CHAPITRE TREIZIÈME [suite
Les preuves scientifiques de l'authenticité du Saint-Suaire.
’est au merveilleux ouvrage de M. Paul Yignon : Le Linceul du Christ, étude scientifique, que nous allons emprunter l’explication qui va suivre des empreintes du Saint-Suaire. Nous ne pourrons le faire que d’une manière très succincte, car si nous voulions entrer dans tous les détails de la thèse scientifique de M. Yignon, cela nous entraînerait trop loin. Nous espérons, toutefois, que ce résumé suffira à instruire nos lecteurs.
Les images du Suaire sont réellement une sorte d’empreinte, et elles suivent la loi générale des empreintes. D’une part, pour que l’image se fasse, il faut que le linge soit en présence de la portion correspondante de l’objet. D’autre part, si le linge n’est pas placé à plat, s’il enveloppe l’objet, il se trouvera être en relation, successivement, avec des plans différents du corps à reproduire, ce qui déformera gravement l’empreinte, la rendant pareille à un dessin qu’on ferait en tournant progressivement autour de l’objet.
Or, les images du Suaire participent de cette double façon, aux conditions habituelles des empreintes : surface plane, avec et sans contact, et enveloppement.
En premier lieu, si nous cherchons, dans les images de ce corps du Linceul, les parties latérales de la face, les oreilles, le cou, les épaules, nous ne les trouvons pas. Il faut croire que le linge n’a pas été mis en leur présence.
En second lieu, nous distinguons sur les mollets de l’image face, ou encore’sur les chevilles des traces évidentes d’un enveloppement.
Dans le premier cas l’image est déformée par défaut, dans le second cas, elle l’est par excès.
Mais d’autre part, ces images sont le fait d’une impression plus sensible que les impressions par contact simple, puisque dans
certains points, sur la figure très nettement, par exemple, il s’est produit un véritable modelé.
Autrement dit, il n’y a pas de déformation dans les régions en avant desquelles le linge passait sans s’écarter sensiblement d’un plan. Si donc, dans ces régions, il y a néanmoins un modelé, comme cela a lieu sur un dessin, c’est que, sur le linge plan, il s’est fait une projection. Quelque chose a émané du corps et a agi sur le drap. Et puisque les creux, sur le Saint-Suaire, sont moins énergiquement reproduits que les reliefs, il faut admettre que ce quelque chose travaillait avec une force décroissante, à mesure qu’augmentait la distance à laquelle le corps pouvait agir sur le linge.
Et cela dégage tout de suite la loi en vertu de laquelle M. Vignon établit que les empreintes se sont faites sur le Suaire. Ce n’est pas autre chose, dit cet éminent savant, que la grande loi des distances, celle qui régit tous les phénomènes naturels. Généralement cette loi se précise et l’énergie de l’action est en raison inverse du carré de la distance ; parfois l’énergie décroît plus vite, parfois moins vite, suivant les conditions propres au phénomène considéré.
Pour ce qui regarde le Saint-Suaire, il est difficile d’indiquer avec quelle rapidité exacte décroissaient les actions qui sont intervenues entre le corps et lui ; l’essentiel c’est qu’on peut affirmer que ces actions s’atténuaient à mesure que l’éloignement du drap croissait. Cette décroissance devait être rapide puisque le drap n’a reçu aucune impression de certaines régions de la face ou du corps, dont il était trop écarté.
Cela nous apprend pourquoi les images sont des négatifs : c’est parce que les saillies se sont reproduites fortement, tandis que les creux ont donné une image d’autant plus faible que la distance était plus grande.
L’empreinte par simple contact, réalise aussi un négatif, mais celui-ci est très grossier, ainsi qu’a pu le constater M. Vignon dans les expériences qu’il a faites sur lui-même à la Sorbonne. Et pour que le corps agît sur le drap, dans ce cas d’empreinte par contact, il fallait que ce contact, si léger fût-il, pût s’établir. Sur le Saint-Suaire, au contraire, nous trouvons une empreinte plus parfaite parce qu’elle s’est faite en dehors même de tout contact.
C’est donc une image mécanique qui se trouve imprimée sur le Suaire. Elle ne mérite pas le nom de photographie parce que la lumière n’a pris aucune part à sa formation. Physiquement parlant c’est le fait d’une action a distance, et en géométrie, c’est une PROJECTION.
