LE SACRÉ-CŒUR ET LA SAINTE-FACE
lecteurs seront heureux de lire cette page formant la Préface l’un ouvrage publié en 1894, par le Chanoine Desribes sur la Sainte-Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ ».
Elle les invitera à unir, durant ce mois de juin consacré au culte du Sacré-Cœur de Jésus , ces deux dévotions admirables et qui se tiennent : le Sacré-Cœur et la Sainte-Face.
La Sainte-Face et le Sacré-Cœur, ces deux dévotions sont si étroitement unies qu’elles nous paraissent inséparables. Issues de la miséricorde céleste, elles naquirent le même jour. Dans l’une, le Christ nous offre son portrait tout ensanglanté, comme un mémorial de sa Passion ; dans l’autre, il permet que la lance du soldat romain explore sa poitrine refroidie et nous y découvre son cœur comme le trophée de l’amour divin.
Depuis le drame du calvaire, tous les siècles ont vénéré la Sainte- Effigie comme ils ont adoré le Sacré-Cœur.
« Ce double culte n’en fait qu’un. La Face nous révèle ce que le Cœur symbolise.
« Aussi l’Eglise ne voit-elle guère de bon œil les images du Sacré- Cœur de Jésus si le Cœur est isolé de sa Face.
« C’est la Face qui permet de dir-e : Voilà quelqu’un! Quandj’ai devant moi la Face et le Cœur de Jésus unis, j’ai devant moi Jésus, et un symbole complet de son âme. Ce fut ainsi que Jésus se montra à la B. Marguerite-Marie ; et la Face de Jésus, dans cette vision mémorable était sûrement la lumière, la vie et la parole du Cœur. Cette Face de Jésus à Paray-le-Monial était une Face douloureuse, notre Sainte-Face. » (R. P. Gros. S. J.)
De nos jours, l’Eglise a parlé pour discipliner ces deux dévotions qui tendent au même but : la réparation, le sacrifice. A l’une appartient le culte direct , spécial, distinct, réservé aux diverses parties de la sainte humanité du Sauveur ; à l’autre, est maintenu le culte traditionnel, le culte relatif propre aux objets sacrés qui ont approché le corps de Jésus-Christ et des saints.
Mais quand l’Eglise intervient, ce n’est pas seulement pour éclairer, pour préciser la nature d’un culte, c’est aussi pour féconder ce qu’elle touche. C’est ainsi que l’autorité du Saint-Siège approuvant solennellement et étendant à tout l’univers la dévotion au Sacré-Cœur l’a mise dans toute sa splendeur, après qu’elle eut été discutée, combattue, rejetée.
Or Dieu semble réserver au culte de la Sainte-Face les mêmes épreuves et la même gloire finale qu’au culte du Sacré-Cœur. La dévotion à la Sainte-Effigie a toujours été l’objet d’une prédilection toute particulière de la part des Souverains pontifes. Rome en est le centre et la France le plus beau rayon de gloire.
(Cne Desribes).
Martyre de saint Pierre ( Gravure (lu XVIIe siècle).
Le chef du collège apostolique, après avoir envoyé des disciples dans toutes les parties du monde, assisté à la mort de la Très Sainte Vierge, revint par l’Egypte et l’Afrique à Rome, d’où il rayonna dans les
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Eglises d’Occident, dour y instituer des Evêques, et donner, notamment, saint Barnabe à Milan et saint Paulin à Lucques.
A cette époque, il reçut avis de sa mort : « Pierre, lui dit l'ange du Seigneur, le temps de votre mort et de votre délivrance approche, il vous faut retourner à Rome, c’est dans cette ville que vous souffrirez la mort de la croix, et, ensuite, vous recevrez la couronne de justice. »
Pierre obéit ; mais ayant retiré du vice plusieurs créatures du préfet Agrippa et la femme d’Albinus, ami de Néron, il fut accusé par Agrippa de « circonvenir le peuple, d’introduire le culte de je ne sais quel Christ, d’enseigner je ne sais quelle vaine doctrine opposée à la religion et aux cérémonies sacrées de la Ville éternelle. »
— « Je vois où vous voulez en venir, répliqua Pierre, la face divinement illuminée, vous, le flambeau du libertinage, l’ami des voluptés illicites, l'inventeur des plus atroces cruautés, le persécuteur des innocents, le fauteur de l’immoralité et de la perversion, l’artisan du mensonge, la demeure de Satan, vous ignorez la gloire que j’ambitionne, c’est pour cela que vous dites que je cherche à m’emparer de la confiance des hommes et des femmes.
— Quelle gloire ? répliqua Agrippa.
— La gloire de la Croix de mon Maître et Seigneur Jésus-Christ dont je suis le serviteur.
— Voulez-vous donc être crucifié ?
— Je n’en suis pas digne, mais je le souhaite. »
Et Agrippa, l’accusant de superstition, le condamna à être crucifié.
Au moment du supplice, Pierre réprima une sédition qui allait éclater en sa faveur, et demanda aux bourreaux de le crucifier la tête en bas, les pieds en haut, étant indigne, disait-il, de mourir comme son Maître. Il fut exaucé, et mourut au milieu des sanglots des assistants en bénissant Dieu de l'immense honneur qu’il voulait bien lui faire.
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