PAGES DE BOSSUET
n homme; d’Etat, du royaume d'Angleterre, milord Perth, l’un des nombreux personnages convertis du Protestantisme à la Foi catholique par les ouvrages du puissant Controversiste, Bossuet, lui écrivait de la prison où il avait été jeté, autant pour sa fidélité à son Dieu que pour sa fidélité à son prince.
Dans cette lettre où l’on ne sait ce que l’on doit le plus admirer, des sentiments chrétiens du noble chancelier ou de son filial attachement pour celui qu’il aimait comme un père, milord Perth rapportait, entre autres choses, que les révolutionnaires avaient jeté dans un même brasier son portrait, celui du roi, celui de l’évêque, et le tout avec le Crucifix.
Bossuet répondit au confesseur de la foi par une lettre dont, à regret, oous nous bornons à citer seulement le passage relatif au fait que nous venons de relater. Les circonstances présentes de l’Eglise de France si odieusement persécutée par les impies, donnent à ces lignes un renouveau d’actualité qu’il sera facile de remarquer et dont plusieurs pourront faire leur profit.
« Dieu, dit-il, fera un coup de sa main quand il lui plaira : il sait élever et abaisser, pousser jusqu’au tombeau et en retirer, et dissiper en un moment la gloire et levain triomphe de l’impie. Mais quoi qu’il ait résolu du roi votre maître, nous respecterons toujours plus en sa personne la gloire d’un roi confesseur que la puissance d'un roi triomphant...
u Je ne sais comment j’oublie, en vous écrivant, que vous êtes dans la captivité et dans la souffrance. Dieu sait combien j’ai été sensible au récit que l’on m’a fait de vos maux. Mais à présent il semble que je les oublie, tant est vive la joie que je ressens pour le courage que Dieu vous inspire, et pour l'abondance des consolations dont il vous remplit. J’y prends part de tout mon cœur : je me glorifie avec vous dans vos opprobres; et je n’ai pu lire sans verser des larmes de joie ce que vous me marquez dans votre lettre, que vos persécuteurs ont brûlé mon portrait, que votre seule charité vous faisait garder, avec celui du roi votre maître , et le vôtre, et tous les trois avec le Crucifix. Q ue plût à Dieu qu’au lieu de mon portrait j’eusse pu être en personne auprès de vous pour vous encourager dans vos souffrances, pour prendre part à la gloire de votre confession ; et après avoir prêché à vos compatriotes la vérité de la foi, la confirmer avec vous, si Dieu m’en jugeait digne, par tout mon sang...
« Et pour vous avec qui Dieu m’a uni par de si tendres liens, vous vivrez éternellement dans mon cœur : je vous offrirai à
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Dieu nuit et jour, et surtout lorsque j’offrirai la sainte Victime qui a ôté les péchés du monde. Combattez comme un bon soldat de Jésus-Christ : mortifiez à la faveur de vos souffrances tout ce qui reste de terrestre en vous : que votre conversation soit dans lescieux. Si vous êtes privé du secours des prêtres, vous avez avec vous le souverain pontife, l’évêque de nos âmes, l’apôtre et le pontife de notre confession, qui est Jésus : vous recevrez par vos vœux tous les sacrements; et je vous donne en son nom la bénédiction que vous demandez. »
( Anecdote tirée de la Correspondance de Bossuet.)
Recommandations de Prières
Notre Saint Père le Pape. — Le triomphe de la Sainte Eglise ; la conversion de ses ennemis; le salut des pécheurs. — Les Evêques et les Prêtres du monde entier. — - Les OEuvres sacerdotales et eucharistiques. — La diffusion de la Sainte-Face et de nos deux Revues : « Le Sacerdoce » et « Le Divin Crucifié ». — Les zélateurs de la Sainte-Face ; leurs intentions, leur
apostolat. — Les catholiques de France ; les congrégations religieuses et les écoles chrétiennes menacées de nouvelles proscriptions et fermetures. — Les enfants privés de l'enseignement chrétien. — La mission chinoise de Singapore, ses jeunes gens et leurs dévoués pasteurs. — L'heureuse issue d une affaire importante pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. — L’amélioration d’une santé éprouvée et la lumière pour éclairer une situation très délicate. — La conversion de deux jeunes gens, une famille très éprouvée. — Une vocation religieuse ajournée pour raison de santé. — Un jeune homme empêché de suivre sa vocation par une maladie grave, demande la soumission amoureuse à la volonté du bon Dieu. — Un mariage chrétien vivement désiré. — Une jeune fille dont la foi chancelle, l’amélioration de son caractère, sa sanlé physique et morale. — La conversion d'une malade âgée à laquelle on n’ose pas offrir les secours de la religion. — Une mère demande une situation pour son fils qui se trouve sans emploi et à la tête d’une jeune famille. — La conversion de plusieurs pécheurs. — La guérison de plusieurs malades. — Les exercices de la retraite annuelle dans plusieurs communautés religieuses. — De nombreuses exilées demandent la résignation. — L’ordination de trois séminaristes à Rome. — De nombreux enfants pour la prenaière Communion privée. — Le pèlerinage national à Lourdes et spécialement le transport et la guérison des nombreux malades. - — Les intentions spéciales qui nous ont été recommandées par correspondance,
On demande des actions de grâces pour toutes les faveurs obtenues et spécialement pour une admirable conversion.
