‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 300 sur 314 · Ibid. L I · texte numérisé non relu

Ibid. L I

chaque article de dépenses avec les quittances formant les pièces justificatives de la dépense qu’il avait trouvé concorder avec les dites quittances et pièces justificatives. Après quoi il avait vérifié les calculs partiels et généraux qu'il avait trouvés justes. La valeur du pain de munition fourni aux ouvriers était de 2.715 livres 2 sols, 4 deniers. Le citoyen Culleron avait donné ses conclusions au procureur syndic. Il résultait de l'examen de la comptabilité que les administrateurs et comptables s'étaient comportés avec le plus grand désintéressement. La somme sortie de la Trésorerie nationale avait été entièrement employée aux travaux auxquels elle était destinée ‘.

Au point de vue de la Défense Nationale, la question des poudres et salpêtres fut l’un des principaux objets sur lesquels se portèrent l'attention. et l’activité du Gouvernement révolutionnaire. À cette époque, toute matière et toute force étaient utilisées. Le pouvoir central mit à son service, là comme ailleurs, les ressources locales, et, jusque dans les plus petites communes de France, les vieux murs des caves contribuèrent à la lutte contre l’envahisseur.

Le décret de la Convention Nationale du 21 septembre 1793, mettait à la disposition du Conseil exécutif provisoire, sauf indemnité, les cendres, salins et potasses servant à la confection des salpêtres, les soufres, bois et charbons propres à la fabrication de la poudre ?.

L’arrêté du Département du 8° jour du 2° mois de l'an II,

prescrivait aux Administrations de district de se renseigner

L Arch. Manche, L IT 1070, Reg. eorrespondance agent national et procureur syndic district fos 79, 80.

2, Arch. Manche L IT 1077, Administration et police générale,

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sur les moyens de se procurer des salpêtres en faisant fouiller et lessiver les caves 1.

Le décret du 13 pluviôse an IT créa la Commission des armes et poudres de la République. Elle était chargée de pourvoir aux approvisionnements des matières de toute espèce nécessaires à la fabrication des armes et poudres, et autorisée à exercer le droit de réquisition et de préhension sur tous les objets nécessaires à cette fabrication et existant dans l’intérieur de la République ?.

Le 14 frimaire, un autre décret de la Convention Nationale pour intensifier la fabrication du salpêtre, requit la création d'ateliers dans les communes et d’agents de district chargés du contrôle 5.

Le Comité de Salut Public, le 11 pluviôse an II, avait adressé à l’Agent national près le district de Saint-Lo, une lettre exposant la nécessité pour le salut de la République de fouiller tous les souterrains : «Il faut sous quelques décades, que le sol salpêtré de tous les souterrains de la République, fouillé et lessivé par les citoyens, fournisse dix fois plus de salpêtre que les trois millions de livres qu'on retirait annuellement jusqu'ici de toute la France ». « Tu es l’homme de la Nation. Songe bien comme tel, à n’écouter aucun intérêt de localité ; rends-nous sous six jours après la réception de cette lettre un compte exact du nombre et de l'envoi des exemplaires de la loi du 14 frimaire, de l'état du travail des citoyens pour l’exécution de cette loi et des nouvelles mesures que tu auras prises ainsi qu'un précis exact du salpêtre extrait dans chaque décade, et porté dans les dépôts, ou dans les ateliers les plus voisins de la Régie Nationale des poudres et salpêtresf.

4. Arch. Manche L 50, Reg. Conseil général département, f° 109.

2. Arch. Manche L IT 1077, Administration et police générale.

3. Ibid., L II 1077, Administration et police générale. 4, Ibid., L II 1008, Reg. Conseil district, f’ 27, 29.

Déjà l'arrêté du Département du 8° jour du 2° mois de l'an IL prescrivait aux Administrations de district de se renseigner sur les moyens de se procurer des salpêtres en faisant fouiller et lessiver les caves !.

La Société Populaire de Saint-Lo s’occupait activement des salpêtres. Le 22 pluviôse elle présenta un sujet pour concourir à sa confection. Le 23, celle de Cerisy-la-Forêt l’imita ?.

Les ouvriers des salpêtres à Saint-Lo ayant cessé le 21 pluviôse leur travail, le Conseil du district les menaça s'ils ne s’y remettaient, d’être traités comme suspects ÿ..

Le 3 ventôse l’Agent du district-écrivait au District que l'atelier de la salpêtrière allait être en plein exercice dans la moitié de la semaine.

Le 18 ventôse, la Société Populaire de Saint-Lo accueillit avec enthousiasme l'instruction adressée par le Comité de Salut Public à tous les citoyens pour les inviter à exploiter eux-mêmes cet atelier. « Chacun de nous s’empressera, ajoutat-on, après cette lecture, non seulement à réserver l’eau des lessives à l’Agent des Salpêtres, mais encore à procurer à la République la livre de salpêtre qu’elle attend de chaque citoyen pour son contingent dans la masse de 25 millions pour écraser l'ennemi » ‘.

Le 8 germinal an II, l’Agent national du district écrivait aux communes en vue de l'exécution de l’arrêté en date du 27 ventôse de la Commission des armes et poudres de la République, relatif « à la confection la plus prompte et la plus considérable du charbon propre à la fabrication de la poudre ». Le 11, il écrivait encore aux Agents nationaux des communes

du district dans les termes les plus propres à stimuler leur

. Arch. Manche L II 1008, Reg. Conseil district, fo 27, 29. . Arch. Manche L I 533.

. Ibid, L 50, Reg. Conseil Gl département, fo 109.

“Ibid 11598;

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zèle: « Une loi révolutionnaire telle que celle du 14 frimaire, relative à la fabrication du salpêtre, doit être exécutée révolutüonnairement. Les autorités constituées chargées de son exécution ne doivent écouter aucune excuse frivole. C’est du salpêtre qu'il faut à la République. Agents nationaux, faites donc au plus tôt les dispositions convenables pour que dans votre commune il s’établisse un atelier commun pour la fabrication du salpêtre. Songez à la peine dont vous menace le code révolutionnaire, dans le cas où vous n'aurez pas requis sévèrement l'exécution d’une loi révolutionnaire !,

Le même jour, la municipalité de Torigni annonçait au District qu’elle avait remis des cendres et mis les lessives en réquisition. Cette lettre fut envoyée aux Commissaires chargés de surveiller la fabrication du salpêtre?.

Le 29 ventôse, la municipalité de Saint-Lo adressait « aux bons citoyens de la commune » lappel suivant : « Une manufacture de salpêtre se commence mais qui demande beaucoup de travail et à laquelle il n’y a personne qui ne puisse concourir sans faire aucun frais. Conséquemment les riches comme les indigents peuvent aider à accélération de cette fabrique. Quel est donc ce sacrifice ? Ce sont des lessives que chaque particulier fait chez lui au lieu de les jeter comme quantité font. Le directeur des salpêtres les réclame pour lessiver les matières propres au salpêtre. Les uns comme les autres concourront au salut de la Patrie. Votre devoir vous y engage et, si cette espèce d’offrande faite à la République ne se manifestait aussi efficacement, des soupçons de malveillance ne tarderaient pas à s’élever contre vous et nous serions obligés de prendre des mesures de précaution ».

Le 14 germinal, appel de l'Agent national. Les salpêtres

1. Arch. Manche L II 1077, Administration et police générale.

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