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LE VRAI « AMÉRICANISME

Consulter V Américanisme de l'abbé Houtin (Nourry, 1904) et La Religion dans la société aux États-Unis d'Henry Bargy (Colin, 1902). Voici quelques citations de ce dernier ouvrage.

(( La religion américaine peut s'appeler un positivisme chrétien ou un christianisme positif » (p. xviii). « C'est une religion de l'humanité greffée sur le christianisme ». (p. xx.)

« Par une évolution à demi inconsciente, le culte de l'humanité s'installe en Amérique sans déplacer le culte de Dieu, à peu près comme il y a seize siècles, les images chrétiennes se sont superposées insensiblement aux idoles païennes des autels rustiques. » (p, xix).

« Le christianisme, dit Channiog, est un état d'humeur plus qu'une doctrine. » ... Channing fait du perfectionnement de l'homme par le perfectionnement de la société, l'objet même du christianisme, et sa religion est un positi

yisme qui s'achève en une philanthropie... La religion de ChannÎDg est ane mutualité, pour la poursuite commune de perfectionnements individuels. Son solidarisme est un Indidualisme... Il ouvre la voie au socialisme individualiste de ses disciples. » (p. 12â à 125).

Le christianisme d'Henri James (père de William J.) « n'est qu'une métaphore du naturalisme )»... (k il (James) reçoit ses pensées de la nature seole^ mais leur Symbole de la tradition » (p. 157, 161).

a Le catholicisme américain est une religion d'action sociale. Aussi est-il une religion d'indifférence dogmatique... L'Amérique reçoit ses dogmes de la Cour de Uome avec autant de bonne volonté qu'elle les recevait autrefois du Long Parlement. La théologie est un de ces articles de luxe qu'elle importe tout faits d'Europe... (Les Américains) ne restent pas indifférents à ce qu'il y ait des dogmes, car les dogmes suppriment les controverses ; mais ils restent indifférents à ce que ces dogmes sont, pourvu qu'ils soient » (p. 196).

« Le Dieu des puritains, comme le Dieu des juifs, était un magistrat qui veille au bien de son peuple. La religion en Amérique fut faite pour l'homme et non l'homme pour elle ; le christianisme y fut toujours un humanisme inconscient ; il a enfin pris conscience de ce qu'il est, et l'est d'autant pJus» (p. 199).

a La légitimité des Églises (en Amérique), c'est leur utilité. C'est à elles de se justifier par leurs services. Elles sont des moyens, et non des fins en soi : la seule fin est le profit des hommes. Il y a pour elles une subordination qui, à première vue, semble humiliante; on se scandalise que l'épouse du Christ ait à être la servante des hommes; puis on réfléchit que cette servitude même est bien dans l'esprit du christianisme ; on remarque que, comme les Églises dépendent plus du monde, elles le servent mieux et que cet abaissement finit par faire leur grandeur » (p. 202).

Titre du dernier chapitre de M, Bargy : « La paix relU gieuse par le positivisme chrétien, » — Je suis convaincu que, théoriquement, les catholiques américains rejetteraient cette appellation de positivistes. Pratiquement, c'est bien, en effet,

sur toute la ligne, le « crépuscule des dogmes. » Sur 76 millions d'habitants, 19 millions (depuis l'annexion des Philippines et de Porto-Rico) sont catholiques et 40 millions déclarent n appartenir à aucune Église. Il est impossible de prévoir ce qui sortira de ce chaos. Impossible aussi de discuter, car ce serait opposer la logique intellectuelle à ce qui est logique émotiofineUe et procédé de vie sociale.

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