En définitive le Saint-Suaire met sous nos yeux l’équivalent d'un dessin qu’on aurait ombré négativement.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Nous examinerons en détail, dans le prochain article, les images de cet extraordinaire Linceul pour en acquérir une connaissance complète et vérifier en même temps, si elles suivent fidèlement dans toutes leurs parties, la loi des distances que nous venons d’établir.
(A suivre.)
Emmanuel Faure.
Une Conférence sur le Saint-Suaire
L’Association générale des Etudiants catholiques de Paris, avait invité M. Emmanuel Faure, Directeur de la Revue Le Divin Crucifié, adonner une conférence sur le Saint-Suaire. Cette conférence eut lieu le 25 mai dernier au Cercle du Luxembourg, siège de la dite Association, devant une assistance nombreuse et choisie.
M. Faure était assisté par M. l’abbé Noguier de Malijay, ancien professeur de sciences à Turin, où il a vu le Saint-Suaire lors de l’ostension de 1898. Il acquit, à ce moment-là, la certitude de l’authenticité du saint Linceul et il fit paraître une des meilleures et des plus complètes études qui aient été publiées sur cette précieuse Relique.
Le temps faisant défaut pour présenter dans toute son ampleur, la thèse historique si compliquée du Saint-Suaire, M. Faure ne fit qu’un «xposé succint de l’histoire de l’insigne Relique, et céda la parole à son brillant collaborateur qui développa, avec sa double compétence de savant éprouvé et de photographe très expert, Ja thèse scientifique de l’admirable Linceul de Turin.
M. Faure avait prouvé que l’histoire démontre l’identité absolue entre le Suaire de Turin et le Linceul de Joseph d’Arimathie dont nous parle l’Evangile ; M. l’abbé Noguier de Malijay fit cette même preuve en se servant des sciences exactes où il est passé maître : photographie, géométrie, physique, chimie. Et comme ce savant professeur est aussi un artiste, il a longuement critiqué les œuvres des maîtres de la peinture et de la sculpture qui représentent le Sauveur, et n’a pas eu de peine à faire ressortir l’incomparable supériorité du portrait réel de l’Homme- Dieu imprimé sur le Suaire.
Toutes ces démonstrations se firent sur d’admirables clichés obtenus par M. l’abbé de Malijay, qui illustrèrent magnifiquement cette superbe conférence dont le succès fut complet. Gela amènera, nous l’espérons, un plus grand nombre d’âmes à s’occuper de cette chère Relique et à se consacrer à sa défense en se faisant les propagatrices zélées de la Sainte-Face de Jésus révélée par le Saint-Suaire de Turin.
Sainte Thérèse et le divin Crucifié
a grâce avait allumé de bonne heure dans le cœur de Thérèse, l’amour de Jésus crucifié, si bien que jeune encore, elle avait déclaré à son père son dessein bien arrêté de se donner toute au Sauveur des hommes. Déjà de concert avec son frère Rodrigue, elle rêve le martyre, puis le désert. Elle se bâtit des ermitages dans le jardin de son père où, avec Rodrigue encore, elle s’enthousiasme pour les choses éternelles. Mais voici que bientôt le monde la touche, l’effleure, sans toutefois la blesser grièvement. Il la prend par ses facultés brillantes, par l’amorce de la vanité, par la dissipation des sociétés frivoles, si bien qu’après ce triple assaut, son cœur est tout desséché pour les choses de Dieu : « Il était devenu si dur, nous dit-elle, qu’à cette époque j’aurais pu lire tout entière la Passion de Jésus sans verser une larme. » C’est pourquoi, lorsque viendra l’heure solennelle où Thérèse devra choisir sa voie, une lutte s’engagera dans son cœur, entre la vie du monde, qui lui sourit perfidement et l’attrait d’une vocation céleste qui se fait sentir. Il y eut alors pour elle un Jardin des Oliviers, où ne manquera ni le calice amer, ni la cruelle agonie. Jésus finit par remporter la victoire; elle s’était engagée à lui, et vu la trempe de son caractère, nulle puissance au monde ne pouvait lui faire retirer sa parole.
