‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 148 sur 314 · Arch. nationales, F · texte numérisé non relu

Arch. nationales, F

2. Arch. mnncipales, Condé-sur-Vire, reg. municip, (1792 an IV) fo 5.

3. Arch. Manche L If 1023, reg. pour la transcription des arrêtés 27 mai 1792.

4. Arch. Manche, L IT 1042 Reg. administration générale, n° 313.

des prêtres assermentés qui ne reconnaissaient pas l’évêque Bécherel.

À Saint-Ebremond-de-Bonfossé, il éclatait de toutes parts des plaintes contre le euré constitutionnel « d’abord estimé » qui s’abandonnait « journellement à des propos indécents contre une Constitution qui pousse la générosité jusqu’à le salarier ». La paroisse comptant de 8 à 900 âmes, la présence d’un vicaire était. d'autant plus nécessaire que le curé avait perdu la confiance de ses ouailles. Plus des deux tiers des paroissiens, au 18 Juin, n'avaient pas encore accompli leur devoir pascal. Le curé persistait à ne vouloir point choisir de collaborateur légal sous prétexte « qu’il ne reconnaissait point M. Bécherel pour son évêque et que les prêtres que leur évêque faisait, ne savaient pas lire et n'étaient que des aveugles ! ». Il avait même poussé l’audace jusqu’à faire venir pour le seconder un prêtre insermenté de Saint-Georges-de- Montcocq. « Cet étrange choix, disait le maire, avait scandalisé toute la paroisse ». Le maire avec le greflier et plusieurs habitants s'étaient rendus auprès du curé pour linviter à ne plus compromettre ainsi la tranquillité publique. Cette démarche n’eut pour effet que d'allumer la fureur du curé qui «s’emporta dans une effervescence colérique jusqu’à dire que si quelqu'un était assez hardi pour toucher à M. Le Coq {le prêtre réfractaire) il le f... bas d’un coup de fusil ». Depuis cette époque, ce pasteur «€ poussait la témérité jusqu’à toujours porter des pistolets dans ses poches, au milieu de ses ouailles ». Mais l’insermenté avait cessé ses fonctions. Le curé, ajoutait le procureur de la commune, avait refusé d’enterrer une jeune

fille et un enfant. Un notable avait dû intervenir à plusieurs

1. « Dans la Manche, l’évêque Bécherel ordonne tant de prêtres et de si étranges, que le peuple désigne les nouveaux élus sous le nom de prêtres de la fournée ». P. de la Gorce, opus cit. t. 3, p: 16.

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reprises pour l’obliger à porter les sacrements à une femmé dangereusement malade. Prévenu par le curé de Quibou de la visite de l’évêque qui devait avoir lieu dans cette dernière commune pour la confirmation, il négligea de donner lecture de la lettre et déclara publiquement qu’il ne reconnaissait pas M. Bécherel comme son évêque. Le conseil de la commune de Saint-Ebremond considérant que de pareils faits constituaient une rétractation de serment, décida d’en référer aux administrateurs du Département afin d'obtenir la destitution du curé, « mesure nécessaire à la prospérité de la commune ! ». Le 30 juin, le Directoire déclara que, conformément aux dispositions de la loi du 27 novembre 1790, le procureur-syndic du district de Saint-Lo poursuivrait le curé de Saint-Ebremond pour faire la preuve des accusations formulées et le déclarer déchu des droits de citoyen actif, incapable d'aucune fonction publique ». Il serait ensuite pourvu à son remplacement ?.

Sur le mois de juillet, sur les jours qui suivirent la proclamation de la Patrie en danger, l’absence de documents plonge la vie religieuse dans une obscurité complète. Les registres laissent entrevoir la bénédiction de drapeaux, rien de plus. Sur le mois d'août, on sait également fort peu de choses. L’excitation générale, surtout après la journée du 10 août, dut avoir une répercussion dans le département et Le district au point de vue religieux, augmentant un malaise qui depuis des mois, s’accentuait.

Le 21 août, le Conseil du département de la Manche prenait l’arrêté suivant : Les Conseils des communes où résident des ecclésiastiques qui n’auraient pas prêté le serment prescrit

par le décret du 27 novembre 1790, ou qui l’auraieni rétracté,

1. Arch. Municipales Saint-Ebremond-de-Bonfossé. Reg. délibérations municipales Saint-Ebremond-de-Bonfossé (13 novembre 1791 au 25 brumaire an IV), fo &et 5.

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