II. 175; lettre de
2 Tomo I de la Correspondance, p. 72, 351, 356. 365, 368. Voici encore quelques citalions : " La faculté qui permet de suivre une longue et abstraite suile de peoséos est chez moi 1res limitée ; je n'aurais jamais réassi en malhématiques et en métaphysique. )t Autobiographie dans le tome I, p. 105. — Tome li, p. 147 : « Wollaston dit, et il a raison, que je n'ai pas ud cerveau propre ji la métaphysique, d Letire à Lyctl, 23 février ISfiO.
3. « Je me sens jusqu'à un certain poiril peu disposé h. m'exprimer publiquement au sujet de questions religieuses, comme je ne croîs pas avoir réfléchi d'une façon assez sérieuse pour jusliller une publicité quelconque de ma manière de voir, o Lettre de 1H71, Tomo I, p. 355. Et p. 356, lettre de la même année ; « Je n'ai jamais beaucoup réfléchi aysiémaliquoraent au sujet de la religion dans ses rapports avec la science, ni aux rapports de la morale avec la société, u
Darwin parle donc, on peut le dire, d'instinct et si son témoignage n'a pas une valeur lechniquo, il a sa pleine valeur purement humaine.
suivre les hésitations de Darwin sur ces importants problèmes. C'est surtout sous Taspect de la finalité que Darwin a discuté la question religieuse. D'après lui, c'est « l'argument principal en faveur de Fexistence de Dieu ^ ».
a Une cause de crovanceen Teiistence d'un Dieu, écrit-il ~, qui se rattache à la raison et non aux sentiments, m'impressionne par son poids. Elle provient de Textrème difficulté ou plutôt de l'impossibilité où nous sommes de concevoir l'univers prodigieux et immense, y compris l'homme et la faculté de se reporter dans le passé et de regarder dans l'avenir, comme le résultat d'une nécessité aveugle. En réfléchissant ainsi, je me sens porté à admettre une cause première, ayant un esprit intelligent, analogue sous certains rapports à celui de l'homme, et je mérite l'appellation de déiste. Cette conclusion était fortement entrée dans mon esprit, autant que je puis me le rappeler, à l'époque où j'écrivais V Origine des espèces et c'est depuis celle époque que cette conviction s'est très graduellement affaiblie, avec beaucoup . de fluctuations. » \
Son célèbre ouvrage commence*, en effet, par des
1. 1, 356; lettre de 18T3. — Nous reprendrons la questîfm an ch. vni. S. 1, 363 ; Autohiog, de 1876.
3. « But with regard to the raaterial worid. ire can at leasl go so far as this — we can perceive thaï erenls are bioagfat abont not by insnlated interpositions of Dirine power, eiertod in eaob paiticular case, but by ^
the establishment of gênerai laws » (WheveUK
« The only distinct meaning of tlie word « natnral » is shUed, fixed, or seUied ; since what is natnrai as mneh reqaires and presnpposes an i
intelligent agent to render it so, L e., to erfect it conttnaally or at stated
textes où le « pouvoir divin » est représenté comme s'exerçant aussi bien par les lois naturelles que par les miracles, et où Thomme est exhorté à ne pas s'arrêter, par fausse modestie, dans la double lecture du Livre de la parole de Dieu et du Livre de ses œuvres. Et il se termine par cette affirmation, qu'il y a vraiment de la grandeur dans cette manière de considérer la vie, originellement soufflée (« breathed by the Creator ») par le Créateur dans une ou dans un petit nombre de formes (« into a few forms or into one») » et se développant ensuite selon des lois. S'il n'y a là que des formules, du moins sont-elles respectueuses des croyances traditionnelles. Elles n'impliquent d'ailleurs rien autre chose, dans la pensée de Darwin sinon « que nous ne savons lien des origines de la vie^ ».
L'attitude de Darwin relativement au « plus grave sujet dont l'esprit d'un homme puisse s'occuper »', il Ta résumée très nettement lui-même en disant : « Je puis vous assurer que mon jugement subit souvent des fluctuations^. »
times, fts what is supernatural or mlraculous does to effect it for once, » (Bultler.) « To conclude, therefore, let no man out of a weak conceit of sobriety or am ill-applied moderatioa, think or maintaîn, that a man can search too far or be too well studied in the book of God's word, or in the book of God's works ; divinity or phiiosophy; butrather let men endeavour an endless progress or proficience in both. » (Bacon.)
1. Lettre à Huxley, 1859 ; II, 95. Gfr. p. 42 et p. 306 (lettre de 1863 où il « regrette d'avoir mis les pouces âi l'opinion publique et employé le terme création, par lequel il entendait, en réalité : apparition par quelque processus absolument inconnu. »
3. I, p. 353 (lettre de 1879) de même p. 364 {Autohiog. 1876).
En effet, tantôt Darwin reconnaît que « l'univers n'est pas le résultat du hasard ^>\ qu'il « se sent porté à admettre une cause première » intelligente plutôt qu'une aveugle nécessité \ tantôt il rejette cette conception finaliste, déclare que cet argument a fait son temps, qu'il « s'anéantit, maintenant que la loi de la sélection naturelle a été découverte. Nous ne pouvons plus arguer, par exemple, que la belle charnière d'un bivalve îiit été faite par un être intelligent, comme l'homme a fait celle des portes. Il me semble qu'il n'y a pas plus de dessein préconçu dans la variation des êtres organisés et dans l'action de la sélection naturelle que dans la direction du vent*. »
Et il ne cesse d'avouer sa a perplexité »* : « J'ai conscience que je suis dans le plus complet embarras... Je le répète, je suis et demeurerai complètement embourbé*. » « Quant au dessein^ dit-il encore^ je me sens plus disposé à hisser un drapeau blanc qu'à faire feu avec un canon à longue portée*. » Ce fut ainsi jusqu'à son dernier jour. Le duc d'Argyll eut une conversation avec lui la dernière année de sa vie, et, faisant allusion à certaines combinaisons merveilleusement appropriées dans la nature, lui dit
l.II, p. 328 (lettre de 4860).
3. I, p. 359 [Autobiog. 1876). Même sujet plus développé et exemples, I, 365, 666 (lettre de 1861) ; II, 164 (lettre de 1860).