Après cela, elle pouvait espérer jouir de la paix achetée au prix de son sacrifice. Illusion ! la nef de son âme, si longtemps ballottée par ses tempêtes intérieures a gagné un port où elle ne sera pas abritée contre leur retour, parce que ce port lui-même n’est pas suffisamment défendu. Dans le couvent de l’Incarnation, en effet, la règle est observée, sans doute, mais elle est mitigée, semblable à un rempart à moitié détruit, qui ne protège plus assez, contre les communications du dehors, A cause de cela, le monde que Thérèse avait fui, vient à elle avec ses caresses et ses pièges à ce point qu’elle en arrive à oublier l’oraison. Conversant trop avec le monde, elle ne sait plus, elle n’ose plus converser avec Jésus. Or cet oubli de l’oraison, c’est l’anémie de son âme et le pronostic de sa mort ; « c’était l’enfer, nous dit-elle, qui s’ouvrait sous ses pas et où elle se jetait d’elle-même, sans qu’il fût besoin de démons pour l’y précipiter ».
C’est pourquoi Jésus lui est apparu un jour, « avec un visage sévère et contristé. « Un autre jour, elle a vu YEcce homo sanglant> couvert de plaies qui semblait la regarder et lui reprocher son long délaissement. C'était le regard de Jésus abandonné de ses
amis, rencontrant le regard de Pierre, un moment infidèle, pénétrant son cœur jusqu’au fond et en faisant jaillir une source de larmes qui ne devait plus tarir. Or, comment un cœur comme celui de Thérèse eût-il pu résister ? Elle tombe à genoux, aux pieds de son bon Maître, comme Madeleine et comme elle aussi, elle y répand, elle y brise son cœur comme un vase de parfums. « Le voilà donc, dit-elle, dans l’état où l’ont réduit mes péchés ou plutôt sa charité infinie pour mon salut. Il n’est rien resté en lui qui soit épargné, Et moi je fais des réserves, j’apporte des restrictions à la donation de moi-même ! » Et Thérèse proteste à Jésus << qu’elle ne se relèvera pas qu’il ne lui ait accordé sa grâce. » C’en était fait ; l’impression était définitive : Thérèse était pour toujours ramenée « de la mort à la vie » c’est-à-dire à l’oraison qu’elle devait traîner longtemps <.< comme une agonie » dans l’ennui et dans la tristesse mortelle, mais où elle s’est élevée à de sublimes hauteurs, se plaisant à méditer sur les mystères de la vie de Jésus et en particulier sur son oraison à Gethsémani.
D’autres épreuves attendaient Thérèse, mais toutes la trouveront fidèle à sa devise célèbre, héroïque : ou souffrir ou mourir, c’est-à-dire préférant la mort à une vie exempte de souffrances, à l’exemple de Jésus qui a prononcé le consummalum est alors seulement qu’il n’avait plus rien à endurer. Une heure terrible, en effet, est venue pour Thérèse, celle de la contradiction de ses amis, des gens de bien. Cette oraison, qu’elle appelle « un commerce d’amitié d’une âme avec Jésus dont elle se sent aimée », vient-elle de Dieu, ou ne serait-elle pas un artifice de Satan pour la perdre? Pour Thérèse, elle n’hésite pas : mais elle voit ses guides troublés et agités. Bientôt, même aux yeux de tous, la sainte d’hier n’est plus aujourd’hui qu’une visionnaire : ses illuminations ne sont plus que des illusions de l’esprit de mensonge : Dæmonium habes lui dit-on comme à Jésus, on lui inflige de dures pénitences, on menace même de la livrer aux inquisiteurs.
