‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 94 sur 314 · Arch. Manche, L IT 1007, Reg. Conseil district, fo · texte numérisé non relu

Arch. Manche, L IT 1007, Reg. Conseil district, fo

2. Arch. Manche, L IT 1008, Reg. Conseil district, fos 37, 38. — Certains détenus ainsi autorisés à rester chez eux se promenaient et faisaient des parties chez leurs amis avec leurs sentinelles « dont ils s'accordent à merveille en les payant et hébergeant bien »: Arch. Manche, L 111065, Reg. corr. bureau d'administration, f° 8.

composées de frères, de parents, etc... Nous désirons fortement que tu veuilles prendre dans ta sagesse un moyen prompt d’une réorganisation au moins provisoire de ces autorités qui, se trouvant paralysées arrêtent le mouvement révolutionnaire »!.

Sur tous les points du district étaient plantés en grande pompe des arbres de la Liberté. À Saint-Lo on plaça même un factionnaire auprès de l'arbre pour s'opposer à « tout attentat contre un dépôt aussi précieux pour les vrais sans-culottes. »

Des mesures étaient prises pour aviver le civisme des citoyens. Tous les commis et employés devaient avant Île 2 germinal justifier d’un certificat de civisme ?. On construisit à Saint-Lo un échafaud pour exposer les condamnés ?. On luttait contre les faux bruits d'attaques des Anglais à Cherbourg, Granville, Port-Malo. Le District adressa même à ce sujet une lettre aux sociétés populaires, municipalités et comités. Ge système de propagation de faux bruits, que l’on appelle de nos jours « Défaitisme » était l'œuvre des malveillants. « Tout bon citoyen, disait la lettre, voit avec un sentiment pénible le malheur de sa patrie quand il existe réellement. Il le suspecte et sa douleur est muette. Mais celui qui le prévient, celui qui le présage et le publie est coupable par cela seul qu’il annonce une coupable volonté # ». On dut également sévir contre les somnambules qui profitaient du trouble des esprits pour se livrer à de véritables escroqueries 5.

Le Conseil du district publia le 18 ventôse pour les municipalités, comités de surveillance et agents nationaux des

communes de son ressort une Instruction au sujet du décret

1. Arch. Manche, L 11 1046, Reg. corr. avec représentant du peuple, n° 10, foNSe . Arch. Manche, L IT 1008, Reg. Conseil district, fo 73. . Ibid. fo 56.

. Arch. Manche, L IT 1045, Reg. Comptes décadaires, du 3. . Arch. Manche, L 11 1065, Reg. corr. du bureau d'administration, f° 34.

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du 14 frimaire. Il réclamait des comptes décadaires rédigés sur ce modèle :

Analyse des opérations de la municipalité de...

Exécution des lois. — Esprit public. — Biens nationaux. — Biens des émigrés. — Pères et mères d’émigrés. — Fabriques. Biens communaux. — Salpêtres. — Travaux publics. — Pertes et secours. — Subsistances. — Recrutement. — Marchandises

et effets militaires.

L’Instruction expliquait comment devait être traité chaque paragraphe. Celui sar « PEsprit public » devait comprendre « tout ce qui concerne le progrès des lumières... faire connaître quelle est l’opinion de la masse du peuple relativement à la Révolution »..…., « les opinions religieuses et les mesures prises pour éclairer Les esprits faibles ! ».

Ces stimulants étaient sans effet. Les municipalités rurales se montraient négligentes et le Conseil du district déplorait leur inertie *. Elles ne comprenaient même pas la différence entre les fonctions d’agent national et celles des officiers municipaux ?. |

À la maison d'arrêt de Torigni il s'était produit des abus. Le Comité révolutionnaire prit des mesures pour les réprimer #. Au début de floréal, 5 détenus se soulevèrent. Il fallut réprimer cette insubordination ?. On avait libéré quelques suspects en germinal, l’ancien maire de Cerisy et sa femme qui avaient, on le reconnaissait, donné des preuves de civisme 6.

Le représentant du peuple Bouret approuva la décision prise par l’administratton du district de mettre en liberté deux

. Arch. Manche, L II 1008, Reg. Conseil district, de fo 106 à 110 inclus, . Ibid. fos 117, 118. y

. Arch. Manche, L II 1065, Reg. cit. fo 21.

. Arch. Manche, L IT 1009, Reg. Conseil district, fo 10.

