il est impossible de savoir par quels moyens ils agissent sur des âmes faibles ou timorées, mais il n’est pas difficile de le soupçonner... Les citoyens attachés à la loi voient ces rassemblements avec peine, leur patriotisme s’exalte et s’indigne, et déjà quelques scènes ont manqué d’en être la suite si la municipalité, par des moyens doux, n'avait pas cherché à calmer les esprits...» En conséquence, le Conseil décida de faire défendre aux prêtres insermentés de dire désormais la
messe dans l’église de Condé *. Le Directoire du district prit aussitôt connaissance de cet arrêté et arrêta d'interdire cette église aux prêtres insermentés, sauf pour dire la messe solitairement ?.
Au Pont-Brocard, un prêtre non assermenté faisait fonction de curé, ce qui occasionnait des troubles dans la paroisse .
La loi du 27 mai 1792 à laquelle le roi, comme à celle du 29 novembre 1791, avait mis son veto, ne fut pas exécutée dans le district de Saint-Lo. On se borna à poursuivre les insermentés ainsi qu’on l'avait fait antérieurement. Le Directoire
du district eut d’ailleurs à combattre en plus des réfractaires,