En vérité quelle angoisse ! quelle perplexité ! « Non, jamais je n ai été si malheureuse, écrit-elle. J’avais plus de honte de déclarer mes révélations que je n’en aurais eu de confesser les plus grands péchés. J’étais comme dans une rivière, prête à me noyer, sans espérance de secours. » Or ce secours lui vint des saints auxquels elle se soumit. « Je puis me tromper, disait-elle, sur la vérité de mes révélations, mais je ne me tromperai pas en obéissant à mes supérieurs. » Voilà la règle, le reste regarde Jésus qui précisément lui a dit : « Tu fais bien d’obéir, moi je me charge de faire connaître pour toi la vérité. » Il lui a dit aussi : « Ne crains
rien, c’est moi et je ne t’abandonnerai pas. « Et un jour qu’on l’avait privée de ses livres de lecture : « Ne t’afflige pas, je te donnerai moi-même un livre vivant. » Et ce livre vivant n’est autre que Jésus lui-même qui lui apparaît tantôt dans l’état de gloire, mais le plus souvent crucifié, couronné d’épines, et portant sa croix. Combien elle était heureuse de lire dans ce livre où elle apprenait que si nous sommes parfois au Thabor, ici-bas, plus souvent encore nous gravissons le Calvaire ! Ah! pour elle son Calvaire n’a jamais été plus douloureux que le jour où son confesseur lui a ordonné de se signer lors de l’apparition de Jésus pour le repousser. Elle le fit pourtant mais en se jetant à genoux et en s’écriant : « Vous le savez bien, ô mon Jésus, si je me conduis ainsi à votre égard, c’est pour votre amour, c’est afin de me soumettre à ceux que vous avez établis dans votre Eglise pour me tenir votre place. » C’est alors que Jésus la récompense par cette ineffable et rare consolation : Comme les hommes ont transpercé l’âme de la sainte d’un glaive de douleur, Jésus lui percera l’âme d’un glaive d’amour ; età l’exemple de saint François d’Assise, elle portera aussi, mais dans le cœur, les stigmates du divin Crucifié. Un jour, en effet, qu’elle priait, elle vit un séraphin qui lui plongeait et replongeait dans le cœur un dard enflammé qu’il retirait ensuite, la laissant tout embrasée d'amour comme une fournaise (1).
A cette époque de notre histoire, l’Europe est en feu, la guerre civile promenant ses ravages sur de vastes contrées et le sang chrétien coulant à flots dans des luttes fratricides. Un tel spectacle inspire à Thérèse le dessein de rendre au Carmel la ferveur des premiers temps. « Puisqu’aujourd’hui, dit-elle, Jésus a tant d’ennemis et si peu d’amis, du moins faut-il que ses amis soient très bons. » C’est donc pour les rendre très bons qu’elle va opérer sa Réforme. Il faut que la bannière de la vie parfaite se redresse, qu’elle se déploie, tenue par une main ferme et qu’elle rassemble sous ses plis victorieux, une foule d’âmes généreuses, décidées à la suivre : A moi les âmes qui veulent être à Jésus sans partage ; Si quis est Domini, jungaiur mihi ; tel est le cri de Thérèse. Mais à peine le projet a- t-il pris corps dans sa pensée que l’opposition se dresse menaçante. Dans le couvent mêmedelTncarnation, Thérèse est accusée de ne pas l’aimer, de compromettre ses intérêts. Pourquoi cette prétention de mener en dehors de ses sœurs une vie plus parfaite ? N’a-t-elle pas une règle à observer? Des moyens de sanctification à mettre à profit? En même temps la religieuse
(1) Le cœur de la Sainte, miraculeusement conservé à Alte de Tonnez a gardé la cicatrice de cette divine blessure, cicatrice longue et profonde, qui divise le cœur presque en deux.