. Ibid. L II 1045, Reg. comptes décadaires, du 6.

. Arch. Municipales Cerisy-la-Forêt, 2e Reg. Conseil Général Cerisy-la- Forêt, fo 87.

D O1 és CO DO

citoyens de Soulles détenus par l'effet de haines particulières !. Le conseil de la commune de Saint-Lo défendit le receveur du district Vieillard ‘qui avait été l’objet d’une dénonciation anonyme *?.

Les derniers mois de lan II ne virent pas s’accroitre le zèle des municipalités, si l’on en juge d’après les rares documents que l’on possède. Le District exhortait sans cesse les autorités de Torigni à l'observation scrupuleuse de la loi ©.

La municipalité de Carantilly, malgré de nombreuses réclamations, négligeait d'envoyer les comptes et états qu'elle devait fournir #. Bréard, l'agent national de cette commune, le seul dont on connaisse un peu le rôle, adressa au maire et aux officiers municipaux de très vives observations : « Ce n’est pas les remplir (leurs devoirs) que d’y mettre des entraves ou de les négliger. Le vrai républicain ne connaît jamais d'obstacles qui puissent l'empêcher d'accomplir avec exactitude les devoirs dont il est chargé par la confiance de ses concitoyens qu'il a bien méritée. Ce n’est pas correspondre à cette confiance que d'y manquer aussi essentiellement que l’ont fait chez nous les citoyens depuis l’épurement de la municipalité. Ce corps étant composé de citoyens qui ont la confiance entière de toute la commune, je croyais que l'agent national ne serait seulement que spectateur de toutes les opérations municipales et que la municipalité même dicterait tous Les devoirs de l’agent national. Mais au contraire, je vois que volontiers dans toutes les séances il n’y a aucune exactitude. Tantôt c’est l’un qui manque, tantôt

les autres. Le Conseil étant réuni fort souvent, plutôt que de

1. Arch. Manche, L II 1009 Reg. Conseil district, fo 52. 2. Arch. Municipales Saint-Lo, Reg. corr. Conseil Général, Saint-Lo, D 31, fo 135. 3. Arch. Manche, 1, II 1065, Reg. corr. du bureau d'administration. &. Arch, Municipales Carantilly, Reg. délibérations Conseil Général Carantilly.

s'occuper de son devoir, l’on se met à se disputer, ce qui fait que les opérations de la municipalité restent dans l’inaction. Je vous le répète, citoyens, il ne suffit pas d’être officier muni- Cipal ; il faut en remplir exactement les fonctions avec un scrupule religieux et sans aucune partialité. C'est pourquoi, citoyens, je vous invite au nom de la raison à rentrer dans l’ordre et à vous réunir comme frères et vrais républicains de manière à être toujours à la hauteur de remplir votre devoir sans aucun retard. Observez, citoyens, que le glaive de la loi est suspendu sur nous prêt à tomber ! ».

À presque toutes les communes le District avait à adresser des observations analogues.

On peut se faire une idée du nombre des détenus en examinant la liste dressée par le comité de surveillance du district, le 9 thermidor an IT, après examen des dossiers, conformément à la loi du 21 messidor de la même année permettant la mise en liberté provisoire des cultivateurs et manouvriers domiciliés dans des localités de moins de 1.200 habitants.

Il y avait 61 détenus ainsi répartis :

Cantons de Canisy, 27; Percy, 2; Jean-des-Baisants, 19; less 0palorisnt. er

Sur 61 détenus 16 avaient été incarcérés pour « opinions religieuses ; 3 comme suspects » sans autre motif, 1 « pour avoir hanté des suspects ». D’autres avaient été arrêtés pour avoir « refusé de vendre de la chandelle au Comité », pour avoir « tenu des propos violents contre le Comité », s'être déclaré aristocrate, « n'avoir hanté que des émigrés », « avoir montré de l'indifférence pour la révolution », « n'avoir pas voulu marcher lors de la levée en masse », « être belle-mère

d’un prêtre déporté ». Un détenu avait traité les membres de

1. Arch. Municipales Carantilly, Reg. Conseil général, Carantilly.

la Convention de fripons et de brigands. Une cultivatrice s'était apitoyée sur la mort du tyran. Un cultivateur s'était montré partisan du Fédéralisme !.

En germinal an II, le nombre des détenus s'élevait encore

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