‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 46 sur 119 · Gfr. p · texte numérisé non relu

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selme, c'est que cet être, s'il existe, existe par soi. 11 nous fait la description de r« hypothèse- Dieu », mais cette grande hypothèse est-elle une réalité ? Le Proslogion n'a pas su nous le démontrer. »

Non, c'est vrai; mais il nous Ta montré^ en ce sens que le fameux argument est, comme les autres preuves, un procédé, une méthode pour nous aider à faire intérieurement Y expérience mystique. Et — Kant avait parfaitement raison de ramener tous les arguments ^ traditionnels à l'argument ontologique — on peut et on doit dire exactement la même chose des autres « preuves » de l'existence de Dieu. L'àvàyxr, arriva'., le sens de l'absolu, la croyance à une raison suffisante^ à une cause premièi^e^ à V « aliqiiid verissimum, optimum, nobilissimum, maxime ens » de saint Thomas, à Tinfini, au parfait de Descaries, Spinoza, Malebranche, Fénelon, qu'est-ce, en effet, sinon l'expérience mystique impliquant la croyance à son objectivité, bien loin de la faire dépendre d'uQ syllogisme? Il en est de même pour l'expérience physique qui implique la croyance à l'objectivité du monde extérieur, h^s preuves AeV 6h]^ciW\[é du divin, comme les preuves de l'objectivité du monde extérieur, sont donc simplement des procédés destinés à nous faire réaliser plus facilement et avec une conscience mieux avertie ces expériences.

1. Nous savons les critiques spéciales de Kant relativement à l'argument téléologique (finalité) ; nous en parlerons ci-après.

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L'objection souvent répétée : que ces sentiments ne sont pas universels^ ne porte pas davantage contre eux que contre le sentiment esthétique ou le sentiment moral. Ce n'est point là matière à suffrage universel. Ce qu'il en sera de Thumanité dans l'avenir, nous l'ignorons. Toujours peut-être certaines consciences affirmeront — et sincèrement — que la musique n'est qu'un bruit, que le désintéressement n'existe pas, que l'absolu et le parfait sont des formes vides, des mythes illusoires. Mais toujours d'autres formuleront les affirmations contraires et vivront ces affirmations. El toujours il y aurait ainsi, dansla vie comme dans l'art, des réalistes positivistes, qui feront de la science, de l'esthétique, de la morale, A\x jjerfectionnement sans jamais affirmer la^er/ec/ion, et des idéalistes religieux dont le credo se rapprochera plus ou moins de cette déclaration de Berthclot à son ami Renan : « Derrière le vrai, le beau, le bien, l'humanité a toujours senti, sans la connallre, qu'il existe une réalité souveraine dans laquelle réside cet idéal, c'est-à-dire Dieu, le centre et Tunité ^ mystérieuse et inaccessible vers laquelle converge l'ordre universel. Le sentiment seul peut nous y conduire : ses aspirations sont légitimes pourvu qu'il ne sorte pas de son domaine, avec la

4. « Le sentiment religieux correspond au rapport entre notre activilê et l'unilé que nous concevons dans l'ensemble des idées ou dans l'inlini do l'univers. » G. Dwelshauwers. C'est un « sentiment de la vie cosmique analogue au sentiment de la vie organique », comme Ilôffding l'explique, ch. xxxi de so. Morale: La morale et le sentiment religieux.

prétention de se traduire par des énoncés dogmatiques et a priori dans la région des faits positifs *• »

1. Lettre à Renan sur la Science idéale et la science positive, dans le volume des Dialogues philosophiques de Renan, p. 236 — . « Il y aura toujours sans doute des esprits qui aspireront à la vérité par la science, et d'autres qui la rechercheront, plus vive et plus près de nous, dans des symboles. » Récejac, Essai sur les fondements de la connaissance mystique (Alcan, 1897), p. 296.

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