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cité d’Avila se révolte : c’est un déchaînement général parmi le peuple, les magistrats, les ecclésiastiques. « Une apparition des Maures n’eût pas jeté plus d’épouvante, » nous dit Thérèse ellemême. L’affaire est même portée au conseil du roi. Mais Thérèse l’a remise aux mains d’une plus haute et plus puissante Majesté. •« Ah ! mon Jésus, lui dit-elle, pourquoi me demander des choses qui semblent impossibles : Je ne suis qu’une femme ! et encore si j’étais libre ! » « Je ne suis qu’un faible roseau, une pauvre fille chargée de patentes et de bons désirs... et sans autre appui que vous. »
Mais le divin Maître lui a ordonné de travailler « à fonder un monastère réformé où il serait bien servi, l’assurant que cette petite étoile jetterait une grande clarté. » Et il a ajouté : « Prends soin de mes intérêts, je prendrai soin des tiens; ne sais-tu pas ma fille, que je suis le Tout-Puissant. »
Thérèse commence donc sa chère croisade ; or, à peine a-t-elle fait quelques démarches qu’elle rencontre une nouvelle opposition. Non seulement ses supérieurs lui défendent de penser encore à l’exécution de son projet, mais ils lui infligent un blâme sévère. On la force à rentrer au monastère de l'Incarnation, à s’accuser en plein chapitre, pour y être soumise à une dure pénitence. Mais, ô merveille ! la Sainte s’explique avec tant de netteté et de précision que son Provincial lui-même l’autorise à achever son œuvre, si bien que peu après, le premier couvent des carmélites déchaussées existait, qui sera le Bethléem de cette nouvelle sainte famille, la petite semence qui doit germer et se multiplier avec une rapidité prodigieuse, mais au prix des plus grands sacrifices : La Sainte, en effet, s’en allait de ville en ville, traînée dans de rudes chariots, presque toujours accablée de maladies, dans la rigueur des saisons et au milieu de mille dangers, ne trouvant après tant de peines, qu’un peu de paille sur la terre nue pour - y passer la nuit! Et malgré cela, après la Réforme des Carmélites, elle entreprend celle des Carmes au prix des mêmes sacrifices. Aussi bien elle a reçu de Jésus cette assurance : « Je te promets, ma fille, d’exaucer toutes tes prières, car je sais bien que tu ne me demanderas rien que pour ma gloire. » Enfin toutes ces épreuves de la Sainte seront couronnées par une dernière et de beaucoup la plus cruelle, la plus humiliante, à savoir son expulsion d’un de ses couvents parla prieure elle-même, sa propre nièce. C’était la dernière épreuve et par conséquent la fin de ses souffrances, car n’ayant plus rien à endurer, elle n’avait plus qu’à mourir.
Ce fut donc un grand spectacle pour les anges et les hommes lorsque Thérèse, arrivant épuisée au monastère d’Albe, déclara que
l'heure de sa mort était venue. Elle demanda le saint Viatique et quand il apparut devant elle, elle tendit les mains vers lui, s’agenouilla sur son pauvre lit et, le visage transfiguré, le regard enflammé : « O mon Jésus, dit-elle, voilà donc l’heure désirée ! Il est bien temps de nous voir, il est bien temps que je parte ! O la bonne heure que celle-là ! Que votre volonté s’accomplisse ! que mon âme s’en aille et qu’elle s’unisse à vous ! Elle vous a tant attendu! » Puis ayant communié avec une piété angélique, elle prit un crucifix qu’elle ne quitta plus et bientôt de son cœur un nom sortit avec son dernier soupir ; c’était le nom de Jésus !
Abbé Lhomme.
CE QlTOH FAIT DES EHFAIS1TS DE FRANCE
La nouvelle suivante est reproduite par plusieurs journaux.
Des réparations ayant été exécutées dans l’école mixte de Briord (Ain), école géminée malgré les protestations des pères de famille et dans des conditions irrégulières, les plus petits enfants avaient trouvé quelque part un Christ en plâtre dont ils firent pendant la récréation un jouet plutôt pieux.
Mais il n’en fut pas de même chez les plus grands garçons.
Le soir, à la sortie de l’école, le Christ était encore aux mains des petits enfants. Une grande fille le fit déposer sur le socle de la croix de mission, qui est en bordure du chemin devant les écoles. Là, les grands garçons s’en emparèrent, se le passèrent des uns aux autres en s’excitant à le briser. L’un d’eux, pour montrer qu’il n'avait pas peur du Bon Dieu, le lança contre le socle de la croix qui en portait les marques quelques jours après.
Une cérémonie de réparation a eu lieu à l’église de Briord, le dimanche 29 mars. L’assistance fut beaucoup plus nombreuse que les dimanches ordinaires. L’impression était très grande parmi les catholiques de Briord, effrayés des résultats déplorables de l’école sans Dieu, qui venaient de se concrétiser dans cette odieuse profanation du Crucifix. Plaignons les familles des enfants mêlés à un sacrilège tel qu’on l’eût cru impossible avant l’avènement de l’enseignement athée.
MESSE DES ABONNÉS
Pendant le mois de Juillet la Messe des abonnés et zélateurs sera célébrée tous les vendredis, à l’autel de la Sainte-Face. Nous serions heureux de voir doubler les offrandes offertes dans ce but, afin de pouvoir multiplier les suffrages en laveur de toutes les nombreuses intentions recommandées, par l’établissement d’une seconde Messe hebdomadaire.