RUYSBROECK ; LES DÉLICES MYSTIQUES
divin et l'amour sexuel pour flétrir les mystiques, continue Leuba. On a eu tort. Quant à nous, même ici, nous sommes enclin, non pas à les approuver, mais bien à les admirer. Ce sont des âmes maladives, si vous voulez, mais audacieuses, puisqu'elles prétendent s'affranchir de ce à quoi la nature semble tenir le plus, et nobles quoique mal équilibrées, puisqu'elles ne veulent point du tout tremper dans les ignominies grandes ou petites où la chair nous entraîne presque tous. Car ce n'est évidemment pas par simple caprice qu'ils se refusent la volupté naturelle, mais c'est parce qu'en la recherchant on se trouve si aisément et si souvent en contradiction avec la loi morale \ »
En face de cette interprétation nous avons celle de M. de Montmorand qui mitigé seulement celle de Leuba. Il cite même des cas où l'intervention des centres sexuels est absolument indubitable. Mais on peut les considérer comme des cas particuliers analogues aux excitations sexuelles que causent en certaines organisations l'audition de telle musique, la vue de telle statue, etc.
Très souvent aussi, remarque-1-il, l'érotisme n'est que verbal ; les expressions sont suggérées par le Cantique des cantiques et les mystiques sont tous les premiers aies trouver ce étranges » ou « grossières^ ».