‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 307 sur 314 · Arch. Manche L II 1006, Reg. cité, fo · texte numérisé non relu

Arch. Manche L II 1006, Reg. cité, fo

que le grand mouvement nécessaire pour exterminer les Brigands doit être exécuté avec ordre, le Conseil du district prit le 16° jour du deuxième mois un arrété avec des ordres précis. Les chefs de légion seraient à l’instant prévenus d’extraire tous les citoyens de 18 à 25 ans. Ils seraient sur le champ organisés en compagnie et de suite envoyés à Coutances où ils recevraient leur état de route. Avec les citoyens de 25 à 35 ans, ceux de 35 à 45 ans seraient avertis de se tenir prêts à marcher au premier signal. En attendant, ils devaient s’occuper sans relâche de l’ensemencement des terres et du battage des grains. Les ouvriers pour étoffes, cuirs, les maréchaux travaillant pour la République seraient requis de reprendre avec la plus grande activité leur ouvrage.

Le Conseil décida en outre de publier une proclamation. On y peut lire : « Le rassemblement au chef-lieu du district des citoyens de 18 à 25 ans exige beaucoup d’étoffe. La mode ancienne et usée a entassé dans les armoires des jupes de serge blanches ou bleues. Les citoyennes qui en sont propriétaires sont invitées à tricoter de bons bas de laine qu’elles vendront au District pour les Volontaires ».

Tous les citoyens de la réquisition qui pourront se fournir eux-mêmes trois chemises de bonne toile seront remboursés du prix de ces chemises ainsi que de toutes les autres parties d’habillement qu’ils pourraient se fournir eux-mêmes.

Les fusils de calibre du district avaient presque tous été remis aux Citoyens qui marchaient à l'ennemi. Il n’en restait plus pour le défendre. Le Conseil décida d’en demander au Département.

Informé que les Rebelles devaient en ce moment être maitres de Mortain, on allait écrire à la municipalité de Torigni pour se renseigner vite sur la vérité et prévenir le Département de ce bruit qui se répandait.

Lit mit ét te d'à.

Le Conseil pria la municipalité de Saint-Lo de loger les citoyens de Perey accourus pour défendre la Patrie ailleurs que dans l’église Notre-Dame. Plusieurs personnes, étaient encore susceptibles d’en loger. Comme les habitants des campagnes apportaient leur pain, l'Administration du district requit le préposé aux subsistances militaires de recevoir ce pain en dépôt !.

Le 18° jour du 2° mois, à l’occasion de l’arrêté du représentant du peuple Le Carpentier et de la lettre de la Commission administrative du département du même jour, le Conseil du district prit d'importantes dispositions préventives que voici : Il serait établi des relais à Torigni, Villebaudon, La Fosse, Saint-Jean-de-Daye pour correspondre avec Villedieu, Avranches, Coutances, Carentan, Valognes, Cherbourg, Vire, Condé-sur-Noireau et Domfront. Quatre éclaireurs seraient choisis afin d'observer les mouvements des Rebelles et prendre des renseignements.

Le 19° jour, à la suite de la communication des instructions apportées au nom de Le Carpentier par le citoyen Hervreu, le Conseil du district arréta que les communes du canton de Percy et de Tessy devraient rassembler pioches et haches nécessaires à former des tranchées et à abattre des bois en cas d’irruption des Rebelles ; la municipalité de Saint-Lo et celle de Torigni inviteraient les ouvriers et les gens ayant brides, bottes, éperons, sabres, pistolets à les fournir pour équiper la cavalerie qui allait se mettre en marche contre les Rebelles. Cerisy fournirait des culottes de peau. Quelques habitants de Saint-Lo firent don d’une selle.

Le 22 brumaire, pour coucher les Volontaires, le Conseil

autorisa la municipalité de Saint-Lo à lever les scellés sur les

4, Arch. Manche L IT 1006, Res. cons. district, fos 91, 92, 93.

