‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 101 sur 119 · Cité par le P. Lagrange, op. cit. Note 1 p · texte numérisé non relu

Cité par le P. Lagrange, op. cit. Note 1 p

remplit et vivifie. Si monothéisme et polythéisme c'est, au point de vue philosophique, question intellectuelle, au point de vue religieux proprement dit, n'est-ce pas surtout question de tempérament sentimental? Ne pourrait-on dire que, de même qu'en certaines natures le sentiment amoureux devient exclusif dès qu'il est intense, tandis qu'en nombre d'autres, l'intensité se nourrit plutôt de la variété des objets aimés, de même le sentiment religieux en s'exaltant, peut, ou multiplier les objets d'adoration, ou les unifier, au contraire?

Et de même que 1' ce amoureux » aime plutôt l'amour, r« amant » l'être uniquement « adoré », ainsi ceux des mystiques qui se délectent surtout dans le sentiment religieux attacheront peu d'importance à la question de la personnalité divine et volontiers seront panthéistes. Mais ce n'est pas à une image vague ou multiple que s'adressent de pareils cris d'amour :

(( Comme une biche soupire après l'eau des sources, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant !... Dieu, je pense à toi sur ma couche, je médite sur toi pendant les veilles de la nuit. Car tu es mon secours ! Et je suis dans l'allégresse à l'ombre de tes ailes. Mon âme est attachée à toi ; ta droite me soutient ))... (( Quel autre ai-je au ciel que toi ? En toi seul sur terre je prends plaisir. Dieu est mon partage à jatnaisM » Ici le sentiment s'attache à une person-

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