‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 9 sur 119 · Vie y ch. xxix · texte numérisé non relu

Vie y ch. xxix

20 PRÉDOMlNÂNCIi: DE L'ÉLÉMENT ÉMOTIF

C'est en se fondant sur cette participation du corps aux délices el souffrances mystiques que Leuba range les mystiques parmi les érotomanes. Mais il ne s'agit nullement pour lui de la c< manie erotique ». Les mystiques ont une possession d'euxmêmes, une énergie de volonté, celle, par exemple, dont fît preuve sainte Térèse dans la fondation et Tadministralion de ses tlix-sept couvents, qui ne permet pas de les traiter de fous, d'aliénés. Leuba entend par érotomanie a la capacité de satisfaire le besoin d'amour sans l'intervention de l'acte normal » et, bien entendu, avec la complète inconscience de l'intervention des centres sexuels. Il s'appuie sur ces deux points : 1° l'organisme sexuel peut, dans une certaine mesure, entrer en activité et donner lieu à lui seul, ou conjointement à d'autres activités physiologiques, à une jouissance intense sans que le sujet se rende compte de son origine ; 2^ Des perceptions ou des images n'ayant absolument rien de lascif peuvent parfaitement bien éveiller les organes de la génération, a On peut même dire, d'après lui, que « toute émotion tendre et toute jouissance tendent, en vertu des relations existant entre les diverses parties du système nerveux, à éveiller les centres sexuels. ^ »

« On s'est servi de cette relation entre l'amour

1. La thèse de Leuba est renfermée dans les numéros de la Bévue philosophique de juillet 1902 et novembre 1902 ; la réponse de Montmorand dans le n» d'octobre d903.

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