‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 3 sur 119 · La logique des sentiments (F. Alcan, 1905), p · texte numérisé non relu

La logique des sentiments (F. Alcan, 1905), p

2. Jehan se joignit à eux dès l'âge de seize ans ; il put donc travailler encore sept ou huit ans avant son ordination sacerdotale.

froi Kerreken »;, ils se décidèrent « à choisir un endroit écarté où, loin des bruits de la foule, il fût possible de prier convenablement le Seigneur, d'examiner scrupuleusement sa conscience et de songer à son perfectionnement moral. Franco, par son crédit auprès du duc Jean III, obtint facilement l'ermitage discret et recueilli de Groenendael (Vauxvert) » \ Jehan avait alors 60 ans accomplis ; il mourut à 88 ans (1381)..

A rintroduction du « Livre des XII béguines » auquel nous renvoyons ci-dessous, on a joint une intéressante notice écrite par Henri Van der Bogaerde (du Verger) quarante ans après la mort de l'illustre prieur, d'après une autre biographie contemporaine de Ruysbroek^

Ses compatriotes Tout appelé Ruysbroek VAdmi- 7'able. Ils eussent pu l'appeler Ruysbroeck VOrthodoxe. On ne saurait prendre plus de soin qu'il ne le fît pour éviter le panthéisme et le quiétisme. Sans doute, si l'on isole telle expression, telle phrase, on arrive (Gôrson commit cette involontaire injustice) à transformer Ruysbroeck en panthéiste ; en réalité Ruysbroeck multiplie jusqu'à en être un peu fatigant.

1. Le livre des XII béguines. Introd. do l'abbé Guylils, p. 29. Bruxelles, Schcuppen (Tirage à part de la Revue Durandal).

2. Ibidem, p. 25, 33. — Ses œuvres, écrites en flamand, ont été traduites en latin par le chartreux Surius (mort à Cologne en 1578) ; en français, Mœterlinck a donné V ornement des noces spirituelles, l'abbé Guylits le Livre des XII béguines {ou : de Vera contemplatione) ; la plupart des écrits de Ruysbroeck ont été édités avec grand soin, il y a quelques années, par une société de bibliophiles flamands. De Maetschappij der Vlaemsche Bibliophilen.

les protestations à ce sujet, revenant sans cesse sur la distinction substantielle entre le Créateur et la créature ^

Ce n'est pas que Ruysbroeck semble attacher grande importance aux termes. Il répète souvent que ces choses de Tamour « ne peuvent se dire, ni s'écrire. Ceux-là seuls qui aiment du sublime amour, peuvent le sentir » ^ Non, les mots ne peuvent rendre ce « sentir suressenliel » ^ ; les sens nous obligent à nous servir « d'extérieures et grossières similitudes, mais en réalité, au dedans, tout cela n'est qu'un Bien infini et sans modes » *.

Les termes qu'il emploie sont ceux dont usent habituellement les mystiques. « Goûter Dieu », le a toucher et être touché par lui » ^ reviennent sou-' vent, et ces fortes expressions : « expérimenter Dieu » ^ « expérimenter la vie éternelle ' ». « C'est justice, dit-il, que, en l'amour, je me réjouisse en

1. Par exemple : Livre des XII béguines, ch. v et xv ; Spéculum aelernse salutis, ch. xvii, xxii, xxiv, xxv : « Je veux que le lecteur sache bien que partout où je dis que nous sommes un avec Dieu, il faut comprendre cela en amour, non en nature ou essence. Si donc notre essence et celle de Dieu peuvent être uniest elles ne peuvent être un ; uniri possunt, unumeffid non possunt »; Samuel, ch. viii; xir, etc. etc.... Contre les quiétistes de son époque, Gfr. Samuel,ch. iv, xiv ; De ornatu spiritulium nuptiarum L. Il, ch. xlvi, lxxiv, lxxv, lxxvi, De septem cuslodiiSf ch. xiv. etc, etc..

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