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L'ÉVOLUTION PAR « MUTATIONS » BRUSQUES

« La saltation (Cope) serait un progrès brusquement réalisé à la suite d'efforts dans le même sens, longuement accumulés sans résultat pendant plusieurs générations et, pour ainsi dire, emmagasinés à l'état de potentiel. Quand on observe le développement intellectuel des jeunes enfants, on constate quelque chose de ce genre : ce n'est pas une pente douce que Ton gravit ; ce sont les marches d'un escalier ; on s'élève brusquement et par bonds. Jusqu'ici, pour les végétaux aussi bien que pour les animaux, ce développement par à-coups semble bien plus probable qu'un progrès par transitions insensibles. A certains moments de Thistoire géologique, il semble se produire un brusque essor pour certaines classes d'organismes, et des expériences récentes de M. Hugo de Vries, qui ont eu un grand retentissement, ont paru montrer que l'on pouvait, eu botanique, observer aujourd'hui même une semblable explosion de vie* à certaines phases de la vie des espèces, où elles se trouvent dans ce que l'auteur a appelé leur période de mutation, à la condition de découvrir, parmi les espèces vivantes, une plante qui se trouvât précisément dans cette phase appropriée : ce qui s'est produit pour « l'Onagre de Lamarck ».

{La science géologique par L. de Launay, professeur à r Ecole des Mines de Paris, 1908, p. C86).

L'auteur renvoie au résumé des travaux d'Hugo de Vries dans la Revue des Deux Mondes du 1" juillet 1903. En note p. 684, il cite les térébralules et les rhynchonelles « qui ont eu, à certains moments de leur histoire des variations incessantes, à tel point qu'on a pu les qualifier d'espèces affolées » '. Et, p. 690, il résume ainsi son exposé de l'évolution de la flore géologique, où l'on rencontre si peu de types de

transition :

« En conséquence, M. Zeiller s'est demandé si les apparitions de nouvelles espèces, au lieu de s'être produites par transformations lentes, comme on le supposait autrefois, n'auraient pas été réalisées brusquement^, par un phénomène analogue à celui que nous avons qualifié plus haut de saltation, et que les expériences de M. Hugo de Vries ont contribué depuis à mettre en lumière. »

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