S. JOAN., XV
(2) S THOMAS, 2, 2*“, a. I.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
foi, de ses espérances, de ses grâces, de ses sacrements, de son éternité. C’est pourquoi saint Paul, qui est une voix du cœur de Jésus, jettera aux nations ce cri triomphant : « Il n’y a plus de frontières entre les Grecs et les Juifs, notre Maître est assez riche en charité pour se donner à tous (1) », si bien que Jésus a créé ici-bas l’amour de l’humanité qui est devenu depuis lors l’âme d’un monde nouveau ; le premier, il embrasse toute l’humanité, par une énergie qui lui est propre, comme le soleil, qui n’emprunte pas à la terre les rayons qu’il lui envoie, parce qu’il est lui-même le foyer de la chaleur et de la lumière : le premier, enfin, il a tendu les bras à toute cette race d’êtres misérables, criminels, désespérés, auquel il redit du haut de la Croix ce touchant appel : « Venite ad me, omnes ; Venez à moi tous », mon cœur est assez large pour vous contenir et vous étreindre tous.
11 n’est donc personne parmi nous, [quelles qu’aient été nos âmes, |quelles qu’aient été nos vies, personne qui ne soit l’objet de sa sympathie et de ses complaisances. Et quelle sympathie profonde ! Quelles incompréhensibles complaisances ! Les moins favorisés sont encore comblés par un amour dont ils chercheraient en vain le terme. Et pourtant, par faiblesse ou par lâcheté, nous avons abusé peut-être, contre sa tendresse, de l’oubli et de l’aban^ don. Nous l’avons peut-être délaissé au matin de notre jeunesse et nous ne nous sommes retournés vers lui qu’après de longs jours, de longues années, au soir de notre vie, et voici que son regard ne nous avait pourtant point quittés ; ses bras étaient restés tendus vers nous, et de son cœur ouvert, l’amour n’avait point cessé de couler sur nos cœurs. Après avoir ainsi enivré tous les hommes de son amour, descendu de la Croix, son cœur est-il épuisé? Non! il remplit l’âme frémissante des anges et quand il a saturé de sa tendresse toute créature sur la terre et dans les cieux, son cœur est encore débordé ; seul le sein infini de son Père peut contenir l’immensité de son amour.
(. A suivre.)
Abbé Lhomme.
(1) Rom., 5, 12.
fvtÆ r^(c) c^O CNtO ÿvlO r^c) <^S>
PRIONS POUR NOS MORTS
Les Evêques et les Prêtres décédés dans le courant du mois de Décembre. — M. l’abbé Marmay, à Billom, (Puy-de-Dôme), membre de ï Union Sacerdotale, zélateur de la Sainte-Face, lecteur et ami dévoué du « Divin Crucifié ». — M. l’abbé Gallon, aumônier des Petites Soeurs des Pauvres, à Brest, abonné du « Divin Crucifié ». — Mlle Marie Oger, à Versailles, zélatrice de la Sainte-Face. — La mère d’une de nos zélatrices dévouées.
Pie Jesu Domine , dona eis requiem!
NOTES BIOGRAPHIQUES
sur la Sœur Maria Benedetta, moniale Cistercienne de Viterbe.
1836-1913 {suite).
e n’était pas seulement dans les saintes basiliques, lesimpressionnantes Catacombes et les autres nombreux centres de piété et de foi de la Ville Eternelle que s'élevait l’âme de Pénélope. Elle connaissait depuis son enfance, elle aimait et fréquentait d’autres sanctuaires, ceux de la charité et de la souffrance où elle retrouvait, pour l’adorer et le servir, Jésus vivant dans les malades et dans les pauvres.
Home est un foyer séculaire de compassion et de charité. Dante l’appelait « la Ville douce au malheur ». Sucesseurs de Jésus-Christ, les Papes ont toujours entendu et toujours répété sa divine parole : <( Ce que vous faites en faveur du dernier de ces petits, c’est à moimême que vous le faites (1) ». Et, par leurs soins, de nombreux hôpitaux, des asiles pour toutes les misères, se sont multipliés autour des basiliques. Ce trait si touchant que l’on raconte de Benoît XIII caractérise bien la charité des Papes. Logé à l’étage supérieur du palais papal, le Pontife promenait chaque soir son regard sur la Ville, à l’heure de Y Ave Maria. Quand il découvrait une cheminée sans fumée, il se disait à lui-même : « La misère n’a pas permis d’allumer le feu pour le repas du soir ». Le lendemain un de ses serviteurs secourait, en son nom, la pauvre maison, afin que le soir suivant la fumée s’élevât au-dessus du toit.
Encore toute petite enfant, Pénélope ressentit un attrait irrésistible pour les pauvres et les malheureux. A l’école de sa pieuse tante, elle apprenait à les secourir et à les servir. Son plus grand plaisir était de leur distribuer de ses petites mains un morceau de pain, un fruit, une pièce de monnaie. Elle n’avait pas sept ans, quand un jour, en l’absence de sa tante, elle donna à un pauvre pèlerin tout l’argent qu’elle trouva dans un secrétaire. C’était treize francs. La bonne Marguerite, au retour, blâma l’enfant de sa prodigalité; mais celle-ci la désarma par cette parole d’or : « Tante, si vous aviez vu comme le mendiant était misérable et avait l’air bon, vous auriez cru voir le Seigneur et vous auriez fait comme moi ». Un baiser termina cette scène touchante. Et désormais Pénélope eut sa petite bourse à elle pour ses pauvres. Souvent à sec, elle revenait vers sa trésorière qui renouvelait volontiers la pelite provision de baïoques romaines.
Peut-on imaginer rien de meilleur, pour des parents chrétiens, que de faire passer par les faibles mains d’un enfant l’aumône d’argent et de consolation aux déshérités de ce monde! Ces aumônes, portées par de petites mains qui tremblent sous leur pieux fardeau, qui ont peine