Montrez nous, Seigneur , votre Face et nous serons sauvés !
PRIONS POUR NOS MORTS
Les Évêques et les Prêtres décédés dans le courant du mois de, Juin. — Les parents décédés des familles de nos zélateurs de la Sainte-Face et de nos abonnés.
Pie Jesu Domine, dona eis requiem !
Martyre de saint Philippe (Gravure du XVIIe silcle) .
C’est l’Apôtre de Bethsaïde qui, sollicitant un délai pour suivre Je divin Maître, en reçut la réponse : « Laissez les morts ensevelir leurs morts. »
C’est auprès de lui que le divin Maîlre s’enquit à l’occasion de la
REVUE DE LA SAINTE-FACE
multiplication des pains : «- Où pourrons-nous trouver à manger pour tant cle monde ? »
A la séparation des Apôtres, l’Asie lui échut en apostolat. Il y enseigna l’Evangile et le confirma par de nombreux miracles. De là, il vint en Gaule, d’où il passa en Scylhie et enfin en Phrygie, en Asie Mineure.
Il vint,. au cours de son apostolat dans cette province, à lliéropolis, dont il trouva les habitants prosternés dans un temple auprès d’une monstrueuse vipère à laquelle ils offraient de l’encens et des sacrifices.
Philippe, ému de cette abominable superstition, pria Dieu d’en délivrer ce peuple et la vipère mourut aussitôt. Les Hiéropolites émerveillés réclamèrent l’Evangile; mais les prêtres et les magistrats, y voyant la ruine prochaine des profits qu’ils tiraient de la crédulité du peuple, infligèrent à Philippe, la prison d’abord, le fouet ensuite, enfin le crucifiement.
Voyant qu’il tardait encore à mourir, ils l’assommèrent à coups de pierres. Au même instant, un épouvantable tremblement de terre ébranla les édifices publics et engloutit les persécuteurs.
La voie était frâyée aux Apôtres qui allaient venir.
Prière indulgeneiée de saint Alphonse de biguori à Jésus souffrant
O Sauveur souffrant, me voici à vos pieds ; regardez votre pauvre créature qui vient à vous avec humilité et repentir.
Ayez pitié de moi, Seigneur, selon votre grande miséricorde, parce que je suis coupable et que mes offenses vous ont atteint.
O Dieu infiniment bon, ô Jésus, écoutez ma prière ; exaucez, ô Père très aimant, la demande que je dépose à vos pieds. Jetez sur mon âme un regard bienveillant ; vous êtes le Père très aimant des hommes ; vous êtes le Souverain Juge; vous êtes le roi du ciel et de la terre, vous êtes le véritable bienfaiteur des pauvres.
Venez donc à mon secours, ô Sauveur souffrant, et accordez-moi les grâces que je vous demande prosterné à genoux. Mon âme vous appartient, parce que vous l’avez créée et que vous l’avez- rachetée de votre précieux sang ; ne permettez pas que je me perde, moi qui suis l’ouvrage de vos mains ; ô Père très bon, jetez sur moi un regard de bonté et bénissez-moi.
O Dieu de miséricorde ayez pitié de moi, pardonnez à votre enfant ; ne vous montrez pas sévère pour moi ; accordez-moi les larmes de repentir; pardonnez-moi comme vous avez pardonné au bon larron, du haut du ciel abaissez votre regard sur moi et bénissez-moi. »
Inclulg. applicable : 200 jours, une fois le jour.
Recueil du R. P. Hilgers.
SAVOIR SOUFFRIR
ESPÉHAETCKS K T coiKrsox^'rxoxxs - <•!•>- -
LE PROBLÈME DE LA DOULEUR