‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 252 sur 314 · Arch. Manche L · texte numérisé non relu

Arch. Manche L

District : « L’humanité souffre des privations que ressent la pauvreté. L’attachement au numéraire inspire une froide indifférence pour le malheur à celui que la fortune n’enrichit pas que d’assignats. Le clergé qui se glorifiait d’être le père des pauvres parce qu'il avait entre ses mains les fruits d’une libéralité pieuse et ignorante, excuse ses épargnes sur les salaires qu’il reçoit aujourd’hui de la nation » {.

Par la loi du 4 avril, l'Assemblée Législative prit une série de mesures en faveur des familles des militaires. La Convention suivit son exemple. Le 26 novembre 1792, elle décréta de secourir les pères, mères et enfants de Volontaires dans le besoin. Elle inscrivit d’autre part au budget du ministère de l'Intérieur, le 9 janvier 1793, un million et demi de supplément pour l’entretien des enfants trouvés, et, le 3 février, 4 millions pour le fonctionnement des hôpitaux.

Dès le 17 août, le Directoire du département imvita les administrateurs des hôpitaux à adresser dans le plus bref délai, au secrétariat du Directoire, l’état nominatif des enfants, de leurs nourrices et des communes ou elles résident. Il interdit de remettre plus d’un enfant à la même nourrice et ordonna aux municipalités d’exercer une exacte surveillance sur les nourrices ayant des enfants remis par l'Administration de l'hôpital. En cas de mauvais soins, un procès-verbal serait dressé et envoyé sans délais aux directoires des districts ?.

Le 13 septembre, le ministre de l’intérieur Rolland, écrivait que le remboursement à l'hôpital de Saint-Lo de ses avances pour les enfants trouvés pendant les deux premiers trimestres de 1792, venait d’être ordonné. Cette dépense se montait à 14.113 livres 4 sols 8 deniers ©.

1. Arch. Manche L II 1047 (2) Reg. corr. avec administration département, 30 décembre 1791, 2.

2. Arch. Manche L 53 Reg. directoire département, fo 247. 3. Arch. Manche L I, 130, Reg. corr. département, non folioté.

Sur les 80.000 livres à distribuer aux hôpitaux de son ressort, le Département accorda au district 696 livres 17 sols 1 denier et 59.882 livres 12 sols 9 deniers !.

Au 4 janvier 1793, les officiers municipaux Saint-Lois réclamèrent le prompt paiement des six derniers mois de 1792, car lhôpital ne vivait toujours que d'emprunts ?. Mais le 1% mars 1793 ils durent adresser une nouvelle supplique.

Un secours de 6.000 livres ne serait même pas suffisant et il en faudrait un beaucoup plus élevé. « Souventil nous arrive, écrivaient-ils, de rencontrer dans nos rues plus de soixante malheureux couverts de lambeaux : ils assiègent les portes. Nous avons perdu plus de la moitié des revenus de notre hôpital. Nous avions une maison religieuse où les blessés et les infirmes allaient se faire panser. Ils y recevaient du bouillon, des médicaments ; les Religieuses se transportaient chez les malades alités, leur fournissaient du linge blanc, remportaient le sale et ne sortaient jamais sans avoir soulagé les besoins des malheureux. Cette maison n'existe plus et sa destruction prononcée par la loi a privé de secours une multitude d’indigents. Les quêtes de nos églises se versaient entre les mains de ces religieuses qui en faisaient un digne usage. Elles se versent aujourd’hui entre les mains de deux nouvelles hospitalières chargées de les remplacer auprès des pauvres. Mais les quêtes, autrefois abondantes, ne produisent plus rien. Dimanche dernier, on a recueilli six liards ! Du désespoir de la faim, pourrait naître le désordre. Les mères et femmes des défenseurs de la Patrie sont dans la plus affreuse misère 5. »

La vie était devenue si chère que le Département, le

4, Arch. Manche, L I, p 727.

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