400 Le

effets des suspects et à saisir la literie et autres objets nécessaires. Procès-verbal serait dressé de leur état et de leur valeur. à

La municipalité de Torigni ne fournissant aucun renseignement officiel, le Conseil envoya auprès d’elle un des des administrateurs du ‘district. L'Administration prit des dispositions pour que le forage des pièces de canon se poursuivit avec la plus grande activité. La première pièce forée et une pièce en fer seraient placées sur la hauteur de Candol. Il y aurait des postes au Pont de Vire, du côté de l'hôpital et de la commune d'Agneaux.

Les citoyens des cantons de Percy, Tessy, Marigny et Canisy seraient mis en réquisition pour les travaux à faire. Le citoyen Bourdon nommé commissaire était chargé de faire exécuter des tranchées dans la direction de Villedieu. Il avait l'autorisation de réquérir les gardes nationales si besoin en était et d'employer toutes mesures pour repousser les Brigands. Il ferait le nécessaire afin que les ponts pussent être rompus sur le champ et dans ce cas il ferait refluer sur Saint-Lo bestiaux et subsistances. Le conducteur principal des ouvrages publics du District l’'accompagnerait.

Le Citoyen Lescot envoyé à Torigni rapporta au District que 7.000 hommes avec artillerie et cavalerie sous le commandement du général Sepher venaient d’arriver à Torigni avec le représentant du peuple Laplanche. Ils repartiraient le lendeman pour Saint-Lo. Le 25, l’armée du &énéral Sepher arriva en eflet à Saint-Lo. La garde nationale de Bayeux s'était jointe à elle. Le 11° bataillon de la 1" réquisition était de passage et s’apprètait à se rendre à Cherbourg ; il fut invité à changer de route. Aussitôt Laplanche réquisitionna tous les fusils de munition en état de service et 50.000 cartouches à balle.

Quelques bonnes nouvelles parvenaient au District. 4.500

hommes marchaient de Lisieux sur Saint-Lo. Le Département fut immédiatement prévenu, mais personne n’était rassuré‘. Au milieu de ia panique, les bruits les plus divers circulaient. Au moment de la prise d’Avranches par les Vendéens en marche sur Granville, rien ne parut impossible. Un Volontaire, par exemple, avait colporté que le général républicain avait trahi. Le représentant du peuple Garnier avait lui aussi passé aux Rebelles. Les Rebelles, répétaient d’autres Volontaires, offraient 40 sous par jour à ceux qui viendraient à eux ?.

Le 23 brumaire, au lendemain de la prise d'Avranches, la Municipalité de Saint-Lo par une proclamation avait prescrit aux gardes nationaux de redoubler de vigilance dans tous les postes de la ville, de surveiller de près les entrées et les sorties, de lire attentivement les passeports. Le commandant de chaque poste serait responsable de l'ivresse de ses soldats. Les citoyens qui sortiraient dans les rues après l'heure de la retraite seraient arrêtés comme suspects ?.

Dès le 20, la Société Populaire de Saint-Lo avait ouvert une souscription pour venir en aide aux femmes et aux enfants des citoyens partis contre les Rebelles. La Municipalité remit aussitôt ses offrandes. Elle engageait « à apporter sur Pautel de la Patrie des offrandes toujours moins précieuses que la Liberté à laquelle nos défenseurs se sont voués # ».

Le 23, le Conseil du département délibérait sur les mesures à prendre pour élever un rempart inexpugnable entre les Rebelles maîtres d’Avranches et toutes les autres parties du département de la Manche. Considérant que le plus sûr moyen d'y parvenir était de former dans le sein de P'Administration un foyer de lumière, de patriotisme et d'activité mili-

4. Arch. Manche L II 1006, Reg. conseil district de fo 95 à fo 104 inclus. 2 Ibid. Saint-Lo, Reg délibération Conseil Gl Saint-Lo, D 31, f s 24, 25.

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