‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 51 sur 119 · Descartes, 3« Méditation · texte numérisé non relu

Descartes, 3« Méditation

2. Cf. Loisy, Mythes chaldéens p. 60 et 64. Adam engendre aussi son fils « à son image et ressemblance » Gen. V, 3.

3. Nous n'étudions pas encore ici l'origine du sentiment religieux ; il s'agit d'une de ses formes représentatives.

PROBLÈME DE Là. • PERSONNALITÉ DIVINE » 119

tion, ne classifîent pas, comme nous, les êtres en animés et inanimés' C'est la première loi qu'établit Lang dans son magistral ouvrage :

« Il faut signaler tout d'abord cet état confus et nébuleux de l'esprit dans lequel toutes les choses animées ou inanimées, les hommes, les animaux, les végétaux ou les objets du règne inorganique sem,blent être à un même niveau de vie, de passion et de raison. Le sauvage ne lire pas de ligne de démarcsition entre lui et les autres choses qui existent em te monde. 11 se considère comme proche parent des animaux, des plantes et des corps célestes. Il attribue un sexe et le pouvoir d'engendrer aux pierres mêmes et aux rochers. 11 accorde la parole et les sentiments humains au soleil, à la lune, aux étoiles, aux vents, tout aussi bien qu'aux bêtes, aux oiseaux et aux poissons '. »

C'est le cas devenu classique du sauvage qui fail des offrandes au fusil de l'Européen et le couronne de fleurs, pour n'en être pas foudroyé. Ou encore celui des nègres auxquels on montra pour la première fois une cornemuse ; ils considérèrent ee4 instrument comme un animal, les deux trous comme des yeux. « Le Highlander qui prit une montre sur

1. 11 sembli! bien que le primilif, comme l'eDfaiDt, ait d'aboi'd cansLdéré touLcs choses comme vivantes avant de distinguer, en lui et en dehors de lui, entre esprit et coi-ps. Cette dislincUon constitue lux stftda intellectuel, philosophique, plus avancé. IL existe une confusion, chez tes auteurs, relativement aux noms & donner à ces deux stades, soll t* fitickisme, animisme, soit £° animisme. apiiHIîsme. Fétichisme désigne ou&si l'emploi d'objets où l'on a eiifermé magiquement un esprit.

2. ilylhea, cultes el religians, eh. m, p. tS. Trad. française (P. Alcan)

le champ de bataille de Prestonpans* et qui, la mellantà son oreille, la crut vivante, puis s'en défit à bas prix, la croyant morte, une fois qu'elle fut arrêtée, appartenait à la même condition psychologique ^ » L'animal est souvent considéré parle sauvage comme supérieur à l'homme', de là les animaux totems^ protecteurs ou ancêtres (au point de vue physique) des diverses tribus. Mais qu'il s'agisse d'un animal, d'un arbre, d'une pierre ou d'une étoile, le sauvage — tel l'enfant — ne les voit qu'à travers sa propre nature humaine, leur attribuant, à un degré supérieur, ses qualités physiques et psychiques — la personnalité, parla même. (Nous aurons, dans la suite (p. 272), des réserves à faire, mais notre assertion conservera sa valeur.)

D'autant, qu'avec le progrès de la réflexion, l'homme trouvera un nouveau motif d'interpréter à son image et ressemblance la cause de certains phé-

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