‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 42 sur 314 · Arch. Municipales, Torigni, reg. cit. fos · texte numérisé non relu

Arch. Municipales, Torigni, reg. cit. fos

En PO =

Le Comité ayant été informé d’après des bruits colportés daas la ville de Torigni que deux personnes avaient été payées pour mettre le feu à la cité à l’occasion de la messe de minuit et ayant procédé à une enquête au sujet de ces bruits, arrêta qu'il ne serait pas célébré de messe de minuit dans les églises de Torigni. Il portait à la connaissance « en toute honnêteté » de MM. les curés, ordres religieux et prieur de l’hôpital, cet arrêté imposé par « les craintes inspirées aux villes etcampagnes voisines ». ( Sans manquer au respect dû au culte, mais pour prévenir tout danger », il était défendu en outre de sonner les cloches après la retraite bourgeoise sous peine pour les contrevenants « d’être poursuivis comme perturbateurs de l’ordre public ». « Il serait donné main forle au besoin pour arrêter le son des cloches, sauf à en être statué ultérieurement suivant la gravité du délit ».

Le 24 décembre, 324 cartouches furent délivrées au commandant de la Milice Nationale pour la sûreté de la ville, par ordre du Comité.

Or, pendant la nuit de Noël, l'arrêté avait été violé. Une telle insubordination fut jugée « mortelle » pour l'autorité des corps administratifs et le Comité décida de procéder à une information « contre les séditieux qui par voie d’insinuations » et par des discours «indiscrets » troublent l’ordre. Ces propos « indiscrets », c'était le curé de la paroisse Saint-Laurent de Torigni qui, à la grand’messe de Noël les avait lancés du haut de sa chaire. Contrairement à l’arrêté du Comité National, il avait, en eflet, célébré la messe de minuit. Pour l'empêcher de sonner les cloches, des membres de la milice avaient été envoyés dans l’église, y avaient pénétré en armes et avaient réclamé au « custos » les clefs de la tour pour relever les cordes des cloches et prévenir toute sonnerie. Le curé avait violemment protesté en chaire contre cette invasion de son église par la force

El

armée. Les dépositions des témoins, fort longues et très circonslanciées concordaient au sujet des faits. Le curé avait prononcé les paroles «incriminées » : « Personne, avait-il dit, pas même l’évêque, n'avait le droit de l’empêcher de faire l'office qui avait existé dans tous les temps, qu’il faudrait pour cela que toute l'Église se rassemble. qu’on avait ôté au clergé ses biens, qu’il n’y était pas plus attaché qu’à la boue, qu'il y avait parmi les gens chargés d'assurer le bon ordre, des gens respectables, mais qu’il y en avait aussi qui venaient à l’église pour y mettre le trouble, qu'on avait voulu l'empêcher, qu’il recommencerait ». D’après la déposition d’un prêtre de la paroisse, il avait déclaré qu'il irait jusqu’à l'Assemblée Nationale. Il n'avait pour arme que son bréviaire, mais cependant il avait des pistolets et s’en servirait à l’avenir si on l’attaquait.

A la suite de cette information, le Comité National décida, le 1% janvier 1790, d'adresser à l'Assemblée Nationale, un mémoire précis sur ces événements, pour la sapplier ‘de « décréter elle-même les moyens propres à réprimer avec efficacité les coupables, qui par leurs ascendants et leurs propos séditieux portent atteinte directement etindirectement à l’administration de la police et à la sécurité des corps et membres auxquels elle est confiée f ».

Le même jour, le Comité «envisageant les suites funestes de la suppression qu'on fait appréhender du bailliage de Toigni, considérant que son ancienneté, son étendue et sa position sont des molifs puissants pour le conserver, considérant le déplacement des citoyens de la ville et des habitants des paroisses voisines pour la défense de leurs propriétés et de leurs droits, si cette suppression avait lieu, considérant enfin que la

position de la ville comporte un arrondissement de district »,

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